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COVID-19 : Action menée par la Coalition mondiale pour l’éducation de l’UNESCO face à la plus grande perturbation de l’apprentissage jamais connue

22/09/2020

L’année 2020 n’est pas uniquement celle où le monde s’est arrêté, confronté à la pire pandémie qu’il ait connue en plus d’un siècle. C’est aussi l’année qui aura vu la plus importante perturbation éducative de l’histoire, qui à son point culminant a laissé en dehors des salles de classe presque 1,6 milliard d’apprenants dans plus de 190 pays. Cela représente plus de 90 % de la population apprenante mondiale.

L’impact de la COVID-19 sur l’éducation a considérablement accentué les inégalités en matière d’apprentissage dans le monde entier. C’est pour cette raison que l’UNESCO a lancé en mars 2020 la Coalition mondiale pour l’éducation, un partenariat multisectoriel ayant pour objectif d’apporter une réponse au besoin urgent de continuité pédagogique au niveau mondial, à une échelle inédite.

Qu’est-ce que la Coalition mondiale pour l’éducation ?

La Coalition mondiale pour l’éducation est une plate-forme de collaboration et d’échange visant à protéger le droit à l’éducation pendant et après cette perturbation sans précédent. Elle rassemble plus de 150 membres du système des Nations Unies, de la société civile, du monde académique et du secteur privé afin de garantir la continuité de l’apprentissage. Les membres de la Coalition travaillent autour de trois programmes phares : la connectivité, les enseignants et l’​égalité entre les genres.

Comment fonctionne concrètement la Coalition mondiale pour l’éducation ?

La Coalition mondiale pour l’éducation est devenue une plate-forme incontournable pour aider les pays à répondre aux défis sans précédent qui se posent au secteur de l’éducation. L’action de la Coalition est multiple et variée, et dépend des demandes de chaque pays. La Coalition est conçue pour travailler de manière flexible et agile dans le but d’apporter des solutions visant à assurer la continuité et la qualité de l’éducation. Ce nouveau modèle de partenariat à l’appui des réponses éducatives présente plusieurs avantages liés aux modalités de mise en œuvre des initiatives pendant la crise : les interventions sont rapides, efficaces et à même de mobiliser des ressources généralement non disponibles pour atteindre les objectifs. Les contributions de la Coalition ne se substituent pas aux réponses nationales des pays. La Coalition fait plutôt appel à de nouveaux acteurs qui, en temps normal, ne seraient pas des partenaires évidents (par exemple les organisations de technologie ou de médias), et qui viennent compléter et soutenir les efforts nationaux déployés pour garantir la continuité de l’apprentissage.

Quels résultats la Coalition a-t-elle obtenus à ce stade ?

La Coalition soutient actuellement plus de 70 pays ciblant 400 millions d'apprenants et 12,7 millions d'enseignants bénéficiaires - directement et indirectement. Voici quelques exemples d’actions menées dans des pays spécifiques :

Le Ministère de l’éducation du Sénégal, l’UNESCO, Microsoft et Huawei se sont associés pour permettre à des dizaines de milliers d’enseignants et d’apprenants de maintenir l’apprentissage. 82 000 enseignants et 500 000 apprenants se sont inscrits sur la plate-forme d’apprentissage à distance du Ministère et ont commencé à l’utiliser. À l’avenir, grâce au soutien de Microsoft, 1,5 million d’apprenants et d’enseignants supplémentaires en bénéficieront. L’UNESCO soutient par ailleurs la formation de 200 enseignants pour en faire des « maîtres formateurs », auxquels Huawei a distribué des appareils pour leur donner un meilleur accès à Internet.

