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Les contenus des manuscrits anciens du Sahel au service de la paix et le développement

27/01/2020
BAMAKO, Mali

La consultation internationale sur la sauvegarde, l’accessibilité et la promotion des manuscrits anciens du Sahel a clôturé ses travaux le 24 janvier 2020 avec la mise en place d’un plan d’action, sur la préservation et l’exploitation des manuscrits anciens du Sahel en général et du Mali en particulier.

Organisée par l’UNESCO, à travers le Programme Mémoire du Monde, en partenariat avec les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique du Mali, et de la Culture. A l’issue de trois jours des travaux, une soixantaine d’experts venus d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe ont formulé des recommandations dont la mise en œuvre devrait permettre d’assurer une meilleure exploitation des manuscrits anciens et promouvoir l’accès à la connaissance par la recherche scientifique.

La consultation a été marquée par la présence de M. Moez Chakchouk, Sous-directeur général pour la communication et l’information de l’UNESCO, du Pr Mahamoudou Famanta, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique. On notait également la présence de Mme Mbaranga Gasarabwe, Représentante Spéciale Adjointe du Secrétaire général de l’ONU pour la MINUSMA, Coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Mali et Coordonnatrice humanitaire, M. Dimitri Sanga, Directeur du Bureau régional multisectoriel de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Ouest de Dakar, Dr Oumar Keita, Ambassadeur et Délégué permanent du Mali auprès de l’UNESCO, Mme Diallo Kadia Maiga, Secrétaire générale de la COMNAT, Présidente du Comité scientifique, M. Edmond Moukala, Représentant de l’UNESCO au Mali, M. Monsieur Adama Samassékou, Conseiller culturel, Présidence de la République. M. Ichaka Sangaré, Président de la Commission Education, Culture, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’Assemblée Nationale du Mali, des partenaires techniques et financiers, des représentants des familles détentrices et gestionnaires des manuscrits, les experts nationaux, régionaux et internationaux.

M. Chakchouk dans son discours d’ouverture a rappelé que l’UNESCO prévoie d’initier un projet spécifique global dédié à l’identification, la numérisation et l’accessibilité au patrimoine documentaire qui est particulièrement en danger. « C’est un objectif ambitieux qui pourrait être atteint grâce à un partenariat international dans le cadre de la recommandation de l’UNESCO (de 2015) concernant la préservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire, y compris le patrimoine numérique. L’UNESCO a un rôle fédérateur important à jouer à cet égard ».  Il a aussi réitéré que « Plus important encore, nous devons inscrire nos efforts au Sahel dans le cadre plus large de l’Agenda 2063, en particulier en ce qui concerne l’aspiration de l’Afrique à une forte identité culturelle, un patrimoine, des valeurs et une éthique commune ».

M. le Ministre quant à lui, a rappelé que les manuscrits sont restés longtemps méconnus du grand public, « Force est de constater que malgré tout ce qu’ils représentent pour nous et malgré leur potentiel scientifique, les manuscrits restent insuffisamment exploités à cause de plusieurs facteurs comme celui notamment de l’accessibilité.  Cet éparpillement pose de sérieux problèmes aux chercheurs comme aux instances de gestion, d’où l’importance de trouver des voies et moyens pour leur numérisation et leur mise en ligne selon des normes partagées par tous ».

Mme Gasarabwe a pour sa part, indiqué que « des mathématiques aux sciences en passant par la philosophie, la grammaire et la théologie, les manuscrits anciens du Mali couvrent un large éventail de sujets qui en font des œuvres d’une valeur inestimable, transmis d’une génération à l’autre, au sein de familles détentrices. Le plus grand défi concerne la cohérence de la vision des acteurs et les biens culturels en général. Toutefois, le système des Nations Unies compte appuyer le Mali dans la recherche scientifique et la vulgarisation de ces manuscrits pour un renforcement de la cohésion nationale, de la tolérance et du dialogue dans un Mali pacifique, uni et prospère ».

Le moment fort de la consultation fut le partage d’expérience des pays dans le domaine de la conservation, la valorisation et la diffusion des manuscrits anciens à travers une dizaine de communications, ainsi que des travaux de groupe.

D’importantes recommandations en faveur de la conservation, la valorisation et la diffusion des manuscrits anciens ont été formulées à l’issue des travaux, entre autres :

  • Mettre à jour des politiques, des textes législatifs et réglementaires ;
  • Promouvoir les normes et standards, nationaux et internationaux à ce sujet;
  • Favoriser le renforcement des capacités des détenteurs et gestionnaires de manuscrits anciens;
  • Prendre des mesures adéquates pour introduire l’enseignement du patrimoine documentaire, notamment les manuscrits anciens dans les curricula des établissements scolaires et universitaires ;
  • Définir et mettre en œuvre des mécanismes internes aux pays du Sahel de mobilisation des ressources en faveur des manuscrits ;
  • Définir et mettre en œuvre un modèle d’économie du manuscrit ancien au profit des détenteurs et gestionnaires des manuscrits anciens ;
  • Mettre en place un plan de réduction des disparités dans la conservation et la gestion des manuscrits anciens entre les différents pays du Sahel et au sein d’un même pays ;
  • Favoriser la création d’unité de recherche sur les manuscrits anciens dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique ;
  • Solliciter l’UNESCO, à travers le Programme Mémoire du Monde, et en consultation avec les Gouvernements et les différentes parties prenantes, pour prendre des mesures pour mettre en place un dispositif de coordination multi parties prenantes sur les manuscrits anciens au Sahel.

M. Sanga, dans son mot de clôture a encouragé le Gouvernement du Mali à soutenir l’UNESCO à travers le Programme Mémoire du Monde dans la finalisation du Plan d’Action. « L’UNESCO pour sa part ne ménagera aucun effort pour le suivi des recommandations à l’issue des travaux », a-t-il rassuré.

Il faut rappeler qu’au cours de la rencontre, le projet en faveur du programme de formation en métiers du livre, qui sera sanctionné par un DUT en codicologie/catalogage, en conservation et en numérisation entre l’UNESCO Bamako, la MINUSMA, et l’Institut des hautes études et des recherches islamique Ahmed Baba, a été présenté par le Chef du Bureau, Représentant de l’UNESCO au Mali.

 

Reportage Energie TV :

FR : https://www.youtube.com/watch?v=YVafbmHG4lw

ENG : https://www.youtube.com/watch?v=tN9XOp4mfeI