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Un engagement, pas une célébration, pour la première Journée internationale de l’éducation

30 Janvier 2019

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Getty Images / monkeybusinessimages

Le 24 janvier 2019, les Nations Unies ont marqué la première Journée internationale de l’éducation en lançant un appel à s’engager plutôt qu’à célébrer, lors d’une manifestation au Siège de l’ONU.

« Nous avons besoin d’un investissement constant et renouvelé dans l’éducation pour réaliser l’Agenda 2030 », a déclaré le Secrétaire d’État auprès du Ministère des affaires étrangères de la Norvège, Jens Frolich Holte, rappelant que son pays avait doublé l’aide à l’éducation en quatre ans, et qu’il était prévu d’accroître encore le soutien.

L’éducation, moteur principal de l’inclusion et de l’autonomisation

Organisé conjointement par l’UNESCO et les missions permanentes du Nigéria, de l’Irlande, de Singapour, du Qatar et de la Norvège, l’événement a mis l’accent sur l’éducation en tant que principal moteur de l’inclusion et de l’autonomisation.

Lors de l’ouverture, la modératrice, Mme Geraldine Byrne Nason, Ambassadrice et Représentante permanente de la République d’Irlande auprès des Nations Unies, a déclaré que l’éducation, une priorité absolue pour son pays, « [faisait] de la planète un lieu plus sûr et meilleur pour chacun d’entre nous. » Insistant sur la nécessité d’accroître les investissements en faveur de l’éducation des filles, elle a souligné qu’« investir dans l’éducation des filles [était] synonyme de durabilité pour la société, en bref, d’espoir pour l’avenir », annonçant que l’Irlande allait accroître ses investissements dans l’éducation.

Rappelant que 2030 n’était que dans 12 ans, la Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation, Stefania Giannini, a demandé un renforcement de la coopération et des investissements accrus à tous les niveaux. « C’est un investissement qui a des retombées importantes pour les populations et les sociétés. Nous invitons les chefs d’État, lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, à exprimer clairement leur engagement vis-à-vis de l’éducation. Nous espérons que l’éducation et les compétences seront prises en considération par le G-7 et le G-20 et inscrites à l’ordre du jour des organisations régionales. »

« Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre ceux qui sont le plus laissés pour compte », a dit le professeur Tijani Muhammad Bande, Ambassadeur et Représentant permanent du Nigéria, pays à l’initiative de la Résolution qui a établi la Journée internationale de l’éducation. « Nous devons accroître la portée de l’éducation, améliorer les résultats de l’apprentissage, mais aussi créer des partenariats, promouvoir l’engagement politique et favoriser la prise de conscience. »

Le Qatar a évoqué les partenariats créés par le biais de la fondation Education Above All, qui couvrent 50 pays et atteignent 10 millions d’enfants, tandis que Singapour a souligné le rôle de l’éducation dans la promotion de l’engagement civique, des compétences interculturelles et des compétences numériques pour s’adapter aux nouveaux besoins du monde du travail. Annonçant la décision de son pays de s’associer à la résolution, la Représentante permanente adjointe Jophie Tang a dit qu’il s’agissait d’une première étape « pour favoriser une prise de conscience mondiale de l’importance de l’éducation et de son impact sur les sociétés ».

« Concrétiser la promesse de l’ODD 4 suppose de cibler spécifiquement les enfants le plus laissés pour compte, en adaptant les interventions pour répondre à leurs besoins éducatifs, en investissant dans les méthodes connues pour être efficaces, et en plaçant l’apprentissage au centre de nos efforts », a déclaré le Directeur général adjoint de l’UNICEF, Omar Abdi.

Faire de l’éducation universelle de qualité une priorité absolue

Dans un message vidéo diffusé à l’ouverture de la manifestation, le Pape François a exprimé son soutien aux « efforts de l’UNESCO pour promouvoir la paix dans le monde grâce à l’éducation ». « J’espère que l’éducation sera rendue accessible à tous, et qu’elle sera inclusive. »

Afin d’encourager davantage la collaboration autour de l’ODD 4, deux tables rondes ont fait entendre la voix du monde universitaire, du secteur des entreprises, de fondations et du Partenariat mondial pour l’éducation, en plus d’une intervention de Yasmine Sherif, la directrice de l’organisation Education Cannot Wait qui rassemble des acteurs de l’humanitaire et du développement œuvrant dans 19 pays touchés par des crises.

Le même jour, Mme Giannini a animé le lancement du Groupe des amis de l’éducation et de l’apprentissage tout au long de la vie, coprésidé par l’Argentine, la République tchèque, le Japon, le Kenya et la Norvège.  Le Groupe vise à hisser l’éducation en tant que priorité globale au Siège des Nations Unies et à renforcer les synergies entre le Comité directeur ODD – Éducation 2030 et les organes de décision des Nations Unies tels que l’Assemblée générale de l’ONU et le Forum politique de haut niveau. « Notre Groupe facilitera un plaidoyer aligné sur le rôle central de l’éducation pour atteindre l’ensemble des Objectifs de développement durable et s’efforcer de fournir aux États membres et aux acteurs concernés une plate-forme commune en vue de promouvoir les bonnes pratiques », a dit Koro Bessho, Ambassadeur et Représentant permanent du Japon auprès des Nations Unies, s’exprimant au nom des coprésidents.