Le Comité du Patrimoine immatériel inscrit dix manifestations traditionnelles

11/12/2019
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Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel, réuni toute la semaine à Bogota en Colombie, a inscrit neuf éléments, mercredi matin, sur la Liste du patrimoine culturel immatériel et un supplémentaire sur la Liste de sauvegarde urgente du patrimoine immatériel. Le Comité poursuivra mercredi après-midi l’examen des candidatures à l’inscription sur la Liste du Patrimoine culturel immatériel.

Élément ajouté à la Liste de sauvegarde urgente du patrimoine immatériel

Le rite du printemps de Juraǔski Karahod (Belarus)

Le rite du printemps de Juraǔski Karahod est pratiqué par les habitants du village de Pahost le jour de la Saint-Georges et se compose de plusieurs activités cérémonielles. Traditionnellement, le rituel implique deux phases : la première se déroule dans la cour où les animaux sont conduits depuis l'étable après l’hiver. La seconde se compose d'un certain nombre de cérémonies, notamment la confection et la distribution d’un pain cérémoniel (Karahod) et l’enterrement sacrificiel du pain « noir ». Malgré les efforts communs de la communauté, cet élément est menacé par de nombreux facteurs, parmi lesquels le vieillissement des praticiens, le manque d’emplois, les situations socio-économiques générales de la région et la mondialisation.

La Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente recense les éléments du patrimoine vivant dont la pérennité est menacée. Elle permet de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires pour renforcer la transmission de ces pratiques culturelles en accord avec les communautés concernées.

Éléments ajoutés à la Liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité

L’écriture arménienne et ses expressions culturelles (Arménie)

L’élément englobe l’art de l’écriture arménienne, vieille de plusieurs siècles, mais aussi la riche culture de l’écriture décorative et ses nombreux usages. Il se distingue également car il présente une très grande variété de polices décoratives caractérisées par différentes formes comme des oiseaux, des animaux ou encore des créatures mythiques. Au-delà de sa fonction primaire visant à archiver et à transmettre les informations, l'écriture arménienne imprègne presque toutes les couches de la société, notamment l'artisanat populaire. Les établissements d’enseignement de tous niveaux, les centres pour la jeunesse et l’Église apostolique arménienne jouent un rôle important dans sa transmission.

La transhumance, déplacement saisonnier de troupeaux le long des routes migratoires en Méditerranée et dans les Alpes (Autriche, Grèce, Italie)

La transhumance, déplacement saisonnier de troupeaux le long des routes migratoires en Méditerranée et dans les Alpes, est une forme de pastoralisme. Chaque année au printemps et en automne, de l’aube au crépuscule, des milliers d'animaux sont conduits par des bergers selon des itinéraires fixes. Cette pratique comprend la transhumance horizontale, dans les régions de plaines ou de plateaux, et la transhumance verticale, typique des régions montagneuses. Elle façonne les relations entre les hommes, les animaux et les écosystèmes, implique des pratiques sociales et des rituels communs et représente l’un des systèmes d'élevage les plus efficaces et durables.

Les connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier (Bahreïn, Égypte, Iraq, Jordanie, Koweït, Mauritanie, Maroc, Oman, Palestine, Arabie saoudite, Soudan, Tunisie, Émirats arabes unis, Yémen)

Le palmier dattier a donné naissance à un grand nombre de formes d'artisanat, de métiers et de traditions au fil des siècles. On compte parmi les détenteurs et les praticiens de l’élément les propriétaires de plantations de palmiers dattiers, les agriculteurs qui entretiennent les plantes, les artisans qui fabriquent des produits traditionnels, les marchands de dattes, les artistes et les interprètes de contes et poèmes populaires mettant cet arbre à l’honneur. Le palmier dattier a joué un rôle essentiel dans le soutien des populations face aux défis propres à un environnement désertique, et la pertinence culturelle et le développement à travers les siècles de cet élément démontrent l’engagement des communautés en faveur de sa préservation.

