Le Comité du Patrimoine immatériel inscrit quatre manifestations traditionnelles sur la Liste de sauvegarde urgente

10/12/2019
,

Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel, réuni à Bogota en Colombie, mardi, a inscrit quatre éléments sur la Liste de sauvegarde urgente du patrimoine immatériel, des manifestations ou pratiques traditionnelles en déclin que l’on rencontre au Botswana, au Kenya, à Maurice et aux Philippines.

Le seperu, danse populaire et pratiques associées (Botswana)

La danse populaire seperu et les pratiques associées englobent le chant, la danse et les rituels sacrés des membres de la communauté veekuhane. Au cours des représentations, les danseuses forment un arc de cercle et les danseurs se placent au bout de celui-ci. Une participante portant une robe à volants (« mushishi ») est choisie afin de démontrer ses talents de danseuse. Elle utilise sa robe afin d'imiter la queue d'un paon tandis que les autres participants entonnent des chants de colombes. Bien qu’il s'agisse d'un symbole identitaire clé pour la communauté veekuhane, cette pratique est menacée par une forte diminution du nombre de ses praticiens du fait d'une modernisation, d'un manque de reconnaissance au sein des programmes scolaires et d'autres facteurs.

Les rituels et pratiques associées au sanctuaire de Kit Miyaki (Kenya)

Les rituels et pratiques associés au sanctuaire de Kit Mikayi concernent la communauté luo de l’ouest du Kenya. Les individus se rendent au sanctuaire pour de nombreuses raisons, et notamment afin de prier, de prêter serment et de pratiquer d'autres rituels similaires. En temps de crise, les aînés du peuple luo se rendaient au sanctuaire afin d’y pratiquer des cérémonies telles que des sacrifices d'animaux, des danses et des chants que l’on pensait capable de faire tomber la pluie et de permettre une récolte abondante. Pendant des générations, la communauté a considéré ce sanctuaire comme un site sacré. Cependant, cet élément est aujourd'hui menacé par divers facteurs comme un envahissement des zones environnantes, le vieillissement des praticiens et une diminution de la fréquence des visites.

Le Séga tambour des Chagos (Maurice)

Originaire de l’archipel des Chagos, le séga tambour des Chagos est l’un des types de musique séga représentés à Maurice. Comme les autres formes de séga, il est né des suites de l’esclavage et se chante en créole chagossien. Cet élément implique des musiques, des chants et des danses rythmiques dont le cœur est le « tambour » et dont les paroles évoquent la vie quotidienne. Bien que les Chagossiens aient lutté afin de sauvegarder cet élément, sa viabilité est mise en péril par diverses menaces dont la disparition des aînés, l'intérêt grandissant des jeunes pour d'autres genres de musiques et un déplacement des peuples qui engendre une perte de mémoire.

Le Buklog, système de rituels de gratitude des Subanen (Philippines)

Le buklog est un système complexe de rituels de gratitude pratiqué par les Subanen et inclut diverses composantes. Les participants dansent sur une plateforme surélevée en bois appelée « buklog » dont les résonances sont supposées plaire aux esprits. Vient ensuite une danse communautaire marquant le renouvellement des liens sociaux. Ce rituel exprime également la gratitude envers les esprits et est censé assurer l’harmonie au sein de la communauté ainsi qu’avec les mondes humain, naturel et spirituel. Bien que les Subanen aient développé des mécanismes d'adaptation afin de sauvegarder le buklog, celui-ci fait face à des menaces interconnectées qui compromettent sa viabilité

Le Comité poursuivra mercredi et jeudi l’examen des candidatures à l’inscription sur la Liste du Patrimoine culturel immatériel.

 

****

De plus amples informations, y compris la retransmission des travaux du Comité sont disponibles à l’adresse suivante : https://ich.unesco.org/en/14com

Sur Twitter : @unesco, #IntangibleHeritage, #LivingHeritage

B-rolls : https://en.unesco.org/pressroom/brolls

 

Contacts presse

 

****