Press release

Le Comité du patrimoine mondial inscrit cinq nouveaux sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO

24/07/2021

Aujourd'hui, lors de sa 44e session en ligne et depuis Fuzhou (Chine), le Comité du patrimoine mondial a inscrit cinq sites culturels, dont un bien transnational sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Ces sites se trouvent en Allemagne, en Arabie saoudite, en Autriche, en Belgique, en France, en Italie, en Tchéquie et au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

Les sites suivants ont été inscrits aujourd’hui :

 

Arabie saoudite — Aire culturelle de Ḥimā

Situé dans une zone aride et montagneuse du sud-ouest de l’Arabie saoudite, sur l’une des anciennes routes caravanières de la péninsule arabique, le site de l’Aire culturelle de Ḥimā comprend un ensemble important de représentations d’art rupestre ayant pour thèmes la chasse, la faune, la flore et les modes de vie sur une période culturelle ininterrompue de 7 000 ans. Les voyageurs et les militaires qui ont stationné sur le site y ont laissé une multitude d’inscriptions rupestres et de pétroglyphes à différentes époques, et ce, jusqu’à la fin du XXe siècle, la plupart étant parfaitement conservés. Les inscriptions utilisent différents alphabets, notamment musnad, araméen-nabatéen, sudarabique, thamoudique, grec et arabe. Le bien et sa zone tampon sont également riches en ressources archéologiques non fouillées : cairns, structures en pierre, sépultures, éparpillements d’outils en pierre et puits anciens. Cet emplacement coïncide avec celui du plus ancien poste de péage connu sur une ancienne route caravanière du désert importante, où les puits de Bi’r Ḥimā datent d’au moins 3 000 ans et donnent toujours de l’eau douce.

Allemagne / Autriche / Belgique / France / Italie / Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord / Tchéquie (la) — Les grandes villes d’eaux d’Europe

Le site transnational des grandes villes d’eaux d’Europe comprend 11 villes situées dans sept pays européens : Bad Ems (Allemagne) ; Baden-Baden (Allemagne) ; Bad Kissingen (Allemagne) ; Baden bei Wien (Autriche) ; Spa (Belgique) ; Vichy (France) ; Montecatini Terme (Italie) ; Ville de Bath (Royaume-Uni) ; Franzensbad (Tchéquie) ; Karlovy Vary (Tchéquie) ; et Marienbad (Tchéquie). Toutes ces villes se sont développées autour de sources d’eau minérale naturelles. Elles témoignent de la culture thermale européenne internationale qui s’est développée du début du XVIIIe siècle aux années 1930, conduisant à l’émergence de grandes stations internationales qui ont influencé la typologie urbaine autour d’ensembles de bâtiments thermaux tels que les kurhaus et les kursaal (bâtiments et salles dédiés à la cure), les salles de pompage, les halls des sources, les colonnades et les galeries, conçues pour exploiter les ressources naturelles en eau minérale et les utiliser pour les bains et les cures d’eau thermale. Les équipements comprennent des jardins, des salons de réunion, des casinos, des théâtres, des hôtels et villas, ainsi que les infrastructures de soutien spécifiques aux stations thermales. Ces ensembles sont tous intégrés dans un contexte urbain global caractérisé par un environnement thérapeutique et récréatif soigneusement géré dans un paysage pittoresque. Ces sites témoignent collectivement de l’échange d’idées et d’influences dans le cadre du développement de la médecine, des sciences et de la balnéothérapie.

France — Le phare de Cordouan

Le phare de Cordouan s’élève sur un plateau rocheux peu profond de l’océan Atlantique situé à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, dans un environnement dangereux et inhospitalier. Construit avec des blocs de calcaire blanc entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, il fut conçu par l’ingénieur Louis de Foix et remanié par l’ingénieur Teulère à la fin du XVIIIe siècle. Chef-d’œuvre de la signalisation maritime, la tour monumentale de Cordouan est décorée de pilastres, de colonnes, de modillons et de gargouilles. Il représente les grandes phases de l’histoire architecturale et technologique des phares et fut construit avec l’ambition de perpétuer la tradition des phares célèbres de l’Antiquité, témoignant de l’art de la construction des phares pendant une période de développement de la navigation, quand les phares avaient un rôle important en tant que marqueurs territoriaux et dispositifs de sécurité. Enfin, son exhaussement à la fin du XVIIIe siècle et les modifications apportées à sa lanterne témoignent des avancées scientifiques et technologiques de l’époque. Ses formes architecturales se sont inspirées des modèles antiques, du maniérisme de la Renaissance et du langage architectural spécifique de l’institut de formation d'ingénieurs français, l’École des ponts et chaussées.

Allemagne — La Mathildenhöhe à Darmstadt

La colonie d’artistes de Darmstadt, située dans la Mathildenhöhe, point culminant de la ville de Darmstadt, dans le centre-ouest de l’Allemagne, fut fondée en 1897 par le grand-duc de Hesse, Ernst Ludwig, en tant que centre des nouveaux mouvements réformistes alors émergents dans les domaines de l’architecture, des arts et de l’artisanat. Les bâtiments de la colonie sont l’œuvre des artistes qui en furent les membres, servant de cadres de vie et de travail expérimentaux du début du modernisme. La colonie s’est agrandie au cours des expositions internationales successives de 1901, 1904, 1908 et 1914. Aujourd’hui, elle offre un témoignage des débuts de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement paysager modernes, tous inspirés par le mouvement Arts and Crafts et la Sécession viennoise. Le bien en série comprend 23 composantes, dont la Tour matrimoniale (1908), le hall d’exposition (1908), le bosquet de platanes (1833, 1904-14), la chapelle russe Sainte-Marie-Madeleine (1897-99), le bassin du Lys, le mémorial de Gottfried Schwab (1905), la pergola et le jardin (1914), le pavillon de jardin « Temple du Cygne » (1914), la fontaine Ernst Ludwig, ainsi que les 13 maisons et ateliers d’artistes qui furent construits pour la colonie d’artistes de Darmstadt et pour les expositions internationales. Un groupe de trois maisons construites pour l’exposition de 1904 constitue une composante supplémentaire. 

Italie — Cycles de fresques du XIVe siècle à Padoue

Ce site est composé de huit ensembles d’édifices religieux et séculiers, situés au sein de la ville historique fortifiée de Padoue, qui abritent une sélection de cycles de fresques peints entre 1302 et 1397 par plusieurs artistes pour différents commanditaires et dans des édifices aux fonctions diverses. Néanmoins, les fresques présentent une unité de style et de contenu. Elles comprennent le cycle de fresques de Giotto dans la chapelle des Scrovegni, considéré comme ayant marqué le début d’une évolution révolutionnaire dans l’histoire de la peinture murale, ainsi que d’autres cycles de fresques de différents artistes, à savoir Guariento di Arpo, Giusto de’ Menabuoi, Altichiero da Zevio, Jacopo Avanzi et Jacopo da Verona. Cet ensemble illustre comment, au cours d’un siècle, l’art de la fresque s’est développé sur la base d’un nouvel élan créatif et d’une nouvelle compréhension de la représentation spatiale. 

 

L’examen des candidatures devrait se poursuivre jusqu'au 28 juillet.

 

Contacts presse pour le Comité du patrimoine mondial :

Roni Amelan, +33145681650

Lucía Iglesias Kuntz, +33145681702

Retransmission des débats de la 44e session

B-rolls pour les inscriptions 2020 et les inscriptions 2021

Photos des nouveaux sites inscrits

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