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Une Cubaine qui favorise l'égalité des sexes au rythme du Son remporte l'appel à candidatures du Programme Transcultura de l'UNESCO

27/10/2021
La Havane, Cuba
17 - Partnerships for the Goals

Yarima Blanco a l'énergie vitale d'une personne née dans l'est de Cuba. Diplômée en 2006 de l'Université des Arts (ISA, Institut supérieur des Arts), Yarima est devenue la première femme spécialisée en tres, fait qui a marqué sa vie, se faisant accompagner d'un instrument jusqu'alors considéré comme le domaine exclusif des hommes au niveau de l'enseignement supérieur. 

Aujourd'hui, Yarima est directrice et leader du septuor Yarima Blanco y Son Latino, où elle remet en question chaque jour plus d'un mythe. Jouer du tres est l'un de ces défis. Il s’agit d’un instrument à cordes né dans les zones rurales, la vedette des bandes sonores des fêtes paysannes à Cuba. 

C'est un défi de diriger un groupe musical, surtout parce que je suis la seule femme du groupe. En outre, le fait de jouer du tres me met dans une position de leadership plus compromettante, en raison du rôle que joue cet instrument dans un septuor et de son importance dans l'improvisation. C'est à mon tour de montrer que nous, les femmes, nous sommes sur un pied d'égalité et que nous pouvons jouer de la musique et diriger en même temps

En mars 2021, Yarima a décidé de relever un autre défi et elle s’est portée candidate à l'appel à candidatures du Programme Transcultura de l'UNESCO afin de participer à la prochaine édition de WOMEX, le Salon mondial de la musique, qui se tiendra dans la ville de Porto, au Portugal, du 27 au 31 octobre. Yarima, a osé et elle a gagné. Yarima Blanco y Son Latino a été l'un des lauréats de l’appel à candidatures aux côtés d'autres groupes des Caraïbes.

Partenariats et culture en vue du développement durable

Dans le but d'offrir de nouvelles opportunités aux jeunes artistes et professionnels de la musique des Caraïbes pour accéder au marché international, Transcultura et WOMEX ont forgé une alliance stratégique. Grâce à cette initiative, 58 demandes de participation de professionnels de la musique ont été subventionnées par le Programme et les quatre lauréats se rendront au WOMEX, où ils auront l'occasion de se présenter devant des producteurs, des entrepreneurs et du public, et d'échanger avec des artistes d'autres régions du monde. 

La proposition de la Cubaine Yarima Blanco y Son Latino était l'une des dizaines de demandes de participation venant de la Barbade, de Belize, de Cuba, de la République dominicaine, d'Haïti, de la Jamaïque, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Suriname et de Trinité-et-Tobago. Grâce à cette initiative, le nombre de dossiers de candidature des Caraïbes au WOMEX a augmenté de 60% par rapport aux années précédentes. 

Transcultura, un Programme mis en œuvre par le Bureau régional de la Culture pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’UNESCO, financé par l'Union européenne et avec la contribution des bureaux de l'UNESCO dans la région, a parmi ses objectifs la création d’opportunités pour les jeunes artistes de dix-sept États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), du Forum des Caraïbes (CARIFORUM) et de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) afin de renforcer le rôle de la culture dans le développement durable de leurs pays et de dynamiser leurs carrières. Pour Yarima, la possibilité de participer au salon WOMEX laisse une porte ouverte. Cela représente pour elle un pas en avant en faveur de la musique traditionnelle cubaine, en faveur de la culture comme moyen de promotion de l'égalité des sexes, un pas en avant dans sa recherche de nouvelles voies dans la création musicale.  

Quand l’occasion s’est présentée de former mon propre groupe, j'ai entrepris de défendre la musique traditionnelle, mais avec un air plus frais, en changeant l’utilisation des percussions avec plus d’influences de la timba cubaine. Avec le septuor, je voulais jouer de nombreux genres de musique caribéenne pour montrer à quel point un septuor peut faire bouger le danseur avec la même intensité qu'un orchestre de salsa

Dès ses débuts dans sa ville natale de Bayamo, elle est tombée amoureuse du tres. D'abord, grâce à un professeur de l'École nationale des Arts, puis à travers des leçons à l’Université des Arts, où le maestro Efraín Amador lui a appris à jouer Mozart, Bach, et même à jouer au tres les tangos d'Astor Piazzola! Pour elle, c'est un parcours axé sur l'innovation et le défis qui l'a menée jusqu'ici, et elle est prête pour la prochaine étape. 

Nous participerons au salon WOMEX pour faire connaître notre musique à travers le regard d’une femme cubaine jouant du tres