L'Ommegang de Bruxelles, cortège historique et fête populaire annuels (Belgique)

L’Ommegang de Bruxelles, cortège historique et fête populaire, se déroule chaque année en juillet dans le centre historique de Bruxelles au cours de deux soirées. L’événement débute par un concours de tir à l’arbalète, suivi d’une cérémonie dans l’église du Sablon. Différents groupes se réunissent à l'occasion d'une procession à travers la ville pour rejoindre la Grand-Place où ils retrouvent le Magistrat de Bruxelles. L’Ommegang moderne a été réinventé en 1928-1930 et la tradition a aujourd'hui pris la forme d'un évènement festif local. De nombreux individus se sont impliqués dans cet événement au cours de ces 40 à 50 dernières années et des groupes de volontaires se sont regroupés au sein d’associations actives.

La festivité de la Santísima Trinidad del Señor Jesús del Gran Poder de la ville de La Paz (État plurinational de Bolivie)

La fête du Gran Poder se tient chaque année le jour de la Sainte Trinité à La Paz. La parade commence par une procession rassemblant 40 000 fidèles qui dansent et chantent en honneur de leur saint patron. Ce défilé composé de 7 000 musiciens traverse les rues dans une atmosphère euphorique. Le jour suivant, les membres de la procession portent le saint patron sur leurs épaules. Ce festival stimule et transforme la vie sociale de La Paz. Il traduit une manière particulière de vivre le catholicisme andin.

Le complexe culturel du bumba-meu-boi du Maranhão (Brésil)

Le complexe culturel du bumba-meu-boi du Maranhão est une pratique rituelle impliquant différentes formes d’expression musicale, chorégraphique, théâtrale et ludique. Cette pratique est hautement symbolique. Elle reproduit le cycle de la vie et représente une métaphore de l’existence humaine. Chaque année, les groupes concernés réinventent cette célébration en recréant de nouveaux chants, de nouvelles comédies, costumes et de nouvelles broderies. Ce festival, qui atteint son paroxysme à la fin du mois de juin, implique plusieurs manifestations, et notamment des représentations publiques et des rituels associés à la mort d'un bœuf. Il s'agit d'une période de renouveau et de rechargement des énergies.

La morna, pratique musicale de Cabo Verde

La morna est une pratique musicale et chorégraphique traditionnelle de Cabo Verde qui intègre des chants, de la musique, de la poésie et de la danse. Elle peut être chantée ou interprétée avec des instruments, principalement à cordes, comme la guitare, le violon et l’ukulélé. Les paroles empreintes de poésie et parfois improvisées abordent des thèmes tels que l’amour, le départ, la séparation, les retrouvailles, la nostalgie, l’océan et la patrie, et sont aujourd’hui majoritairement interprétée en créole cap-verdien. Les détenteurs et les praticiens de cet élément qui accompagne les grands évènements tels que les mariages, les baptêmes et les réunions de famille, sont les musiciens, les chanteurs, les poètes et les compositeurs.

Le chant byzantin (Chypre, Grèce)

Art vivant qui perdure depuis plus de deux mille ans, le système musical du chant byzantin est une tradition culturelle significative qui s’est développée dans l’Empire byzantin. Mettant en valeur, sur le plan musical, les textes liturgiques de l’Église orthodoxe grecque, le chant byzantin est étroitement lié à la vie spirituelle et au culte religieux. Cette musique exclusivement vocale emploie différents rythmes afin d'accentuer les syllabes souhaitées de certains mots. Le chant byzantin est transmis lors des offices religieux et prospère grâce au dévouement d’experts et d'amateurs.

Le procédé traditionnel de préparation de l’aïrag dans un khokhuur et les coutumes associées (Mongolie)

Le procédé traditionnel de préparation de l’aïrag dans un khokhuur et les coutumes associées englobent la préparation de l’aïrag – une boisson fermentée à base de lait de jument – et le matériel nécessaire à celle-ci, tel que le khokhuur (récipient en peau de vache). Afin de préparer l'aïrag, du lait de jument fraîchement trait est battu plus de 500 fois dans le khokhuur contenant un reste d'aïrag, ce qui facilite la fermentation. L’aïrag est une boisson nutritive au cœur du régime mongol. Les détenteurs et praticiens héritent de leurs parents les connaissances relatives à ce breuvage, ce qui a permis de perpétuer cette tradition depuis plusieurs siècles.

La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité vise à assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité.

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De plus amples informations, y compris la retransmission des travaux du Comité sont disponibles à l’adresse suivante :https://en.unesco.org/themes/intangible-cultural-heritage/14session

Sur Twitter : @unesco, #IntangibleHeritage, #LivingHeritage

« B-rolls » : Liste représentative et Liste de sauvegarde urgente

 

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