Comment le personnel de l’UNESCO défend le droit à l'éducation sur le terrain – Partie 2

05 Novembre 2018

Madame Morohashi avec des enfants d’Haïti. © UNESCO

Dans la deuxième partie de cette série de témoignages de la campagne de l'UNESCO sur le #DroitàlÉducation, rencontrez des membres du personnel de l’UNESCO qui ont travaillé dans différentes régions du monde et partagent leurs idées sur les exemples de réussites et de défis dans la concrétisation du droit à une éducation de qualité pour tous.  

Mme Jun Morohashi, Chef du Bureau exécutif & Coordinatrice régionale du programme, UNESCO Bangkok & Mme Geneviève Dallemand-Pierre, Responsable du programme d’éducation, UNESCO Port-au-Prince

« En 2015, l’UNESCO a conduit une étude sur la situation du droit à une éducation de qualité en Haïti, en étroite coopération avec le ministère de l'Éducation nationale haïtien et le HCDH.

En Haïti, le droit à une éducation de qualité constitue le fondement des politiques et des pratiques du pays en matière d'éducation. Malgré les défis continus engendrés par une série de catastrophes naturelles récentes, les autorités ont entrepris de grands efforts pour améliorer la qualité de l’éducation par le réexamen de la politique enseignante, de l'environnement d’apprentissage des élèves en termes de sécurité, de santé et de nutrition, par le renforcement de l’instruction en langue maternelle etc.

L'UNESCO a toujours soutenu ces efforts. Nous sommes également venus ici pour nous informer sur les initiatives très encourageantes entreprises par des enseignants et des éducateurs individuels cherchant à offrir un meilleur soutien aux enfants et aux jeunes vulnérables. Il subsiste néanmoins de nombreux défis dans l’assurance du droit à une éducation de qualité pour tous les apprenants. Dans nombre de communautés pauvres, les frais d’inscription, de cantine et de transport font partie des obstacles qui empêchent les enfants d’aller à l’école. Les grossesses d’adolescentes constituent aussi un obstacle qui empêche les filles d’aller à l’école. Le nombre important de jeunes en situation de décrochage et les faibles niveaux des acquis réels demeurent des préoccupations essentielles.

La qualité des enseignants, notamment leurs conditions de travail, est une autre question d’importance cruciale. Une nouvelle politique concernant la formation des enseignants devrait être élaborée prochainement. De bonnes politiques sont déjà en place mais le processus de mise en œuvre nécessite des efforts plus focalisés et la prise en compte des disparités entre les provinces, afin de consolider la gouvernance du secteur de l’éducation dans l’ensemble du pays. Les partenaires de développement internationaux s’efforcent, par le biais du groupe du secteur de l’éducation, d'harmoniser leurs interventions pour mieux soutenir le Ministère de l'Éducation.

L'UNESCO, en coopération avec l’UNICEF, œuvre en tant qu’interlocuteur du gouvernement pour le secteur de l’éducation et notre mandat normatif est respecté, contribuant sans aucun doute aux efforts du pays pour faire du droit à l'éducation de qualité une réalité pour tous. »

M. Paolo Fontani, Directeur du Bureau de liaison de l’UNESCO à Bruxelles

Monsieur Fontani célébre la Journée des Nations Unies avec des étudiants dans un lycée de Bruxelles, octobre 2018. © UNESCO

« Assurer le droit et l'accès à une éducation de qualité est au cœur du travail de l'UNESCO sur le terrain et nos modes d’action varient selon les régions du monde. Notre but est de renforcer la capacité des administrations nationales et locales à fournir une éducation de qualité pour tous.

En Afghanistan, avec le Ministère de l'Éducation et le soutien des communautés locales, nous avons fourni des cours d'alphabétisation à plus d'un million de personnes vivant dans des situations difficiles, dans le cadre de programmes éducatifs de la deuxième chance. Plus de 70 % des bénéficiaires sont des femmes.

Au Brésil, nous coopérons depuis des années avec le Ministère de l'Éducation et de plus en plus souvent avec les états et les municipalités pour améliorer la qualité de l’éducation et des acquis de l’éducation.

Dans les Caraïbes, nous travaillons main dans la main avec l'UNICEF et la Communauté caribéenne (CARICOM) pour améliorer les politiques d'éducation de la petite enfance, afin de les rendre plus inclusives et d’améliorer la qualité de la fourniture. L'accès à l’éducation préscolaire, où les enfants peuvent être stimulés par le jeu ou l'étude, demeure un défi dans les communautés défavorisées et vulnérables qui en ont le plus besoin.

En général, dans de nombreux endroits l’un des obstacles majeurs reste l’incapacité physique à se rendre de façon sûre et accessible là où l'éducation est dispensée. Les guerres et les conflits en sont encore les principales raisons.

Un autre problème a trait à la qualité, surtout quand il s’agit des acquis de l’apprentissage dans le primaire et le secondaire. Certes, les enfants vont à l'école, mais à cause de la mauvaise qualité de l’éducation ils n’apprennent pas vraiment. Cela finit par représenter un problème quand les jeunes arrivent sur le marché du travail et se rendent compte alors qu’ils ne possèdent pas les compétences nécessaires. Assurer une éducation de qualité aux générations futures représente un défi important et reste une priorité. »

 

Du 15 octobre au 18 décembre 2018, l'UNESCO réalise une campagne numérique sur le #DroitàlÉducation pour marquer le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Rejoignez la campagne.