La Directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay a ouvert le Congrès Mondial des Ecoles de Journalisme à Paris

22/07/2019

Le WJEC, qui s’est tenu à l’Université Paris-Dauphine du 9 au 11 juillet 2019, est l’unique événement mondial consacré exclusivement à l’enseignement du journalisme. Il rassemble des professionnels, chercheurs et formateurs en journalisme du monde entier (600 participants venant de plus de 70 pays) afin d’échanger autour des bonnes pratiques, des innovations et des défis pour le journalisme et son enseignement. Organisé tous les trois ans, c’est la première fois qu’il se déroulait en France, fêtant ainsi son 15e anniversaire.

Pascal Guénée, Président du WJEC Paris 2019 et Directeur de l'IPJ Dauphine, a lancé la cérémonie d'ouverture en soulignant les thèmes abordés lors de ce congrès : innovation, diversité, pédagogie mais aussi manipulation de l'information, le traitement des questions environnementales et la sécurité des journalistes. Joe Foote, Président du Conseil Mondial des Ecoles de Journalisme, est revenu sur l'histoire de la création et du développement de cet événement.

« Le thème du congrès « Enseigner le journalisme à l’ère de la “disruption” » est particulièrement stimulant. Il est vrai que la formation au journalisme fait face à des enjeux importants, des chocs, des tournants qui se reflètent dans les problématiques traitées, comme les défis éthiques à l’ère du numérique, la propagation de fausses nouvelles et la recherche de la vérité, les enjeux de sécurité et la responsabilité par exemple face à la couverture des attentats. Ce congrès est donc une très belle opportunité pour réfléchir aux évolutions des pratiques pédagogiques, tester de nouvelles idées, penser les transformations et les nouveaux défis de la formation en journalisme » a continué Isabelle Huault, Présidente de l’Université Paris-Dauphine, lors de son allocution officielle.

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a ensuite été invitée à prendre la parole. Dans son discours d'ouverture, elle a rappelé la mission de l’UNESCO : faciliter la libre circulation des idées et donc la liberté de la presse, en assurant un travail de veille et d’alerte sur la situation des journalistes partout dans le monde, un travail normatif et préventif pour améliorer les situations nationales en accompagnant les pays pour faire évoluer leur cadre législatif sur ces questions et en leur offrant les moyens de renforcer leurs capacités.

Face à la “disruption” technologique actuelle, « la nécessité d’un journalisme professionnel n’est à mon sens que plus ardente. Ce journalisme est un bien public de plus en plus indispensable. Parce que la vérité n’est pas un bien public comme les autres, la vérité n’a pas de ministère, elle doit être produite, élaborée mais aussi garantie par des consciences libres et désintéressées, indépendantes du pouvoir politique, économique et technologique. Ce sont ces consciences libres que nous devons protéger, soutenir et promouvoir non pas uniquement pour leur propre bien mais pour le bien commun puisque c’est leur fonction essentielle de permettre la construction de sociétés éclairées ; des sociétés où chacun dispose des outils intellectuels, des informations factuelles, des analyses argumentées qui permettent de faire des choix ; des choix, qui pour être libres, doivent être informées. Les médias professionnels sont ce qui permet à une société de décider en conscience de son destin » a souligné Mme Azoulay.

Suite aux questions posées par la salle, le Sous-Directeur général pour la Communication et l’Information de l’UNESCO Moez Chakchouk a également rappelé l’importance de l’engagement des médias vis à vis des objectifs du développement durable, par rapport au changement climatique mais également dans les domaines émergents au niveau notamment des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.

Dans le cadre de divers projets régionaux et nationaux, l'UNESCO à travers son Programme international pour le développement de la communication (PIDC), apporte son soutien à un certain nombre d'écoles de journalisme et développe des partenariats avec ces dernières pour les aider à atteindre un niveau d'excellence défini, en améliorant la formation du personnel, leurs programmes d’études, matériels pédagogiques et centres de ressources ainsi que leurs réseaux et compétences en gestion.

A cette fin, la série de l'UNESCO sur l'enseignement du journalisme propose des modèles de programmes et de manuels conçus pour être utilisés comme un cours complet, ou sur mesure pour répondre au paysage médiatique et aux besoins des élèves en journalisme au niveau local. Développés par des experts à la pointe de l'enseignement du journalisme, ils sont présentés dans une variété de formats et de langues.

Au cours de ce Congrès, l'UNESCO a distribué aux participants 1 400 exemplaires de ces outils de formation (sur l'égalité des sexes, la désinformation et le changement climatique, notamment). L'UNESCO a également invité des experts et des représentants des PMA et a sponsorisé une table ronde sur le changement climatique.