L'économie verte réconcilie les gens et la nature au Ghana

22 Décembre 2017

Les habitants de la réserve de biosphère de Bia, au Ghana, sont très dépendants des ressources venant de la forêt. Ce sont principalement des cultivateurs de cacao, qui récoltent le miel sauvage, les champignons et d'autres produits forestiers non ligneux pendant la période creuse pour compléter leurs revenus. Cette pratique, combinée à la croissance de la population dans la région, a mis à rude épreuve la réserve de biosphère et entraînait un taux d'épuisement des ressources naturelles alarmant. L'UNESCO et l'Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) ont travaillé avec les communautés locales pour soutenir des initiatives d'économie verte dans la réserve de biosphère permettant d'offrir des alternatives de revenus tout en réduisant la dépendance excessive des populations locales aux ressources forestières. Le but ultime est d'améliorer le statut socio-économique des communautés locales tout en conservant la biodiversité.

Le projet « Économie verte dans les réserves de biosphère (GEBR) : un moyen de conservation de la biodiversité, de réduction de la pauvreté et de développement durable en Afrique subsaharienne » a été mis en œuvre dans trois réserves de biosphère: Bia (Ghana), Omo (Nigeria) et Usambara Est (Tanzanie). Il a été lancé au Ghana en septembre 2013, par des consultations approfondies avec la population locale, pour identifier les options de moyens de subsistance possibles et préférables. Les activités identifiées étaient : la production de champignons, l'apiculture, l'élevage d'escargots et la production d'huile de palme. En tout, 235 bénéficiaires directs, dont 91 femmes, ont été soutenus et formés pour entreprendre ces alternatives vertes. Afin d'assurer la pérennité de leurs moyens de subsistance, ils ont également été formés à la comptabilité, au marketing et à l'emballage et au réinvestissement des bénéfices dans leurs activités.

 

Outre les formations, les bénéficiaires ont reçu des équipements de démarrage tels que des ruches, des vêtements de protection pour la récolte du miel, des escargots et des champignonnières. Des centres de traitement des fruits de palmier ont été construits dans deux communautés près de la réserve de la biosphère de Bia, Elluokrom et Essuopri. Ce sont les communautés qui comptent le plus grand nombre de personnes - majoritairement des femmes - qui dépendent de la production d'huile de palme pour leur subsistance. « Les machines de traitement de l'huile de palme ont rendu mon travail plus efficace », explique Nana Abena Ataah. « Je suis maintenant en mesure d'extraire plus d'huile de palme, que je vends pour obtenir un bon revenu. » Pour montrer leur engagement au projet dont ils sont parties prenantes, les chefs d'Elluokrom et d'Essuopri ont fait don des terres pour les centres de transformation des fruits.

De plus, une maison d'incubation de champignons a été construite au siège de la réserve de biosphère de Bia, à Kunkumso, pour assurer la durabilité de la production et l'approvisionnement en substrats de champignons inoculés aux bénéficiaires. « Avant la mise en place du projet, la culture du cacao était ma seule source de revenus », explique Georgina Kyeremaah. « J'ai donc eu des difficultés financières pendant les périodes creuses de la culture du cacao. Depuis que je suis devenue productrice de champignons, je peux en vendre pour augmenter mes revenus pendant ces périodes. »

Le projet a eu un impact positif sur le statut socio-économique des bénéficiaires, qui ont été en mesure de diversifier leurs sources de revenus sans épuiser les ressources naturelles de leur environement. Les communautés locales sont également devenues plus conscientes de l'importance de la biodiversité et donc de la réserve de biosphère pour leur propre existence. M. Richard Boakye, directeur adjoint de la réserve de la biosphère de Bia et agent des relations communautaires, a déclaré: « Depuis 2013, aucun bénéficiaire ne pénètre dans l'aire principale de conservation pour extraire des ressources, sauvages ou forestières. Donc, clairement, le projet contribue à préserver la réserve de biosphère. »

Ce projet est un exemple des nombreuses manières dont les réserves de biosphère promeuvent des solutions conciliant la conservation de la biodiversité avec son utilisation durable dans le monde.