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Le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé inscrit quatre sites culturels sur la Liste des biens culturels sous protection renforcée.

10 Décembre 2018

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Monastery of Geghard and the Upper Azat Valley (Armenia),
© Sacred Sites / Martin Gray

Le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, qui s’est réuni au Siège de l’UNESCO à Paris du 6 au 7 décembre 2018, a pris la décision unanime d’ajouter à la Liste internationale des biens culturels sous protection renforcée le Monastère de Gherart et la Haute vallée de l’Azat (Arménie), la Villa Tugendhat à Brno (République tchèque), la Villa Adriana (Italie) et la Bibliothèque nationale centrale de Florence (Italie). Les trois premiers biens culturels sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, tandis que le quatrième est situé à l’intérieur d’un site classé au patrimoine mondial.

Les conflits armés font des victimes humaines et détruisent les communautés, et bien souvent le patrimoine culturel, tel que les monuments, les bibliothèques et les collections des musées, subit le même sort. De telles atrocités privent les peuples d’éléments essentiels de leur identité, de leur histoire et de leur économie, alors qu’ils sont nécessaires aux processus de relèvement post-conflit. À cet égard, la protection des biens culturels doit être une priorité en temps de paix afin de réduire les risques de destruction en période de conflit.

Outre les mesures de sauvegarde énoncées dans la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (« Convention de La Haye de 1954 »), son Second Protocole de 1999 a établi un mécanisme de protection renforcée. Cela permet à un État partie de désigner spécifiquement des biens culturels d’une importance majeure pour l’humanité afin de renforcer la protection juridique et de veiller à ce qu’ils ne soient pas utilisés à des fins militaires en cas de conflit armé. L’Arménie et la République tchèque rejoignent ainsi l’Azerbaïdjan, la Belgique, le Cambodge, Chypre, la Géorgie, l’Italie, la Lituanie et le Mali parmi les États parties du Deuxième Protocole de 1999 qui ont des biens inscrits sur la Liste de protection renforcée.

Il y a actuellement 133 États parties à la Convention de La Haye, 110 à son Protocole de 1954 et 82 à son Protocole de 1999. Huit États ont rejoint le protocole de 1999 en 2018, un chiffre inédit depuis 2005.

Le Comité a également décidé d’accorder une assistance financière à l’Afghanistan et au Mali, par le biais du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, afin d’y soutenir la mise en œuvre du Deuxième Protocole de 1999. Dans le cadre de cette aide internationale, le Gouvernement afghan veillera à l’application de mesures préparatoires en temps de paix et à l’harmonisation de la législation pénale nationale.

Mme Lorena Sol de Pool, Ambassadrice du Salvador, Déléguée permanente auprès de l’UNESCO et Présidente du Comité, a souligné « l’importance de la protection du patrimoine culturel, essentielle pour la réconciliation des communautés et pour la conduite de la paix et la réconciliation après un conflit ».

Il est essentiel de renforcer les capacités des forces armées en matière de législation pénale et de mesures de sauvegarde pour la protection des biens culturels. L’UNESCO a étroitement collaboré avec les forces de maintien de la paix des Nations Unies et les forces armées nationales à l’organisation d’activités de développement des compétences dans trois pays au cours de l’année dernière. Cela est conforme à la Stratégie de 2015 pour le renforcement de l'action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé, ainsi qu'à son plan d'action associé, pour lequel le Comité a lancé un appel à la mise en œuvre auprès de tous les États parties de la Convention de La Haye.

Le Deuxième Protocole de 1999 fêtera ses vingt ans d’existence en 2019. Le gouvernement suisse a annoncé l’organisation et le financement d’une conférence internationale à Genève en avril 2019 afin de marquer cet événement et d’accroître la visibilité et la notoriété de cet instrument, ainsi que pour élaborer des recommandations qui définiront la vision et l’avenir du Deuxième Protocole de 1999.

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