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Education aux médias et à l’information : contribution de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à la révision du Programme de formation des enseignant(e)s

13/07/2020
04 - Quality Education
16 - Peace, Justice and Strong Institutions

La Cinquième consultation régionale de l’UNESCO, pour recueillir les contributions à la révision du « Programme de formation des enseignants et enseignantes à l’Education aux médias et à l’information (EMI) », a été organisée, en ligne, ce 07 juillet 2020, avec la participation de plusieurs parties prenantes dont les institutions de formation des enseignant(e)s, les organisations de médias, les organisations de jeunesse et plusieurs jeunes et spécialistes, des pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le Programme de formation des enseignant(e)s à l’EMI a été élaboré par l’UNESCO en 2012 et a, depuis lors, connu plusieurs traductions, adaptations et pilotages à travers le monde. Cependant, les évolutions sociales et technologiques de ces dernières décennies qui impactent durablement les pratiques, rapports et interactions avec les médias et l’information imposent une révision de ce programme. L’UNESCO a opté pour un processus participatif avec l’organisation d’une série de consultations régionales. Celle organisée ce mardi 07 juillet 2020 par le Bureau multisectoriel régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest-Sahel, en collaboration avec le Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale et les bureaux nationaux des deux régions, au bénéfice des pays francophones d’Afrique de l’Ouest est du Centre, en fait partie.

 

C’est plus d’une soixantaine de personnes qui ont pris part à cette rencontre organisée en ligne (en raison du contexte de la Covid-19). Elles étaient pour la plupart des acteurs et actrices des secteurs de l’éducation, de l’innovation numérique, de la jeunesse et des médias. La consultation a été rehaussée par la présence effective des Ministres respectivement de l’Enseignement primaire du Niger, Dr Daouda Marthé, et de la Communication et des Relations avec le Parlement du Burkina Faso, M. Rémis F. Dandjinou. De même, le Sous-directeur général de l’UNESCO pour la communication et l’information, M. Moez Chakchouk, et les Directeurs régionaux de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest-Sahel et du Centre, respectivement, M. Dimitri Sanga, et M. Salah Khaled.

La rencontre avait pour objectifs principaux d’une part de collecter les contributions pour la mise à jour du programme de formation des enseignants et enseignantes, et d’autre part, de formuler des recommandations pour la promotion de l’Education aux médias et à l’information en Afrique francophone.  Situant l’EMI dans les domaines de compétence de l’UNESCO, M. Moez Chakchouk a fait remarquer qu’elle participe notamment « à la réalisation des Objectifs de développement durable 4, 5, 11, 16 et 17, en favorisant l’engagement civique de tous et toutes ». Il a aussi cité l’émergence de nouveaux concepts et des avancées technologiques, notamment l'intelligence artificielle, la citoyenneté mondiale, et la citoyenneté numérique, pour justifier la nécessité de réviser le programme. Pour sa part, M. Dimitri Sanga, a rappelé qu’elle (l’EMI) « apporte une réponse à plusieurs enjeux majeurs de notre société dont la centralité de la participation citoyenne au débat public ; la démocratisation des processus de création, diffusion et d’accès à l’information ; le flux toujours croissant et la coprésence de la désinformation, mésinformation et l’information ; etc. ».

 

Quelques études existantes sur l’EMI en Afrique francophone, montrent que les programmes éducatifs de plusieurs pays permettent de développer quelques compétences que l’on pourrait associer à l’EMI, cependant, selon la chercheure Géraldine Apo, co-auteure d’une étude sur « l'éducation aux médias et au numérique dans les curricula dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest », intervenant pendant la consultation, l’EMI « mérite d'être fixée et nommée dans les curricula, pour rendre l'apprentissage plus accessible aux apprenants. […] Il faut franchir le pas d'aller d'une éducation par les médias à une éducation aux médias et à l’information ». Le Gabon, qui, à travers Dr. Marie Rose Ova de l’Ecole Normale Supérieure, a partagé son expérience sur l’adaptation et l’intégration du Programme de formation à la maîtrise des médias et l’information, est apparût comme une exception dans la région. L’EMI connaît un regain d’intérêt par l’action des organisations de la société civile comme Educommunic Afrik (Burkina Faso) et Eduk-Media Cameroon auprès des jeunes.

Pour le Ministre de l’enseignement primaire du Niger, M. Daouda Marthé, revenant sur l’expérience de son pays face à l’exigence d’une éducation de qualité, le système éducatif du Niger « accorde une attention particulière au numérique pour permettre aux apprenants de se familiariser avec les NTIC. L'Education aux Médias et à l’Information n'est donc plus une option mais une nécessité. »

 

En effet, « il est indéniable que les medias font partie intégrante aujourd’hui de notre quotidien, créant de nouveaux espaces de discussion et participant aux débats démocratiques et à la bonne gouvernance. Il est donc nécessaire de poser la réflexion d’une véritable adaptation locale de l’EMI, mais plus encore de renforcer les capacités du citoyen pour ainsi participer pleinement aux efforts de développement», a souligné dans son discours d’ouverture le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement du Burkina Faso, M. Remis Fulgance Dandjinou.

Modérée par M. Michel Kenmoe, Conseiller régional et chef de la section Communication et Information de l’UNESCO à Dakar, la consultation a donné lieu à des échanges portant non seulement sur les expériences nationales en matière d’EMI mais aussi sur l’identification de nouvelles thématiques et compétences à l’EMI. En effet, les participant(e)s à cette Consultation régionale se sont accordés sur la nécessité de prendre des initiatives, avec l’appui des Organisations de la société civile, pour promouvoir l’EMI en Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

La rencontre a ainsi permis de recueillir une cinquantaine de contributions ainsi que de nombreuses recommandations portant entre autres sur la mise en place ou la redynamisation de réseaux des organisations de jeunesse pour la promotion de l’EMI ; la mobilisation des associations de jeunesse et des espaces d’innovation numérique pour promouvoir les compétences EMI ; etc. La rencontre s’est achevée avec les mots d’encouragement de M. Salah Khaled, Directeur du Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale, qui en a profité pour rappeler, entre autres, qu’outre les conclusions de la consultation, les contributions écrites sont attendues jusqu’au 15 juillet 2020.