Les écoles de l'UNESCO donnent espoir aux réfugiés syriens au Liban

29/10/2019

Asma Al Ahmad a fui le conflit de la République arabe syrienne et trouvé refuge au Liban, dans la région de la Bekaa. Cette jeune fille de 16 ans a été privée d'éducation pendant deux ans, vivant dans un camp de réfugiés à Saadnayel. L'année dernière, elle a eu l'occasion de reprendre ses études dans un collège créé par l'UNESCO pour offrir aux jeunes Syriens déplacés des programmes éducatifs complémentaires.

« M’inscrire dans cette école m'a redonné espoir » dit Asma. « L'espoir d’avoir un avenir et de réussir dans la vie. L'espoir de pouvoir un jour réaliser mon rêve : devenir ingénieur. »

La guerre en Syrie a provoqué des déplacements de grande envergure dans la région et à travers le monde, perturbant de nombreux secteurs sociaux vitaux dans les pays d'accueil. Elle a fait peser une pression considérable sur les communautés, en particulier dans le secteur de l'éducation. À lui seul, le Liban a accueilli environ 1,1 million de réfugiés, dont 483 000 sont en âge d'être scolarisés (entre 3 et 18 ans). Dans de telles circonstances, il est absolument nécessaire de renforcer les capacités et de créer des cadres d'apprentissage inclusifs et pacifiques pour accueillir les enfants syriens, les encourager à se sentir inclus et à s'inscrire à l'école. Ce sont en effet des années critiques pour les élèves qui ont perdu tout à la fois leur maison et leurs rêves. Selon les estimations de l'ONU, seulement 3 % des réfugiés syriens âgés de 15 à 18 ans achèvent leurs études secondaires.

« Tout ce que je souhaite, c'est que de plus en plus de réfugiés syriens s'inscrivent dans cette école et qu’ils ne soient pas privés de leur droit à l’éducation » dit Asma.

Le Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation dans les États arabes, qui bénéficie du financement du Centre d'aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief / Arabie saoudite) offre des parcours éducatifs innovants et diversifiés aux enfants et aux jeunes syriens au Liban, pour que les jeunes, femmes et hommes, pendant ces années cruciales de leur formation, ne soient pas laissés sans aucune possibilité de vie et de travail.

Accroître les possibilités d'apprentissage pour les enfants réfugiés syriens

Le projet « Soutenir l'achèvement de l'éducation de base pour les réfugiés syriens au Liban » cible plus de 8 200 enfants réfugiés, dans le but d’accroître les possibilités d'apprentissage et de faire en sorte que les élèves syriens en situation de risque au Liban continuent d’aller à l’école, en particulier au niveau du collège et du lycée. Ce projet est lié à des initiatives portant sur l'éducation des Syriens au Liban, en s’efforçant de combler les lacunes et de compléter les efforts en cours.

Grâce au financement de KSRelief, le Bureau de l'UNESCO à Beyrouth et l'ONG libanaise Kayany Foundation ont lancé les « Collèges de l'UNESCO pour soutenir l'éducation des réfugiés syriens au Liban » à Saadnayel et Meksseh, dans la région de la Bekaa. Les écoles appliquent un « Programme de soutien éducatif complémentaire » qui cible les enfants risquant de décrocher de l'école, ce qui leur permet de reprendre le cours de leurs études, de rejoindre la classe correspondant à leur âge et d'améliorer leur capacité à continuer leurs études.

« Lorsque je me suis inscrite à l'école après deux ans d'interruption, j'ai réalisé que mon niveau d’instruction était très bas » a déclaré Asma. « Mais j'étais déterminée à réussir. En quelques mois, je suis passée de la première à la 5e année. J'adore cette école parce qu'en plus des cours habituels, elle nous donne aussi l'occasion d’avoir différentes activités parascolaires. Tout nous est fourni : livres, fournitures, sacs d'école, et même repas. »

En outre, le Bureau de l'UNESCO à Beyrouth a formé les enseignants et les membres du personnel administratif des écoles à fournir un soutien psychosocial aux élèves touchés par la crise, sur la base d’un matériel innovant qu'il a développé comme le « Teacher Guide Kit: Psychosocial Support and Learning in Difficult Circumstances ».

« Nous nous occupons d'enfants qui ont tout perdu : leur maison, leur cadre scolaire, leur famille » a déclaré Mme Nahed El Kholy, enseignante à l'école de l'UNESCO de Meksseh. « Ils ont de graves problèmes psychologiques et nous devons être attentifs à leurs vulnérabilités pour leur enseigner. Grâce à la formation que nous offre l'UNESCO, nous apprenons à traiter avec ces élèves et à assurer au mieux leur bien-être. »

Mme Samar Jomrok, qui a fui Homs en 2012 et enseigne à l'école de Meksseh, affirme que les écoles de l'UNESCO sont particulièrement efficaces pour attirer les élèves et les remettre sur le bon chemin. « Les élèves établissent une relation avec leurs enseignants, ils s'identifient à eux, précisément parce qu'ils sont de la même communauté. De même, les enseignants ont une capacité naturelle à comprendre les besoins psychosociaux des élèves parce qu'ils ont connu la même expérience humaine du déplacement et de la guerre » dit-elle.

Programme de soutien professionnel pour les femmes réfugiées

Par-delà l'éducation des enfants, le projet offre également un programme de soutien professionnel qui vise à autonomiser plus de 2 000 femmes réfugiées syriennes et palestiniennes. Il consiste à leur dispenser des compétences pour accroître le revenu familial, améliorer leur bien-être et augmenter le nombre d'enfants qui retournent à l'école. Les cours de formation se concentrent sur des sessions professionnelles de courte durée dans les domaines de la couture, de la broderie, du tricot, de la coiffure, de la cuisine, du marketing et des technologies de l'information. Le projet offre également des séances de soutien psychosocial pour renforcer la résilience des femmes réfugiées et les aider à faire face aux crises.

Le projet prévoit aussi des cours de rattrapage et d’aide aux devoirs pour les enfants syriens et palestiniens réfugiés et en situation de risque, en collaboration avec le ministère libanais de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Au cours de l'année scolaire 2019-2020, l'UNESCO élaborera conjointement avec le Ministère un contenu national d'apprentissage accéléré pour l’aide aux devoirs, visant à améliorer l'apprentissage des enfants en situation de risque et leur permettant d’achever leur éducation de base.

Par le biais du programme « Soutenir l'achèvement de l'éducation de base pour les réfugiés syriens au Liban », l'UNESCO et ses partenaires ne se contentent pas d’offrir un enseignement aux enfants réfugiés syriens. Ils leur donnent aussi l'espoir de ne pas être une génération perdue.

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