Press release

Conférence mondiale sur la liberté de la presse 2020 : l’UNESCO et le HCDH, dotés de 7 millions d’euros par les Pays-Bas, renforcent la liberté d’expression

10/12/2020

Paris, 10 décembre— Fort d’une dotation de sept millions d'euros annoncées par le ministre néerlandais des affaires étrangères, Stef Blok, lors de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse 2020 organisée conjointement les 9 et 10 décembre par l'UNESCO et le Royaume des Pays-Bas, le nouveau partenariat entre l’UNESCO et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) permettra de renforcer la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.

Le partenariat aura pour objectif de mettre en place des activités de nature à favoriser une presse indépendante et libre, garantir la sécurité des journalistes - avec un accent particulier sur celle des femmes journalistes – favoriser l'accès à l'information, et lutter contre l'impunité des crimes commis contre les professionnels des médias. 

Les menaces contre la liberté de la presse sont multiformes et concernent toutes les régions du monde. Aujourd’hui, les journalistes assassinés le sont majoritairement hors des zones de conflit et l’impunité reste la règle. Ce nouveau partenariat avec les Pays Bas et le HCDH viendra soutenir la liberté de la presse .

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO

La liberté de la presse est en danger et nous ne parvenons pas à endiguer la vague de menaces visant les journalistes, en particulier les femmes journalistes. Cette initiative des Pays-Bas est une étape capitale pour combler cette lacune. Nous devons agir de toute urgence pour protéger ceux qui nous protègent lorsqu’ils révèlent courageusement la corruption, font face à la violence et aux abus et fournissent des informations vitales à chacun d'entre nous. L'impunité de ceux qui emprisonnent, intimident et tuent des journalistes doit cesser

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

Aucun journaliste ne devrait avoir à craindre l'intimidation, la violence ou la persécution. Les journalistes devraient simplement pouvoir faire leur travail. Ils sont l'oxygène d'une société libre, inclusive et diverse

Stef Blok

À noter parmi les autres résultats de la conférence :

  • L'UNESCO et le Centre international des journalistes (International Center for Journalists - ICFJ) ont annoncé les résultats d'une enquête mondiale sur la violence en ligne ciblant les femmes journalistes. Cette annonce a été faite au terme d’une campagne de 16 jours des Nations Unies sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes. L'enquête a reçu plus d’un millier de réponses du monde entier : 73% des femmes interrogées déclarent avoir subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail, et 20% affirment avoir été abusées et agressées physiquement à la suite de violences en ligne à leur endroit.
  • L'UNESCO et l'Association internationale des procureurs ont défini les premières lignes directrices internationales sur les enquêtes et les poursuites concernant les crimes contre les journalistes, avec des recommandations clés pour les procureurs. Ces lignes directrices serviront à améliorer les connaissances et les capacités des magistrats afin de renforcer non seulement la liberté d'expression et la sécurité des journalistes mais aussi de lutter contre l'impunité.
  • Lancement d'un forum international d'acteurs juridiques. Celui-ci réunira toute une série de professionnels du monde judiciaire pour échanger des points de vue et partager les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d'expression, en s'appuyant sur les expériences mondiales, régionales et nationales. Organisé par l'UNESCO, l'Institut Asser et Free Press Unlimited, le forum, et les recommandations qui en sont issues, ouvriront la voie à deux autres tribunes réunissant des acteurs juridiques, qui se tiendront en 2021 et 2022.

Le ministre Stef Blok, Irene Khan, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, la juriste Amal Clooney, Věra Jourová, Vice-Présidente de la Commission européenne chargée du respect des valeurs de l’Union européenne et de la transparence ont notamment assisté le 9 décembre à un panel de haut niveau sur la sûreté des journalistes et le problème de l’impunité pour les crimes contre les travailleurs des médias.

« J’appelle tous les gouvernements à protéger les professionnels de la presse, à combattre l’impunité et à renforcer la liberté de la presse », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. « Un journalisme sans crainte ni complaisance est essentiel pour surmonter la pandémie et pour bâtir un avenir de paix et de droits humains pour tous ».

 

Autres participants notables dans le cadre de la conférence :

  • Maria Ressa, Présidente de Rappler (Philippines)
  • Matthew Caruana Galizia, Directeur de la Fondation Daphne Caruana Galizia (Malte)
  • Elisabeth Bumiller, cheffe du bureau de Washington du New York Times (États-Unis)
  • Christiane Amanpour, cheffe des informations internationales à CNN (États-Unis)
  • Carole Cadwalladr, Journaliste et collaboratrice au quotidien The Guardian (Royaume Uni)
  • Joe Maalouf, Fondateur de l’ONG Dignity (Liban)
  • Nima Elbagir, correspondante internationale pour CNN (Soudan)

Plus de 3 500 participants de 133 pays (66% de femmes) se sont inscrits à la conférence virtuelle, qui était retransmise en direct depuis le World Forum de La Haye, tandis que plusieurs milliers d’autres l’ont suivi en direct sur les plateformes de médias sociaux.

 

Contact médias: Clare O’Hagan