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Une deuxième chance éducative pour des enfants de Syrie

18 Février 2019

Conséquence du conflit qui ravage la République arabe syrienne, plus de 13 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. Tandis que la communauté internationale s’est mobilisée pour offrir des abris, des vivres et une aide vitale, l'UNESCO œuvre pour soutenir le système éducatif.

Le Programme de développement des capacités pour l'Éducation (CapED), l’une des plates-formes de l’UNESCO pour la réalisation de l’Agenda 2030, se concentre sur l’offre éducative et de soutien psychosocial aux enfants et aux jeunes touchés par la crise. Ciblant les enfants et les jeunes qui sont privés d’éducation ou risquent de l’être, le programme CapED coopère étroitement avec le personnel éducatif, que ce soit dans les écoles ou au niveau des gouvernorats, afin d’assurer l’accès à l’éducation, un instrument d’inclusion et un moyen de soulager les traumatismes de la guerre. L'approche, qui est axée sur le rôle essentiel des enseignants, s’efforce de doter ces enseignants des compétences nécessaires pour dispenser des programmes d'apprentissage accéléré et un soutien psychosocial sensibles à la dimension du genre.

« Nous sommes nombreux à avoir des problèmes économiques, c’est important que ce soutien soit fourni gratuitement à nos enfants. »

Soutenu par le programme CapED, le Programme de la deuxième chance a démarré en 2017, accueillant les élèves du primaire qui ont échoué à leurs examens de fin d’année. L’été, sur une période de six semaines, le programme leur offre la possibilité de repasser ces examens et de passer à l’année scolaire suivante. Il propose aussi des activités de soutien psychosocial, dispensées par des conseillers formés qui aident les enfants à surmonter le stress et les traumatismes liés au conflit. Les sessions incluent des activités scolaires et extrascolaires, de la musique, des jeux et des activités sportives. Les membres de la famille et de la communauté peuvent apporter leur aide pour les activités extrascolaires, un aspect du programme qui a été considérablement renforcé cette année. En 2018, 14 gouvernorats ont participé au programme.

Le Programme de la deuxième chance vise à combler une lacune du système éducatif. Il fournit l’assistance nécessaire aux familles qui n’ont pas les moyens de payer des cours de soutien à leurs enfants qui ont échoué aux examens, en les aidant à mieux comprendre le programme d’enseignement. Lors des discussions avec les enseignants et les parents participant au programme, un parent a dit que « nous sommes nombreux à avoir des problèmes économiques, c‘est important que ce soutien soit fourni gratuitement à nos enfants ». Un autre parent a ajouté : « Ma fille n’aimait pas l’école. Elle est très timide. Maintenant elle rentre à la maison et me raconte sa journée à l'école. Elle est heureuse. »

Le programme fonctionne sur le principe d’une formation dispensée au niveau central avec du personnel du Ministère de l'Éducation, qui porte sur des pratiques de salle de classe pertinentes, telles que la gestion des salles de classe surpeuplées, les approches d'apprentissage accéléré et les classes multiniveaux. Ces formateurs transmettent ensuite leurs connaissances à d'autres enseignants qui vont participer au programme, suivant un modèle de formation en cascade. Le Ministère de l'Éducation détermine l’emplacement de tous les Centres de la deuxième chance. Ceux-ci emploient des enseignants de différentes disciplines venant d’écoles locales, une équipe administrative, un directeur d’école ou à un gestionnaire, et au moins un conseiller psychosocial et d'autres salariés. 

« Nous avons toujours besoin de davantage de ressources, y compris pour les fournitures de base. »

À ce jour, 113 228 apprenants ont bénéficié du Programme de la deuxième chance, dont plus de 50 % sont des filles. Pour compléter ces interventions, l'UNESCO a dispensé une formation au soutien psychosocial pour les conseillers, contextualisé et produit 40 000 manuels de soutien psychosocial destinés à être distribués aux enseignants et aux conseillers. L’UNESCO a également mobilisé des fonds qui ont permis de rénover 12 écoles. Bien que ces progrès soient encourageants, des défis subsistent. L’un des enseignants du Programme de la deuxième chance a déclaré : « Nous avons toujours besoin de davantage de ressources, y compris pour les fournitures de base. »

C’est au Yémen, en 2017, que le programme CapED a commencé la formation au soutien psychosocial. À la fin du programme, il aura formé au soutien psychosocial des maîtres formateurs des deux parties au conflit, qui poursuivront cette action en formant des points focaux dans les gouvernorats locaux. Ceux-ci, à leur tour, formeront jusqu'à 320 enseignants des écoles primaires et secondaires dans 24 écoles. Le Programme CapED a reproduit cette initiative de soutien psychosocial en Syrie et l'a développée pour la proposer dans le cadre du Programme de la deuxième chance.