Les Communautés de Bandiagara s’engagent activement dans la lutte contre le trafic illicite de leurs biens culturels et proposent des stratégies adéquates

21 Novembre 2017

Bandiagara, les 14 et 15 novembre 2017 - La salle de conférence de la maison de coopération Rennes-Plateau dogon de Bandiagara a abrité le mardi 14 novembre 2017, la cérémonie d'ouverture de l’atelier de renforcement des capacités et de sensibilisation à la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. Une vingtaine de participants clés ont mené la réflexion sur le phénomène de pillage et du trafic illicite des biens culturels, et ont proposé des pistes d’actions sous forme de recommandations pour lutter efficacement contre ces deux fléaux.

L’atelier a été organisé par le Bureau de l’UNESCO à Bamako, en collaboration avec la Direction Nationale du Patrimoine Culturel et la Mission culturelle de Bandiagara. La cérémonie d'ouverture  était présidée par M. Siriman Kanouté, Préfet du cercle de Bandiagara, avec à ses côtés, M. Birama Diakon, conseiller technique au patrimoine du Ministère de la Culture, représentant Madame le Ministre de la Culture,  M. Modibo Bagayoko, chargé de programme adjoint au Bureau de l’UNESCO à Bamako, représentant le Chef du Bureau, M. Nouhoum Maiga, Secrétaire Général de la Mairie de Bandiagara, représentant le Maire de Bandiagara, des experts du patrimoine et une vingtaine de tenanciers de campements, de guides, de forces de sécurité, de magistrats, de gardiens de temples, des élus, des antiquaires, des notables, des hommes de média, entre autres.

M. le Préfet dans son allocution, a remercié l’UNESCO et le Ministère de la Culture, au nom des populations de Bandiagara, pour leur accompagnement dans la renaissance culturelle du pays Dogon. Il a reconnu la menace récurrente du trafic illicite des biens culturels en pays Dogon. Selon lui, malgré les avancées remarquables faites par l’UNESCO et ses partenaires, dans le cadre de la réhabilitation du patrimoine culturel du Mali, force est de reconnaitre qu’il reste des efforts à consentir en matière de protection et de conservation de ces biens culturels. « Notre zone est victime de plusieurs cas de vol de pillage et de trafic illicite de ces biens, et cet atelier vient à point nommé, car il est nécessaire d’outiller les communautés afin de lutter efficacement contre ces fléaux », a-t-il déclaré.

M. le représentant du Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako a pour sa part remercié les autorités de Bandiagara pour leur implication dans les actions de l’UNESCO, ainsi que le Ministère de la Culture, les communautés, les experts-formateurs et les participants pour leur accompagnement efficace à l’organisation de l’atelier. Il a rappelé l’urgence pour le Mali de renforcer les mécanismes existants et la mise en place de stratégies appropriées susceptibles d’aider à éradiquer la destruction des sites archéologiques et de contrôler le commerce illicite des trésors culturels. « Pour lutter contre le phénomène, il paraît évident de recueillir le point de vue des communautés locales directement concernées par le phénomène, en vue de définir et mettre en œuvre des stratégies locales qui pourraient mieux les impliquer dans la mise en œuvre des plans et programmes adoptés par le Gouvernement et les collectivités décentralisées » a-t-il insisté.

Durant deux jours de travaux, les participants ont partagé leur expérience à travers des présentations relatives à l’évolution du pillage et du trafic illicite sur les sites et régions touchés par ces deux fléaux. Les différents travaux de groupe et visites de terrain ont permis de dégager des axes et des stratégies pour lutter efficacement contre ces deux fléaux. Ainsi, quelques recommandations ont été faites dont on peut citer entre autres : la traduction des textes législatifs et réglementaires dans les langues nationales ; l’insertion de l’éducation du patrimoine culturel dans les programmes scolaires ; la création des activités génératrices de revenus pour les communautés ; le renforcement de la coopération régionale entre les polices et les douanes ; la création d’un réseau ou comité local de lutte contre le pillage et de trafic illicite ; la diffusion des textes législatifs et réglementaires auprès des communautés, des forces armées et de sécurité et de l’administration judiciaire ; la création des brigades ou des comités locaux de surveillance des sites archéologiques, entre autres.

A la fin des travaux, M. Baba Napo, Président des Guides touristiques de Bandiagara et Président de la jeunesse du Cercle de Bandiagara, s’est dit satisfait des résultats des travaux de l’atelier. Il a remercié l’UNESCO pour son appui et reconnait le rôle important des populations dans cette lutte.  « Il y a des personnes qui profitent de la crise et de la précarité des familles, pour piller nos biens culturels. Cet atelier vient à point nommé car cela va nous permettre, nous jeunes, de continuer à nous battre pour la préservation de nos biens. Nous sommes conscients que s’y reposent nos valeurs culturelles, notre identité et qu’un bien culturel est irremplaçable et qu’y porter atteinte, c’est tuer un Peuple », a-t-il déclaré.

Il faut rappeler que cet atelier se tient dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, qui bénéficie de l’appui financier notamment de l’Union Européenne.

 

Lien photos : https://www.flickr.com/photos/135945845@N05/albums/72157662728505988

Reportage Mikado FM : https://soundcloud.com/mikado-fm/bandiagara-formation-sur-la-lutte-contre-le-trafic-illicite-des-biens-culturels

Vous pourrez écouter l’émission « Samedi actu » de la Radio UN (Mikado FM), sur les dangers qui menacent le patrimoine culturel malien au centre et au nord du pays. Invité, Fidèle Guirou, Coordinateur du Programme de réhabilitation :https://soundcloud.com/mikado-fm/samedi-actu-du-18-novembre-2017-invite-fidele-guirou-expert-de-lunesco