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COVID-19 : Ce que vous devez savoir sur l’éducation des réfugiés

07/07/2020

Malgré un assouplissement relatif des fermetures d’écoles dues au COVID-19 et une tendance croissante à la réouverture, plus d’un milliard d’apprenants à travers le monde restent touchés par la fermeture d’établissements scolaires. La perturbation de l’éducation est sans précédent à cette échelle. Le COVID-19 laisse peu de vies et d’endroits intacts, mais son impact, y compris dans l’éducation, est plus dur pour les groupes qui sont déjà dans des situations de vulnérabilité comme les réfugiés.

Comment les fermetures d’écoles dues au COVID-19 affectent-elles l’éducation des réfugiés ?

Déjà avant le COVID-19, les enfants réfugiés avaient deux fois plus de probabilité d’être non scolarisés que les autres enfants et malgré l’amélioration de leur taux de scolarisation, seulement 63 % des réfugiés étaient inscrits à l’école primaire et 24 % dans l’enseignement secondaire. La pandémie risque d’engendrer un recul des modestes gains réalisés et d’être catastrophique pour des groupes tels que les adolescentes.

Ces dernières années, des efforts importants ont été déployés pour inclure les apprenants réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux, mais les obstacles à l’éducation persistent et pourraient même s’aggraver en raison de la pandémie. Il est aussi inquiétant de constater que la discrimination et la xénophobie à l’encontre des populations réfugiées augmentent, ce qui nuit à leur scolarisation et à leur maintien à l’école.

Que pouvons-nous faire pour assurer une éducation de qualité pour les apprenants réfugiés ?

La première étape consiste à défendre et à garantir le droit à l’éducation des réfugiés en veillant à ce qu’ils puissent tous apprendre à la maison et retourner à l’école en toute sécurité. Certains signes prometteurs montrent que les gouvernements accélèrent l’inclusion des réfugiés dans leurs réponses au COVID-19, ce qui offre l’occasion de travailler à la réalisation des engagements contenus dans le Pacte mondial sur les réfugiés.

Au fur et à mesure que l’on met moins l’accent sur l’apprentissage à distance et la fermeture des écoles, et plus sur la réouverture et le retour à l’école, il convient d’accorder une attention particulière aux inégalités existantes et exacerbées auxquelles sont confrontés les réfugiés, en particulier les filles en âge d’être scolarisées dans le secondaire, qui étaient déjà deux fois moins susceptibles de s’inscrire que leurs pairs masculins. On s’attend à une aggravation de ces conditions.

Le HCR estime que 20 % des filles réfugiées qui sont scolarisées dans le secondaire risquent effectivement de ne jamais retourner à l’école lorsque celle-ci rouvrira après le COVID-19. C’est dès maintenant que nous devons agir pour remédier aux inégalités et à la situation désastreuse auxquelles sont confrontés les apprenants réfugiés.

Pourquoi est-ce si urgent et qu’est-ce qui est en jeu ?

Les apprenants réfugiés sont confrontés pendant et après le COVID-19 à de nombreux enjeux. On s’attend à un accroissement important du décrochage, ce qui signifie que l’on perdra cette génération si elle est écartée de l’éducation. La situation éducative des réfugiés était déjà précaire dans de nombreux pays avant la pandémie, beaucoup ayant manqué plusieurs années de scolarité et devant travailler sans relâche pour rattraper leur retard. Ils doivent maintenant faire face à d’autres perturbations de leur apprentissage.

Ceux qui n’étaient pas inscrits dans des programmes d’éducation risquent encore plus de ne jamais revenir à l’apprentissage. Le manque d’accès aux infrastructures, au matériel et à la connectivité, les conditions de vie et l’éloignement de nombreuses zones accueillant les réfugiés signifient que les enfants réfugiés risquent également de ne pas pouvoir accéder aux programmes nationaux d’apprentissage à distance mis en place par les gouvernements dans le cadre de la réponse au COVID-19.

Que fait l’UNESCO pour faire avancer le droit à l’éducation des réfugiés ?

Par l’intermédiaire de la Coalition mondiale pour l’éducation, l’UNESCO facilite les partenariats entre plusieurs parties prenantes afin d’offrir des possibilités d’apprentissage aux enfants, aux jeunes et aux adultes, y compris aux réfugiés qui ont été touchés par la perturbation de l’éducation due à la pandémie.

L’UNESCO a pris un engagement et s’efforce de renforcer les systèmes éducatifs nationaux en fournissant aux États Membres une expertise et des orientations techniques pour la conception, la mise en œuvre et la planification de politiques en faveur de l’inclusion des réfugiés à tous les niveaux des systèmes éducatifs nationaux.

Le Passeport des qualifications de l’UNESCO destiné aux réfugiés et aux migrants vulnérables lancé en 2019 vise à faciliter l’intégration des apprenants dans le système éducatif et sur le marché du travail par le biais de procédures d’évaluation. Le processus assure la reconnaissance d’éléments clés tels que les qualifications, les compétences, l’expérience professionnelle pertinente et la maîtrise de la langue.

Le 13 juillet, de 16h à 17h30 CET, une table ronde de haut niveau virtuelle menée par le HCR et l’UNESCO réunira des réfugiés pour faire entendre leur voix sur leurs besoins et les réponses à apporter sur le terrain. L’événement est convoqué et présidé par l’Envoyée spéciale Angelina Jolie et co-organisé par le Canada et le Royaume-Uni.