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Les écoles, plus qu’un simple lieu de savoir – points essentiels du webinaire de l’UNESCO

05/05/2020

Lorsque les plus de 800 000 élèves namibiens retourneront en classe après la longue période de confinement due au COVID-19, les écoles auront bien changé. Le gouvernement prévoit d’assurer un accès à un point d’eau pour se laver les mains à tous les élèves, le nettoyage et la désinfection des locaux, et des toilettes séparées pour les filles et les garçons.

Cependant, compte tenu des conditions réelles qui prévalent dans les écoles namibiennes et les autres établissements d’enseignement, ces objectifs d’hygiène pourraient être difficiles à atteindre. Malgré le faible nombre de cas de COVID-19 signalés en Namibie, les sureffectifs scolaires rendent l’application des mesures de distanciation sociale problématique. En outre, les enseignants pourraient avoir du mal à respecter et faire respecter systématiquement la règle de lavage des mains. La disponibilité et le remboursement des moyens financiers nécessaires risquent par ailleurs de ralentir la mise en œuvre de ces mesures.

Mme Sanet Steenkamp, Directrice générale du Ministère namibien de l’éducation, des arts et de la culture, a fait état de ces difficultés lors d’un webinaire organisé le 30 avril sur le thème « Préserver la santé et le bien-être des jeunes scolarisé(e)s en période de fermeture des écoles et lors de leur réouverture ». Ce webinaire, le septième d’une série de réunions organisées par l’UNESCO sur la réponse éducative au COVID-19, a examiné comment les secteurs de l’éducation et de la santé peuvent appliquer des stratégies fondées sur des données probantes afin de promouvoir et protéger la santé et le bien-être des élèves.

Le webinaire s’est penché sur les multiples problèmes liés à la santé et au bien-être qui sont apparus partout dans le monde. En effet, au niveau mondial, 365 millions d’enfants se sont vus privés d’accès aux programmes d’alimentation scolaire dont ils dépendent, d’autres ont été exposés à des violences domestiques ou en ont subi, et beaucoup ont été exposés aux risques accrus qui surviennent sur le plan de la santé sexuelle et reproductive lorsque les écoles ferment pendant plus de quelques semaines. Les élèves appartenant à certains des groupes les plus vulnérables sont les plus touchés, notamment les filles, car la pandémie de COVID-19 accentue les écarts socioéconomiques toujours croissants entre élèves.

Conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la santé et le bien-être

Nous avons plus que jamais conscience du lien entre l’éducation et la santé, a déclaré Mme Vibeke Jensen, Directrice de la Division de l’éducation pour la paix et le développement durable de l’UNESCO, en ouvrant le webinaire. « Cette pandémie sans précédent a des effets dévastateurs sur la santé. Elle entraîne également d’autres conséquences, moins visibles. Les mesures strictes de confinement, la fermeture des établissements d’enseignement et lieux de travail, et la perte de revenus subie par de nombreuses familles ont eu et continueront d’avoir de graves effets négatifs sur l’éducation, la santé mentale et le bien-être ».

Une enquête menée récemment auprès de 6 000 jeunes Thaïlandais a révélé que plus de 7 enfants et jeunes sur 10 déclarent que la pandémie a une incidence sur leur santé mentale, engendrant stress, inquiétude et anxiété. Mme Suphaphit Chaiyadit, Présidente du Conseil thaïlandais pour l’enfance et la jeunesse, a indiqué que cette enquête, réalisée en partenariat avec les Nations Unies, avait fait ressortir la nécessité de renforcer les soins de santé mentale pour les élèves. « Aidez-nous à susciter une mobilisation en faveur des enfants et des jeunes. Les élèves ne sont pas différents des adultes qui doivent aller travailler malgré l’épidémie », a-t-elle demandé.

Mme Carmen Burbano de Lara, Directrice de la Division de l’alimentation scolaire du Programme alimentaire mondial, a appelé l’attention sur le grand nombre d’enfants privés de repas scolaires essentiels. « Dans le monde, 369 millions d’enfants sont privés de repas scolaires, dans presque tous les pays touchés, a-t-elle déclaré. Plus les enfants restent en dehors de l’école, moins il y a de chances qu’ils y retournent, en particulier les filles. Il faut donc prendre des mesures pour inciter les familles à renvoyer leurs enfants en classe lors de la reprise. Les repas sont l’un des principaux facteurs d’incitation. Si les gouvernements ne font pas le nécessaire pour mettre en place ces mesures, et si les institutions ne sont pas là pour apporter leur aide, nous prenons le risque que toute une génération d’enfants ne reçoive pas d’éducation. »

Promouvoir la santé et le bien-être pendant la fermeture des écoles et lors de leur réouverture

De nombreux pays adoptent des pratiques innovantes pour préserver la santé et le bien-être pendant la pandémie de COVID-19. En Écosse, le gouvernement a mis en place des « centres » gérés par des bénévoles pour fournir des services aux familles, notamment aux personnes qui occupent des emplois essentiels, a expliqué Mme Suzanne Hargreaves, responsable principale de l’éducation à Education Scotland. Ces services comprennent la fourniture de repas scolaires gratuits, la garde d’enfants et l’accès à des travailleurs sociaux.                                                          

En Jamaïque, le gouvernement apporte un soutien aux enseignants pour dispenser aux élèves du primaire et du secondaire des cours d’éducation à la santé, spécialement conçus pour les plates-formes d’apprentissage à distance – en ligne, à la télévision et à la radio, a expliqué Mme Anna-Kay Magnus Watson, Coordonnatrice nationale pour l’éducation à la santé et à la vie de famille, le VIH et le SIDA au Ministère jamaïcain de l’éducation. Les thèmes traités incluent la bonne alimentation, l’exercice physique, le bien-être émotionnel et mental et la santé sexuelle et reproductive.

Alors que les mesures de confinement sont progressivement levées dans les différents pays du monde, et qu’élèves et enseignants se préparent à reprendre le chemin de l’école, les pays doivent être prêts non seulement à la continuité pédagogique, mais à privilégier la santé et le bien-être de la communauté scolaire.

La nécessité d’accorder une place prioritaire à l’hygiène dans les écoles est plus grande que jamais, a déclaré Mme Seung Lee, Directrice générale pour la santé et la nutrition scolaire à Save the Children. Mme Lee a insisté sur le besoin urgent d’eau salubre et de systèmes d’assainissement dans les écoles, notamment pour assurer l’accès à l’eau potable, à des installations sanitaires non mixtes en bon état, et à de l’eau et du savon pour le lavage des mains. « Aujourd’hui, plus que jamais, il est primordial de partager et reproduire les politiques prometteuses afin de garantir la continuité pédagogique et de promouvoir la santé et le bien-être des élèves et de la communauté scolaire », a-t-elle affirmé.