La Directrice générale de l’UNESCO se joint aux dirigeants du monde pour appeler à un engagement politique au plus haut niveau pour atteindre l’égalité des genres

01/10/2020

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a averti qu’il restait beaucoup à faire en faveur de l’égalité des genres alors que les dirigeantes et dirigeants du monde se sont rassemblés lors d’une réunion de haut niveau dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU afin de célébrer le 25ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (1995), qui, de façon visionnaire, ont établi un agenda pour l’autonomisation des femmes et des filles et appelé à la reconnaissance de leurs droits en tant que droits humains.

Il y a eu beaucoup de progrès depuis la 4ème Conférence Mondiale sur les Femmes en 1995, mais la lutte pour atteindre la pleine égalité des genres reste acharnée dans toutes les sociétés. [...] J’appelle les femmes partout dans le monde à être inspirées par les réussites extraordinaires de la Déclaration de Beijing et à prendre le contrôle dans tous les aspects de la vie et les domaines de la société pour construire un avenir meilleur pour toutes et tous

Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay

La recherche a montré que les femmes et les filles sont les plus touchées par le ralentissement économique, la violence, les conflits et le changement climatique ; la crise du COVID-19 n‎’y a pas fait exception. La pandémie et les fermetures d’écoles et confinements qu’elle a provoqués ont eu un impact disproportionné sur la vie et le bien-être de millions de femmes, mettant en péril nombre des objectifs de la Déclaration de Beijing.

La charge accrue des activités de soins non rémunérées a limité plus encore le temps consacré à l’apprentissage : plus de 767 millions de filles n’ont pas pu se rendre en cours à cause des confinements, dont 11 millions ne retourneront probablement pas à l’école. Selon l’ONU Femmes, la pandémie va pousser 47 millions de femmes et de filles supplémentaires sous le seuil de pauvreté.

La violence basée sur le genre s’est accrue de manière dramatique pendant les confinements partout dans le monde. Les femmes scientifiques, journalistes, artistes et créatrices se sont trouvées, et se trouvent toujours, face à un risque accru de différentes formes de harcèlement, de censure et d’abus, à la fois en ligne et hors-ligne.

Nous avons également pris la mesure réelle de l’inégalité entre les genres dans le numérique, puisque seulement 54% de femmes sont connectées à Internet depuis un appareil mobile, ce qui limite l’accès de millions de femmes à l’information et à une diversité des sources d’information nécessaire pour échapper à la désinformation.

767 millions

de filles n’ont pas pu se rendre en cours à cause des confinements dus au COVID-19

11 millions

de ces filles pourraient ne jamais retourner à l’école

47 millions

de femmes supplémentaires vont tomber sous le seuil de pauvreté

Seules 54%

des femmes sont connectées à Internet depuis un appareil mobile

Reconnaissant la vision des femmes qui sont entrées dans l’histoire à Beijing en 1995, la Directrice générale de l’UNESCO a déclaré que « la Déclaration et le Programme d’action de Beijing constituent l’exemple le plus puissant de la façon dont l’agenda international peut être écrit par et pour les femmes. Vingt-cinq ans plus tard, nous devons toujours beaucoup à ces femmes dirigeantes visionnaires et nous restons responsables auprès des futures générations pour nous assurer que le système multilatéral amplifie leurs voix et s’efforce d’atteindre une pleine égalité dans toutes les sociétés ».

Alors que nous observons les signes d’une récession imminente qui aura vraisemblablement des conséquences dévastatrices sur les plus pauvres et alors que les dépenses sociales sont susceptibles d’être réduites, les décideurs mondiaux ont la responsabilité collective d’agir pour que l’égalité des genres soit une priorité.

Des législations ambitieuses, des mesures et des politiques pour garantir l’égalité des genres sont nécessaires pour éviter des conséquences économiques, sociales, culturelles, politiques et environnementales néfastes qui mettront en péril les réussites au niveau international du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

L’UNESCO est déterminé à œuvrer avec ses partenaires pour faire de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes et des filles une force motrice centrale afin de faciliter la reconstruction après les conséquences socio-économiques et culturelles du COVID-19.

Le moment est venu de défendre et de faire avancer les droits humains des femmes et des filles.

Le moment est venu pour que la Déclaration de Beijing et son héritage portent pleinement leurs fruits.

Le moment est venu d’œuvrer en faveur d’une nouvelle Génération Egalité.