En République démocratique du Congo, Education Cannot Wait et le programme CapED de l’UNESCO financent conjointement des activités liées à la réponse éducative. Le pays ayant une couverture Internet estimée à moins de 20 % de sa population, ces actions conjointes se concentrent sur l’apprentissage à distance par la radio, et plus spécifiquement la radio communautaire, en vue de toucher plus de 4 millions d’apprenants. L’UNESCO et Education Cannot Wait adaptent en ce moment en leçons radiophoniques les programmes scolaires du primaire ainsi que celui de la 8e année d’études. Le programme aide également à renforcer les capacités de 120 stations de radio communautaire et de 240 membres de leur personnel à diffuser les leçons.

Au Liban, l’UNESCO appuie la production de ressources de communication et d’éducation à l’intention des enseignants et des parents (brochures, vidéos et guides), ainsi que le renforcement des capacités du Ministère dans les domaines des TIC et de l’éducation. 50 coordinateurs ont pu bénéficier de cette intervention. De plus, 280 leçons vidéo de CANOPE/France sont en cours d’acquisition pour la plate-forme en ligne du Ministère de l’éducation, et profiteront à 1 000 écoles et 200 000 apprenants.

Aux Samoa, Vodafone a mobilisé 7,5 millions de dollars afin d’offrir à 60 000 apprenants et enseignants un accès gratuit à des contenus éducatifs.

Au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et en République démocratique du Congo, Orange donne à travers ses filiales un accès Internet gratuit aux plates-formes d’apprentissage accréditées. Des programmes similaires sont prévus au Botswana, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Liberia et à Madagascar. Cette bonne pratique s’étend à d’autres régions : en Égypte, en Jordanie, au Maroc et en Tunisie, un accès gratuit à Internet est fourni pour les contenus éducatifs.

Une Académie mondiale des compétences a également été mise en place afin de doter 1 million de jeunes de compétences numériques, ce qui les aidera à trouver un emploi durant la récession qui se profile. Les partenaires sont Coursera, Dior, Festo, Huawei, IBM, Microsoft, Orange Digital Centres et PIX. Parmi les organisations, on trouve l’OIT, l’UIT, l’OCDE et WorldSkills International. L’Académie fonctionne selon un processus de jumelage facilité par le réseau UNEVOC, le réseau mondial de l’UNESCO pour les institutions spécialisées dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels.

D’autres exemples de pays sont disponibles dans le rapport d’avancement.

Quels sont les principaux défis éducatifs et les prochaines étapes pour la Coalition ? 

Selon les données de l’UNESCO, 24 millions d’apprenants risquent de ne pas reprendre le chemin de l’école, une perte d’apprentissage qui pourrait toucher plusieurs générations d’élèves. Plus de 11 millions de filles, du préscolaire à l’enseignement supérieur, pourraient ne pas retourner en classe en 2020. Ce nombre alarmant menace non seulement des décennies de progrès accomplis vers l’égalité des genres, mais expose également les filles du monde entier au risque de grossesse, de mariages précoces et forcés et de violence. Afin d’attirer l’attention sur ce sujet, l’UNESCO et les membres de la Coalition mènent en ce moment une campagne pour l’éducation des filles.

De plus, la crise de la COVID-19 risque de creuser jusqu’à 200 milliards de dollars par an le déficit annuel de financement de l’éducation dans les pays les plus pauvres.

De nombreux pays continuent de faire face à des défis considérables pour assurer la réouverture des établissements scolaires et la continuité de l’apprentissage, surtout pour les élèves les plus marginalisés. La Coalition poursuivra son action dans les domaines stratégiques prioritaires, afin de garantir la continuité pédagogique pour tous tout au long de cette pandémie.

 

Ce 25 septembre, l’UNESCO organise un événement en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, baptisé « L’éducation pendant la crise du COVID-19 et au-delà : La Coalition mondiale pour l’éducation en action ». L’objectif de cet événement est de partager avec les pays les mesures et les meilleures pratiques pour répondre aux défis immédiats de la fermeture et de la réouverture d’écoles. Des exemples concrets de la manière dont les membres de la Coalition s’engagent à répondre aux besoins des pays seront présentés. En savoir plus sur cet événement.