Les élèves chefs de file pour promouvoir une initiative d’écoles vertes en Hongrie

04 Mai 2018

students_take_the_lead_to_spread_an_eco-schools_initiative_in_hungary.jpg

© Eszterházy Károly Universit, Hungarian Institute for Educational Research and Development

Un programme d'écoles vertes en Hongrie connaît un tel succès qu’il a créé sa propre dynamique menée par les élèves.

Le programme flexible, mis au point par l'Institut hongrois pour la recherche et le développement en éducation (HIERD), a été créé en 2000 avec 40 écoles pilotes. Il suit une approche à l'échelle de l'école pour introduire les principes de durabilité de manière pratique ainsi que par l’étude des thématiques.

 « La meilleure surprise est de constater que ce que nous avons considéré comme une initiative descendante est le plus souvent mené par des enfants qui veulent participer activement. Depuis l'adoption des Objectifs de développement durable, la société hongroise est devenue de plus en plus verte, ce qui aide énormément car de plus en plus d’écoles veulent se sentir actives dans ce domaine. Nous avons même une direction de la durabilité environnementale dans le bureau du Président ! », a dit Attila Varga, chef d'équipe et chercheur principal du programme Écoles vertes.

La Hongrie fait face à des défis environnementaux spécifiques. Actuellement, la mauvaise qualité de l'air fait l’objet de toutes les attentions, le problème étant souvent pire dans les villages que dans les villes car les gens brûlent du bois et des ordures pour se chauffer.

Le programme Écoles vertes rend les établissements éducatifs plus durables et intègre les questions environnementales dans le programme scolaire. Il est déjà en place dans un quart des écoles hongroises, ou plus exactement, à la fin de l'année 2017, 1134 écoles hongroises détenaient le label « École verte » avec 350 012 élèves et 34 890 enseignants.

Les écoles se portent volontaires pour rejoindre le réseau et travaillent pour obtenir le label « École verte » en commençant par une évaluation complète et détaillée de l'environnement scolaire et de la pédagogie.

« Nous offrons un cadre flexible et un système de points pour les écoles qui diffèrent évidemment selon le contexte. Une école de village peut obtenir des points pour la création d'un jardin scolaire tandis qu'une école urbaine peut obtenir ses points pour avoir mis en place des techniques d'économie d'eau », a expliqué M. Varga.

Ce qu'ils doivent tous fournir, c'est un plan d'action annuel suivi d’une évaluation continue de la réussite de leurs projets. Les enfants sont impliqués dès le début, depuis le choix de leurs sujets d’études jusqu’à la création d'un conseil d’élèves pour conduire certaines parties de l'auto-évaluation et de l'évaluation.

Au niveau du personnel, chaque employé de l'école participe au développement de la vision de l'école. Dans la formation des enseignants, les aides pédagogiques et les formations continues du programme soutiennent l'engagement des élèves dans la création d'environnements d'apprentissage basés sur la pratique.

Les activités vont des excursions aux projets environnementaux et aux expositions organisées pour la communauté locale, en passant par les patrouilles scolaires où les élèves vérifient et collectent des données sur la consommation d'énergie, et les Parlements verts locaux où les élèves sont associés à la prise de décisions réelles avec les mairies locales. Le programme s'étend également au-delà des portes de l'école. Depuis 2015, les critères pour obtenir le label comprennent le service communautaire, qui permet aux adolescents de se transformer eux-mêmes ainsi que la communauté dans laquelle ils vivent.

« Surtout, les écoles doivent continuer à évoluer. Pour nous, aucune école n’a jamais « achevé » ses activités de développement durable », a dit M. Varga.

Le programme a eu un tel succès qu’il a été élargi au programme Écoles maternelles vertes. Il intéresse également l’enseignement supérieur et la formation des enseignants.

« Oui, nous avons un petit frère ou une petite sœur du réseau Écoles vertes qui comprend un millier d’écoles maternelles », a dit M. Varga. « Le fait que l’école maternelle soit obligatoire pour les enfants de 3 à 6 ans en Hongrie et qu’elle mette déjà l’accent sur les activités en plein air facilite les choses. Dans un sens, il est même plus facile d’intégrer l’EDD dans les activités avec les plus jeunes enfants car les études sont plus flexibles et libres. »

Les activités pour les jeunes enfants incluent des écoles maternelles en forêt, où les enfants passent plusieurs jours en plein air pour apprendre à propos des plantes et des animaux. La découverte des traditions locales lors de fêtes comme Noël, dans le respect de l’environnement, en s’offrant des cadeaux, est aussi une bonne manière de sensibiliser les enfants aux questions de durabilité.

« Le programme est un succès mais beaucoup de travail reste à accomplir. L’objectif à long terme est de sensibiliser toutes les écoles hongroises. Surtout, nous œuvrons pour que les jeunes développent un état d’esprit plus optimiste. Nous leur disons que l’avenir n’est pas décidé, qu’il ne dépend que d’eux », a dit M. Varga.