Le Comité du Patrimoine immatériel inscrit quinze expressions traditionnelles

12/12/2019

Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel, réuni cette semaine à Bogota en Colombie, a inscrit, jeudi, une quinzaine de nouveaux éléments sur la Liste du patrimoine culturel immatériel, jeudi après-midi. Il doit achever dans l’après-midi l’examen des candidatures à l’inscription sur la Liste du Patrimoine culturel immatériel pour la présente session 2019.

Éléments ajoutés à la Liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité

La tradition du pencak silat (Indonésie)

Bien qu'il soit mieux connu en tant qu’art martial, le pencak silat est une tradition ancestrale qui englobe un certain nombre d'aspects : mental, spirituel, d‘autodéfense et d’esthétisme. Les mouvements et les styles de pencak silat reflètent un intérêt artistique important et nécessitent une harmonie physique avec la musique qui l’accompagne. Les deux termes recouvrent un groupe d'arts martiaux présentant de nombreuses similarités, bien que chaque région possède ses spécificités. Les praticiens du pencak silat apprennent à préserver leur lien avec Dieu, les êtres humains et la nature et sont également formés à diverses techniques afin de se défendre eux-mêmes et les autres.

Les services et l’hospitalité offerts pendant la visite de l’Arba’in (Iraq)

Les services et l’hospitalité offerts pendant la visite de l’Arba’in relèvent d'une pratique sociale qui a cours dans les régions centrale et méridionale de l’Iraq d’où des millions de visiteurs entament leur pèlerinage vers la ville sainte de Kerbala pour se rendre au Saint Sanctuaire de l'imam Hussein. Un grand nombre d’individus donnent de leur temps et de leurs ressources afin d’offrir aux pèlerins, entre autres choses, un accès gratuit aux salles de prières, aux maisons d’hôtes ou encore aux lieux d’hébergement. Cette pratique est profondément ancrée dans la tradition iraquienne et arabe de l’hospitalité et est considérée comme étant un élément définissant l’identité culturelle du pays.

 

La pratique de la harpe irlandaise (Irlande)

La harpe, symbole national de l’Irlande, est pratiquée depuis plus d’un millénaire. Ses sons de cloche et sa musique, mis à l’honneur dans la littérature, la mythologie et le folklore irlandais, captivent tous les auditoires. Les joueurs de harpe contemporaine à cordes en boyau ont sauvegardé le répertoire ancien et ont assuré sa continuité tout en l’adaptant à l’évolution des styles. On assiste depuis une soixantaine d’années à un regain d’intérêt pour la pratique de la harpe, grâce à une reconnaissance croissante de son rôle dans l’identité, la langue et la culture irlandaises.

 

La fête du grand pardon (Italie)

La Fête du grand pardon est une célébration traditionnelle inspirée d’une bulle pontificale historique émise par le pape Célestin V pour favoriser les partenariats au sein des populations locales. Ayant lieu dans la ville et la province de L’Aquila, cette tradition comprend un ensemble de rituels et de célébrations. La « Marche du pardon » prend la forme d’une procession à la bougie sur un itinéraire traditionnel marqué par l’allumage de trépieds dans vingt-trois villages. Les participants accompagnent les trois personnages principaux qui symbolisent l’hospitalité, la solidarité et la paix. La participation continue de la communauté à cette fête a permis de garantir sa viabilité.

 

L’artisanat de l’ak-kalpak, connaissances et savoir-faire traditionnels liés à la fabrication et au port du chapeau masculin kirghiz (Kirghizistan)

L’artisanat de l’ak-kalpak est une forme artisanale kirghize traditionnelle. L’ak-kalpak est un couvre-chef masculin traditionnel en feutre blanc, associé à de profondes significations d’ordre sacré. L’artisanat de l'ak-kalpak englobe une somme de connaissances et de savoir-faire dans les domaines du feutrage, de la découpe, de la couture et de la broderie de motifs. La forme de l'ak-kalpak rappelle une montagne enneigée dont les quatre versants représentent les quatre éléments et dont les quatre arêtes symbolisent la vie. L’ak-kaplak favorise l’inclusivité et réunit les différentes tribus et communautés kirghizes. Traditionnellement, les connaissances et savoir-faire associés à cette pratique se transmettent de mère en fille au sein des communautés d'artisanes.

 

Le silat (Malaisie)

Le silat est une technique martiale d’autodéfense et de survie enracinée dans l’archipel malais. Remontant aux commencements du royaume de Langkasuka, le silat a évolué pour devenir un mode sophistiqué de formation physique et spirituelle. Sa pratique nécessite des tenues traditionnelles malaises, des instruments de musique et des coutumes spécifiques. Il existe de nombreux styles de silat reprenant les noms d’éléments naturels tels que des animaux ou des plantes de la région au sein de laquelle ils sont pratiqués. De nombreux praticiens ont été formés et le silat est aujourd’hui un sport populaire pour la santé et le loisir.

 

Le kwagh-hir, représentation théâtrale (Nigeria)

Le kwagh-hir est une représentation théâtrale composite, visuellement captivante et culturellement riche ancrée dans la tradition narrative des Tiv et dans la pratique de la narration créative. Au fil du temps, les conteurs ont commencé à mettre leurs histoires en scène, ce qui a donné naissance à la pratique du kwagh-hir sous sa forme actuelle. Le kwagh-hir intègre l’art des marionnettes, le déguisement, la poésie, la musique, la danse et les récits animés et exprime les réalités du peuple tiv. Des représentations régulières permettent de donner vie à cet art tandis que les connaissances et les savoir-faire associés sont transmis par l’apprentissage au sein d'une troupe.

