La Convention de 1970 au centre de la Conférence virtuelle internationale sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels et leur restitution de l’ICESCO

28/07/2020

L’UNESCO dans son mandat de protection du patrimoine et en tant que partenaire de L’Organisation du Monde Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ICESCO) a participé à une Conférence virtuelle internationale sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels et leur restitution, organisé par l’ICESCO le 28 juillet 2020.

Cette Conférence internationale, sous le haut patronage du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, a réuni les Ministres chargés du patrimoine de plusieurs pays et des experts internationaux en matière de restitution d’antiquités. Organisée en quatre panels, la Conférence s’est concentrée sur la situation actuelle du trafic illicite de biens culturels dans le monde islamique, sur l’examen des « obstacles à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels : nouvelles méthodes du trafic des biens culturels », sur les « défis de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels : accords internationaux et législation locale », et sur le « rôle de l’ICESCO dans le renforcement des capacités des pays dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels ».

Les Ministres présents ont réaffirmé que le trafic illicite des biens culturels est un danger omniprésent, qui menace de disparition les éléments du patrimoine culturel des différentes civilisations des pays membres de l’ICESCO. En effet, ce fléau dépossède les peuples de leurs identités et détériore leurs capacités et efforts en matière de développement durable. Ils ont alors rappelé l’importance des Conventions internationales de protection du patrimoine et notamment la Convention de 1970, qui fête ses 50 ans cette année.

Les panélistes ont ensuite souligné l’importance du marché de l’art à adhérer aux valeurs morales et éthiques de la protection du patrimoine. La Tunisie a de ce fait, remercié l’UNESCO pour son aide apportée à retirer d’une vente aux enchères 114 objets volés tunisiens. A cet effet, l’UNESCO promeut un Code international de déontologie pour les négociants en biens culturels. Ce Code s’inspire des principes énoncés dans la Convention de 1970.

Ils ont également mis en évidence le rôle du trafic illicite de biens culturels dans le financement de l’extrémisme violent, et ont rappelé l’instabilité de plusieurs pays pris dans des conflits armés. Le Yémen a rappelé que 66 sites historiques du pays avaient fait l’objet de pillages et de destructions depuis septembre 2014.

L’Egypte a de nouveau renouvelé son invitation à une conférence présentielle au cours des prochains mois, sous les auspices du Président Abdelfatah al-Sissi, pour discuter du trafic illicite des biens culturels et présenter une déclaration qui corresponde à l’aspiration des participants à la Conférence.

En réponse aux différentes problématiques, les Ministres présents ont proposé de créer un centre régional pour la restitution des biens culturels. L’UNESCO encourage les pays Membres de l’ICESCO qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier la Convention de 1970 afin de rendre cet instrument universel. L’UNESCO appelle aussi à ce que les outils, principes et recommandations de la Convention de 1970 soient retranscrits dans les lois nationales, mais également à ratifier les autres Conventions, qui comme celle d’UNIDROIT sont complémentaires à la Convention de 1970.

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