Les communautés de la cité des Askia (Gao) disent non au pillage et au trafic illicite de leurs biens culturels et proposent des axes et stratégies de lutte contre ces fléaux

19 Décembre 2017

Gao, le 19 décembre 2017 – La salle de conférence de la Maison des Jeunes de Gao a abrité le jeudi 14 décembre 2017, les travaux de l’atelier de renforcement des capacités et de sensibilisation à la lutte contre le pillage et le trafic illicite des biens culturels du Mali. Une vingtaine d’acteurs ont mené la réflexion sur le phénomène de pillage et du trafic illicite des biens culturels, et ont proposé des pistes d’actions sous forme de recommandations pour lutter efficacement contre ces deux fléaux.

L’atelier a été organisé par le Bureau de l’UNESCO à Bamako, en collaboration avec la Direction Nationale du Patrimoine Culturel et la Mission Culturelle de Gao. Les cérémonies d'ouverture  et de clôture étaient présidées par M. Boubacar Bagayoko, Directeur de Cabinet du Gouverneur de Gao, avec à ses côtés, M. Yamoussa Fané, Chef de Division Patrimoine Ethnographique (DNPC), représentant Madame le Ministre de la Culture ;  M. Modibo Bagayoko, chargé de programme adjoint au Bureau de l’UNESCO à Bamako, représentant le Chef du Bureau ; M. Ben Maouloud Mohamed, 1er Adjoint au Mairie de la Commune Urbaine de Gao, représentant le Maire ; M. Issa Maïga, Section Stabilisation et relèvement et point focal Culture, MINUSMA, Gao ; M. Mamadou Samaké, Chef de la Mission Culturelle de Gao ; des experts formateurs et une vingtaine de participants composés des représentants de Chefs  traditionnels, d’associations, de policier, de gendarme, de gestionnaires de Musée et sites, de détenteurs de manuscrits anciens, des Directeurs Régionaux de  l’Artisanat, de la Culture et du Tourisme, des hommes de média, entre autres.

M. Boubacar Bagayoko, dans son allocution, a remercié l’UNESCO et le Ministère de la Culture, au nom des populations de Gao, pour les actions menées en faveur du patrimoine culturel de Gao, facteur d’union, de dialogue social, de réconciliation et de développement durable des communautés. « Le sujet qui nous réunit ce matin est plus que d’actualité dans ma région, car plusieurs sites font l’objet de pillage intensif depuis de décennies, alimentant ainsi, le trafic illicite des biens culturels. Nous saluons cette belle initiative de l’UNESCO et ses partenaires qui permettra de mieux outiller les acteurs communautaires, afin de lutter efficacement contre ces fléaux », a-t-il déclaré. En fin, il a invité les participants à réfléchir sur des propositions concrètes et réalisables, afin de circonscrire le phénomène de pillage et de trafic illicite des biens culturels.

M. Yamoussa Fané, a pour sa part, souligné que le patrimoine culturel, est une ressource inestimable et des richesses communes aux fils et aux filles du Mali, sa défense a-t-il indiqué incombe à chaque malien. Selon lui, cette activité se veut une étape de plus dans la nécessité d’associer l’ensemble des couches socio-professionnelles dans le processus de protection du patrimoine culturel contre le phénomène de pillage et du trafic illicite. Il a salué le partenariat de son département avec l’UNESCO qui a permet aujourd’hui d’envisager avec sérénité le futur du riche patrimoine malien.

M. Bagayoko, a, au nom du Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako, remercié les autorités de Gao pour leur soutien dans la mise en œuvre du programme de réhabilitation, ainsi que le Ministère de la Culture, les communautés, les experts-formateurs et les participants pour leur accompagnement efficace à l’organisation de l’atelier. Il a souligné que le Mali a connu une douloureuse expérience en voyant son patrimoine devenir un enjeu majeur de guerre lors de l’occupation en 2012 des régions nord du pays, qui a aussi entrainé la recrudescence du phénomène de pillage et de trafic illicite de ses biens culturels. Il a rappelé l’urgence pour le Mali de renforcer les mécanismes existants et la mise en place de stratégies appropriées susceptibles d’aider à éradiquer la destruction des sites archéologiques et de contrôler le commerce illicite des trésors culturels.

M. Ben Maouloud Mohamed, a rassuré l’UNESCO et le Ministère de la Culture de l’accompagnement des autorités communales de Gao dans toutes les actions de préservation et la mise en valeur du patrimoine de la commune Urbaine de Gao, mais aussi dans la lutte contre le pillage et le trafic illicite des biens culturels du Mali.   

Les présentations des experts marquées par des débats riches en contributions ont permis aux participants de partager leur expérience sur le phénomène du pillage et du trafic illicite sur les sites et régions touchés par ces deux fléaux. Les différents travaux de groupe ont permis de dégager des axes et des stratégies pour lutter efficacement contre ces deux fléaux.

Ainsi, quelques recommandations ont été faites dont on peut citer entre autres : la traduction  et la diffusion des textes législatifs et réglementaires et conventions internationales en vigueur dans les différentes langues locales ; l’insertion de l’éducation du patrimoine culturel dans les programmes scolaires ; la création des Musées communautaires pour la conservation et la valorisation des biens culturels ; implication des autorités  coutumières locales dans les actions de conservation et la gestion des sites ; l’implication des medias, associations culturelles et le réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRADE)  de proximités pour une large sensibilisation ; le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la sauvegarde du patrimoine, entre autres.

A la fin des travaux, M. Mamadou Diakité, Directeur Régional de l’Artisanat de Gao et porte-parole des participants, s’est dit satisfait des résultats des travaux de l’atelier. Il a exprimé toute sa reconnaissance à la bienfaisance de l’UNESCO à travers cette formation qui leur a permis de mieux connaitre le patrimoine culturel et toute son importance pour les communautés.  « Nous avons beaucoup appris, nous allons participer activement en tant qu’acteur avertis pour la préservation du patrimoine. Dès cet instant, nous joignons nos voix à celle de l’UNESCO, en disant non au pillage et au trafic illicite de nos biens culturels », a-t-il déclaré.

Il faut rappeler que cet atelier se tient dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, qui bénéficie de l’appui financier de l’Union Européenne.

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