Speech

Discours d'ouverture de M. Salah Khaled, Directeur Régional du Bureau de l'UNESCO pour l'Afrique centrale à l'occasion de la revue annuelle et rencontre des partenaires du Programme O3

14/06/2021

10 juin 2021

 

Distingués partenaires,

Chers collègues,

Un grand Bonjour à tous de Yaounde, Cameroun.

 

C'est un plaisir pour moi de vous accueillir tous à la revue annuelle et à la réunion des partenaires du programme O3, au nom des pays participants de la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

 

Aujourd'hui, nous sommes réunis pour réfléchir aux progrès accomplis, pour célébrer nos réalisations et pour envisager les horizons futurs de ce programme phare qui vise à répondre à la demande la plus pressante du continent : comment assurer la prospérité et la résilience des générations futures, en renforçant l'éducation et le bien-être de la génération actuelle d'enfants et de jeunes en Afrique subsaharienne ?

 

Les défis auxquels sont confrontés les jeunes de notre région sont immenses. C'est pourquoi les objectifs du programme sont ambitieux. D'ici 2022, il devrait toucher 21 millions d'apprenants, 49,000 enseignants en formation initiale et 385,000 enseignants en activité. En outre, il vise à atteindre 31 millions de parents, tuteurs, chefs religieux et jeunes non scolarisés, par le biais d'activités d'engagement communautaire, et a ciblé 10 millions de jeunes à atteindre par le biais de plateformes sociales et de nouveaux médias.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Alors que nous sommes à mi-parcours du programme, je voudrais tous nous féliciter, partenaires gouvernementaux, société civile et partenaires multilatéraux ici présents, pour les progrès réalisés à ce jour. Nous avons obtenu des résultats remarquables, en naviguant souvent dans des conditions sociales et géopolitiques volatiles, incertaines, complexes et ambiguës. Des conditions dans lesquelles les intérêts et les perceptions des différentes parties prenantes doivent être pris en compte et négociés afin de progresser et de garantir le droit des jeunes à une éducation de qualité.

 

Je suis heureux de constater que nous avons déjà dépassé certains de nos objectifs, comme le nombre d'apprenants sensibilisés à l’ECS et le nombre d'enseignants formés à l’ECS. Nous avons également dépassé de manière significative nos objectifs de sensibilisation des membres de la communauté ainsi que des jeunes scolarisés ou non, à l'aide de plateformes multimédias.

 

En effet, le pouvoir accéléré des médias numériques et traditionnels pour susciter des conversations importantes et diffuser des informations a été utilisé à bon escient au cours du programme. Il reste cependant beaucoup à faire pour augmenter le nombre d'enseignants en service formés pour dispenser l'ECS, et nous devons continuer à faire des efforts concertés pour nous engager de manière significative auprès des parents, des chefs religieux, traditionnels et politiques afin d'obtenir un soutien pour la fourniture d'une éducation sexuelle de bonne qualité.

 

La pandémie de Covid 19 est un défi inattendu auquel nous nous sommes adaptés, en la transformant en opportunité d’innovation, non seulement en tant qu'individus, mais aussi en tant que porteurs de devoirs chargés de veiller à ce que le secteur de l'éducation s'adapte et protège la santé des apprenants et du personnel éducatif, tout en veillant à ce que l'apprentissage ne s'arrête jamais.

 

Nous avons été en mesure de faire pivoter notre programmation et d'utiliser des solutions à faible technologie et à forte couverture, comme la radio, pour atteindre les apprenants les plus éloignés, tout en tirant parti de la pénétration croissante des téléphones portables dans la région pour mettre des informations essentielles directement dans la poche des jeunes de la région. J'ai été ému par le témoignage de deux jeunes filles de Bamako, au Mali, qui, dans un état de fragilité mentale, envisageaient de mettre fin à leur grossesse non désirée, mais qui ont eu la présence d'esprit d'utiliser l'application mobile Hello Ado pour obtenir de l'aide et recevoir une assistance psychologique et médicale, qui les a empêchées de recourir à des avortements dangereux.

 

Ne sous-estimons pas le pouvoir d'une information précise et opportune sur la santé sexuelle et reproductive, délivrée par une source fiable, pour sauver des vies.

 

Mesdames et messieurs,

 

Il reste beaucoup à faire et le programme compte de nombreuses étapes importantes qui doivent encore être franchies. Je suis heureux de constater que nous avons renforcé la capacité de nos ressources humaines au Sahel et j'ai toute confiance que nous verrons des résultats significatifs au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal grâce aux efforts de nos partenaires au sein du gouvernement et de la société civile, avec le soutien de notre équipe renforcée dans ces pays.

 

Permettez-moi de saisir cette occasion pour féliciter le Nigeria pour son nouveau statut de pays d'accélération du programme. La force et l'ampleur accrues de nos efforts pour améliorer les résultats en matière d'éducation et de santé pour les adolescents et les jeunes au Nigeria reflèteront désormais mieux le fait qu'il s'agit du pays le plus peuplé d'Afrique, et témoignent également de l'environnement favorable cultivé pour la mise en œuvre du programme O3.

 

Chers collègues.

 

Aujourd'hui plus que jamais, les résultats comptent. Les budgets nationaux subissent une pression énorme pour faire face à la pandémie et le financement de l'éducation est un investissement pour lequel nous devons continuer à plaider. Nous devons nous tenir responsables devant les bénéficiaires finaux de notre travail et continuer à nous efforcer de concrétiser la vision de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, à savoir une Afrique dont le développement est piloté par les populations, qui s'appuie sur le potentiel des Africains, en particulier des femmes et des jeunes, et qui prend soin des enfants.

 

Je ne peux conclure sans exprimer notre appréciation et gratitude à nos donateurs et partenaires, et lancer un appel pour une extension du programme a de nouveaux pays en grands besoin en Afrique centrale, notamment le Burundi, un pays en énorme besoin et qui vit un vrai changement de contexte socio-politique.

 

Je vous remercie encore une fois de votre présence aujourd'hui et nous souhaite d'excellentes délibérations.