En conférence à Accra, l'UNESCO lance deux rapports mondiaux sur les libertés des artistes et des journalistes

11 Mai 2018

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Le Directeur général adjoint, M. G. Engida présente les nouveaux rapports; en arrière-plan Mme Ottosson et Mme Reid.
© UNESCO

Devant un parterre de défenseurs de la liberté de la presse et des libertés artistiques, l'UNESCO a lancé son rapport mondial sur les tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias

Ce lancement s’est déroulé dans le cadre d’une session spéciale de la conférence mondiale de la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui se déroulait au Ghana les 2 et 3 mai 2018. 

« Nous lançons ce rapport parallèlement au rapport mondial de l'UNESCO intitulé Re/Penser les politiques culturelles » a déclaré M. Guy Berger, Directeur de la Division pour la Liberté d’expression et le développement des médias, à l’UNESCO.

Ce lancement conjoint vise  à souligner les rapprochements féconds entre les médias et les acteurs culturels, qui - avec leur public – partagent des intérêts communs à promouvoir la liberté d'expression, la diversité des expressions culturelles et le pluralisme des médias. 

Marie Ottosson, Sous-Directrice générale de l'Agence suédoise pour le développement international et la coopération (SIDA) qui a contribué à soutenir une partie des recherches et des analyses qui sous-tend les deux rapports, était présente lors du lancement.

Le Directeur général adjoint de l’UNESCO, M. Getachew Engida, a ouvert l'événement en soulignant que  ces rapports « incarnent le rôle de l’UNESCO comme laboratoire d'idées et artisan du dialogue international ». « Ces deux rapports mondiaux poursuivent le même objectif: fournir des éléments concrets pour accélérer la mise en œuvre de l'objectif de développement durable (ODD) 16.10 sur l'accès du public à l'information et à la protection des libertés fondamentales », a-t-il ajouté. 

Le Directeur général adjoint a présenté ces deux rapports comme des « éléments nouveaux et précieux pour aider à construire les politiques du futur, » à destination des gouvernements et d’autres acteurs afin qu’ils s’en servent comme d’une « feuille de route et une boîte à outils pour élaborer les politiques nationales et les stratégies de développement ». Le Directeur général adjoint de l’agence SIDA a déclaré quant à lui: « Nous sommes malheureusement conscients des tendances mondiales actuelles, où les journalistes, les acteurs des médias, les artistes et les travailleurs culturels sont pris pour cible en raison de leur courage et de leurs pratiques audacieuses. » Elle a ajouté que « le mandat de l’UNESCO pour la libre circulation des idées est plus actuel que jamais, notant que « la liberté d'expression et l'accès à l'information sont un droit humain fondamental et un élément fondamental des sociétés démocratiques inclusives et pacifiques ». 

Marie Ottosson a dénoncé pour sa part le fossé entre les normes juridiques et politiques existantes à l’échelle mondiale et leur mise en œuvre : « Nous devons trouver des moyens d'engager plus fermement les responsables », a-t-elle dit. « Nous devons faire en sorte que la gouvernance inclusive et l'état de droit soient pleinement mis en œuvre. » 

Parmi les porte-paroles de la cause des libertés, M. Ramon Tuazon, président de l’ Institut asiatique de journalisme et Secrétaire général de l'Asian Media Information and Communication Center (AMIC), et Mme Julie Reid, chercheure à l’Université d’Afrique du Sud, ont commenté les deux rapports : « Jamais auparavant la société mondiale n'avait connu de telles attaques contre la liberté des médias, l'indépendance et la sécurité», a déclaré M. Tuazon. Reid a ajouté que l'égalité entre les hommes et les femmes dans les médias ne devait pas être abordée simplement sous l’angle du « politiquement correct », mais parce qu'il s’agit d’un aspect fondamental de la crédibilité et de la viabilité des institutions.

Les participants ont souligné la nécessité de renforcer les possibilités données aux journalistes et aux artistes de travailler et de se défendre ensemble contre les menaces à leur liberté d'expression qui continuent d’augmenter dans le climat sécuritaire actuel. Entre 2014 et 2016, 314 journalistes ont été tués et 860 attaques ont été enregistrées contre des artistes selon les rapports de suivi de l’UNESCO. « Les artistes et les journalistes sont souvent confrontés aux mêmes types de lois, sur la lutte anti-terroriste, l'insulte, le blasphème – et qui sont utilisées pour restreindre la liberté d'expression.

De nouvelles approches s’avèrent nécessaires pour répondre aux besoins de tous les professionnels des arts et des médias », a souligné Sara Whyatt (Royaume-Uni), ancienne directrice adjointe de PEN International.

En marge de ces événements, l’UNESCO a organisé un atelier de deux jours avec des acteurs clés de la politique artistique et culturelle, des droits de l’homme et du département de la justice sur l’état de la liberté artistique au Ghana.