Press release

Un an de COVID : l’UNESCO réunit les ministres de l’éducation pour assurer la continuité pédagogique

30/03/2021

L’UNESCO dresse la carte des plans nationaux de vaccination des enseignants

Un an après le début de la pandémie de COVID-19, 85 ministres de l'éducation ont expliqué les mesures qu’ils ont prises pour garder les écoles ouvertes, remédier aux pertes d'apprentissage et adapter leurs systèmes éducatifs, lors d'une réunion organisée par l'UNESCO le 29 mars.

Près de la moitié des élèves de par le monde sont encore touchés par des fermetures partielles ou totales d'écoles et plus de 100 millions d'enfants supplémentaires se retrouveront en dessous du niveau minimum de compétence en lecture à cause du coronavirus. 

Face à une crise prolongée, nous devons redoubler de mobilisation et cibler les bonnes priorités, celles qui nous permettront de faire véritablement de l'éducation un bien commun, un droit fondamental. Le premier de nos principes est que l'école est irremplaçable, comme l'a montré la pandémie. Le deuxième est que nous avons plus que jamais besoin de systèmes scolaires résilients et innovants pour faire face aux chocs actuels et futurs. Le troisième est qu'aucun écran ne pourra jamais remplacer un enseignant.

Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO

Si la protection des enseignants est essentielle pour que les écoles puissent rouvrir en toute sécurité, une enquête menée par l'UNESCO et l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030 révèle que seuls 17 pays sur 149 donnent la priorité aux professeurs dans la première phase des efforts de vaccination ; vingt autres pays font des enseignants un groupe prioritaire pour la deuxième phase ; enfin, 56 pays ne donnent pas la priorité aux instituteurs et professeurs dans les plans nationaux de déploiement des vaccins.

Le renforcement du soutien à la protection et à la formation des enseignants a été souligné lors des trois sessions parallèles de la conférence.

Lors de la première table-ronde sur le maintien de l’ouverture des établissements et le soutien aux enseignants, les ministres ont souligné la nécessité pour les écoles de devenir plus résilientes et flexibles. Ils ont décrit les mesures mises en place pour la prévention et le contrôle, notamment les tests dans les écoles, les plans de vaccination des enseignants, les investissements dans la santé mentale et l'importance de partenariats plus solides avec les ministères de la santé.

Durant la deuxième table-ronde sur l'atténuation de la perte d'apprentissage, y compris par le décrochage scolaire et universitaire, les ministres ont souligné l'accent mis sur l'équité, le redoublement des investissements dans les programmes de rattrapage, le renforcement des services sociaux, la priorité accordée aux enfants les plus jeunes et les formules de financement pour toucher les élèves les plus en retard.

Au cours de la troisième table ronde sur la mutation numérique et l'avenir de l'éducation, les ministres ont souligné l'importance de la formation et du développement professionnel des enseignants, des partenariats public-privé et de l'engagement sociétal pour promouvoir les compétences du 21e siècle et l'employabilité des jeunes.

    En ce moment charnière, j'appelle tous les pays à utiliser la reprise pour réduire les fractures éducatives, étendre la connectivité numérique et réimaginer l'éducation.

    Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

    Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que « sans un accès universel à l'éducation et aux services de santé, les inégalités qui se sont encore creusées pendant la pandémie continueront de se creuser. L'OMS reconnaît le rôle central que jouent les écoles dans la préservation de la santé et du bien-être des élèves », un thème abondamment souligné au cours de la conférence.

    Le commissaire à l'éducation, à la science, à la technologie et à l'innovation de l'Union africaine, la professeure Sara Anyang Agbor, a souligné que « les conséquences du COVID 19 avaient renforcé l'importance de la transformation des systèmes éducatifs africains par la mutation numérique, en se référant au cadre de l'UA englobant l'apprentissage en ligne, les enseignants, les compétences, la connectivité des écoles et la sécurité en ligne et hors ligne. »

    Pour soutenir les stratégies nationales, l'UNESCO, l'UNICEF & la Banque mondiale ont annoncé une mission conjointe. Intitulée « Recovering Education 2021 » (relancer l’éducation 2021), elle sera axée sur trois priorités : s'assurer que tous les enfants et les jeunes retournent à l'école et reçoivent un soutien complet, notamment en matière de santé, de nutrition et de soutien psychosocial ; accélérer l'apprentissage et réduire la fracture de l'apprentissage numérique ; préparer et responsabiliser les enseignants.