Des communautés rurales défavorisées apprennent à maîtriser le vent pour un avenir durable

31 Mai 2018

Un concept visant à fournir de l’électricité et des connaissances aux communautés rurales en installant de petites éoliennes éclaire des écoles et leurs villages dans le monde entier.

Basée au Royaume-Uni, l’association Wind Empowerment, fondée en 2011 au Forum social mondial à Dakar (Sénégal), est une plate-forme de partage de connaissances qui cherche à développer et promouvoir l’utilisation de petites éoliennes construites localement et à créer des liens entre ses différents groupes de membres à travers le monde.

Tout a commencé par un simple manuel, « A Wind Turbine Recipe Book », écrit par un expert dans le domaine, Hugh Piggott, qui fournit des informations étape par étape sur les outils, les techniques et le matériel de base nécessaires pour construire une turbine.

« De plus en plus de personnes à travers le monde ont commencé à demander le manuel, qui permettait à n’importe qui, n’importe où, de construire et d’utiliser une éolienne », a dit la Coordinatrice du Bureau exécutif, Jessica Rivas. « Il y avait tellement de questions qui attendaient des réponses que l’idée d’une plate-forme pour réunir les gens et partager les connaissances était l’étape qui devait logiquement suivre. »

Jusqu’à présent, le projet a alimenté en électricité, grâce à de petites éoliennes, plus d’une centaine d’écoles et de communautés rurales dans plus d’une vingtaine de pays en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique du Nord. Elle a directement bénéficié à plus de 6 300 élèves d’écoles rurales et de villageois ruraux de régions défavorisées ; formé plus de 3 800 personnes, des élèves d’écoles urbaines aux étudiants d’université, à la construction et à la maintenance de petites éoliennes ; et formé 280 techniciens locaux à la maintenance des turbines.

En parallèle, le projet a produit des publications en accès libre, un manuel de maintenance ainsi que des vidéos en direct et des campagnes d’information par le biais de conférences internationales.

« Nous avons créé six groupes de travail (Études de marché, Modèles d’exécution, Éducation, Technologie, Mesures, Maintenance) au sein de l’association, dans lesquels nos membres participent et collaborent dans le cadre de différents projets afin d’améliorer non seulement les systèmes mais aussi l’élaboration et l’exécution des projets », a expliqué Jessica.

Le projet englobe cinq éléments : la formation, les technologies adéquates, la participation locale, la durabilité et la reproduction. Le dernier élément est l’essence du projet, qui est axé sur le transfert des technologies par la formation des techniciens locaux.

« Nous évaluons tout d’abord les ressources éoliennes du pays. Nous disons en toute honnêteté s’il semble que le vent ne soit pas assez fort pour faire fonctionner l’éolienne dans la région à l’étude », a dit Jessica. « S’il y en a assez, nous déterminons quelle est la technologie la plus adaptée pour quelle communauté. Surtout, nous informons les communautés, nous leur donnons les clés et nous assurons le suivi. Nous ne voulons pas être une association caritative qui fournit les biens puis s’en va. »

Jessica a acquis une expérience directe en ce qui concerne la façon dont une communauté peut faire face aux obstacles, changer et évoluer simplement en utilisant l’électricité éolienne, non seulement via l’organisation avec laquelle elle travaille au Pérou, mais aussi via l’association.

« Après la Conférence WE en Patagonie en 2016, un groupe collaboratif de l’Argentine, 500RPM, a organisé un cours au Chili pour des chiliens locaux et quelques-uns des organismes membres ont été invités à participer pour apprendre à cette nouvelle communauté à construire une éolienne », a dit Jessica.

Grâce à la collaboration au sein de l’association, une éolienne de 350 watts a été installée dans une ferme agricole pour la fournir en électricité. La meilleure chose qui a été partagée entre les personnes impliquées a été l’expérience d’apprentissage des bonnes pratiques adoptées par les différents membres à travers le monde.

Le projet contribue au développement durable en remplaçant ou en réduisant l’utilisation des générateurs diesel et en économisant des milliers de litres de combustible chaque année. Les Chiliens ont continué à construire des éoliennes, ce qui montre leur capacité à reproduire le concept.

La mise en place d’une éducation au développement durable (EDD) qui soit vraiment transformatrice est au cœur du projet, qui encourage la création d’espaces d’apprentissage non formels par le biais de ses ateliers théoriques et pratiques détaillant le processus de construction des turbines. La pédagogie innovante permet aux participants de se répartir en groupes de travail pour construire les turbines, en faisant tourner les activités jusqu’à ce qu’ils maîtrisent l’ensemble du processus. Non seulement les étudiants développent leur capacité à fournir de l’électricité à leurs familles et à leurs communautés de façon renouvelable, mais la maintenance des turbines offre également une autre source d’emplois locaux.

Jessica a dit que la prochaine étape consisterait à diffuser plus largement le concept dans le cadre d’une nouvelle conférence prévue pour novembre 2018 en Inde.

« Nous espérons être capables de lancer des tournées mondiales pour mieux faire connaître notre travail et inspirer la nouvelle génération de leaders de Wind Empowerment. Nous continuerons de nouer des partenariats en fixant une cible de 8 à 10 nouveaux pays à travers le monde, en mettant l’accent sur la création de projets collaboratifs en Asie et en Amérique du Sud », a-t-elle dit.

De nouveaux projets sont en cours d’élaboration en Argentine, au Népal et en Inde et d’autres projets sont nés à l’issue de la conférence en Patagonie.

« La conférence de cette année sera principalement axée sur le suivi des idées et des collaborations lancées à la conférence de 2016 en Patagonie sur le thème du pompage de l’eau, des utilisations productives et de la reproduction de la technologie », a-t-elle dit.