 

La pratique de la danse et de la musique traditionnelles dans la vallée de Setesdal en Norvège, jouer d’un instrument, danser et chanter (stev/stevjing)

Dans la pratique de la danse et de la musique traditionnelles dans la vallée de Setesdal, en Norvège, la danse et la musique sont étroitement liées. Les mélodies portent le nom de la danse « gangar » et des chants « stev » ; ils sont souvent interprétés en alternance avec la danse et la musique, en solo ou par plusieurs chanteurs qui se répondent mutuellement dans un dialogue. La danse est pratiquée par des couples évoluant dans le sens des aiguilles d'une montre et la musique est interprétée au violon « hardanger » et à la guimbarde. Cette pratique se transmet de façon continue depuis le XVIIIe siècle et poursuit son évolution grâce à la composition régulière de nouveaux chants et de nouvelles mélodies.

 

L’« hatajo de negritos » et l’« hatajo de pallitas » de la côte sud-centrale du Pérou

L’« hatajo de negritos » et l’« hatajo de pallitas » sont deux expressions traditionnelles complémentaires qui associent des musiques et des chants originaires du département d’Ica, au centre du Pérou. Pratiquées lors des fêtes de Noël en décembre et en janvier, elles proposent des représentations bibliques de la visite d'un groupe de bergers au Christ nouveau-né et de l’arrivée des Rois mages. Un violon et une guitare accompagnent les danses qui ont lieu sur les places des villes et dans les églises, ainsi que dans les foyers des familles qui possèdent des crèches des Noël.

 

Le carnaval de Podence, fête de la fin de l’hiver (Portugal)

Le carnaval de Podence est une pratique sociale associée à la fin de l’hiver et à l'arrivée du printemps. Les festivités se déroulent pendant trois jours dans les rues des villages et dans les maisons des voisins qui se rendent visite. À cette occasion, les caretos, des personnages masqués portant des costumes colorés et des cloches, se rendent au domicile de leur famille et de leurs proches dans un rituel convivial. La participation à la fête commence dès l’enfance et l’Association du groupe de caretos joue un rôle clé pour la viabilité continue du carnaval.

 

Le 'ie Samoa, ou natte fine, et sa valeur culturelle (Samoa)

Les ‘ie Samoa sont des nattes finement tissées à la main dont les deux extrémités sont bordées de deux rangées de plumes vertes et rouges. Traditionnellement élaboré à partir de fibres de pandanus, le produit final ressemble à de la soie et présente une couleur cuivrée. Le processus de production est extrêmement complexe et peut prendre des années. Les 'ie Samoa sont cependant plus qu’un simple produit culturel et leur véritable valeur réside dans leur échange au cours des cérémonies et rituels traditionnels. Les femmes et les maîtres tisseurs ont formé des comités dédiés aux ‘ie Samoas dans leurs villages, contribuant ainsi à la transmission de cette pratique artistique.

 

Drotárstvo, art et artisanat à partir de fil de fer (Slovaquie)

Le drotárstvo désigne une technique de fabrication à partir de fil de fer. Cette pratique s’est développée au XVIIIe siècle lorsque des artisans spécialisés ont découvert les propriétés intéressantes du fil de fer pour la production d’objets et ont mis au point une technique simple, encore employée de nos jours, permettant de produire et de réparer des ustensiles sans recourir à la soudure. Les détenteurs et praticiens de l'élément travaillent aujourd’hui principalement sur des produits artistiques et certains praticiens sont issus de familles où ces savoir-faire se transmettent depuis plusieurs générations.

 

Processions de la Semaine sainte à Mendrisio (Suisse)

Les processions de la Semaine sainte ont lieu dans la ville historique de Mendrisio (Tessin) les Jeudi et Vendredi saints et attirent plus de 10 000 spectateurs. Durant celles-ci, les lumières de la ville sont éteintes et les rues ne sont plus éclairées qu’à la lueur des « transparents », des peintures translucides montées sur des cadres en bois et illuminées de l’intérieur. La procession du jeudi est consacrée à la représentation de la passion du Christ et au chemin de croix, tandis que la procession du Vendredi saint est plus austère. Des centaines d'hommes et de femmes se portent volontaires afin d’organiser les processions auxquelles assiste une grande partie de la population.

 

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène à Al-Mrah (République arabe syrienne)

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène impliquent des usages médicaux, nutritifs et cosmétiques. La floraison de la rose de Damas, en mai, marque le début de la cueillette et du festival annuel. Les fermiers et leurs familles cueillent les roses à la main puis en récupèrent les boutons pour le thé. Les femmes du village produisent du sirop, de la confiture et des pâtisseries à la rose et les apothicaires vendent la rose de Damas séchée pour ses nombreuses vertus médicinales. Un grand nombre d'individus assistent à ce festival qui témoigne de l’importance culturelle pérenne de l’élément pour ses détenteurs.

 

Le nuad thai, massage thaïlandais traditionnel (Thaïlande)

Le nuad thai, massage thaïlandais traditionnel, fait partie de l’art et de la science des soins thaïlandais traditionnels. En tant que remède non médical et thérapie manuelle, il implique une manipulation corporelle qui aide à rééquilibrer les énergies, la structure et le corps du patient afin de traiter des maux attribués à l’obstruction des flux énergétiques le long des « sen », lignes qui quadrilleraient le corps humain. Le nuad thai tire son origine de l’ancienne société rurale thaïlandaise. L’expertise des praticiens s’est transmise de génération en génération et s’est transformée en un système de connaissances formel.

 

La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité vise à assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité.

 

****

De plus amples informations, y compris la retransmission des travaux du Comité sont disponibles à l’adresse suivante : https://ich.unesco.org/fr/14com

 « B-rolls » : Liste représentative

 

Contacts presse

 

Sur Twitter : @unesco, #IntangibleHeritage, #LivingHeritage