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Selon une enquête pilote de l’UNESCO, les institutions de mémoire ont besoin de plans de préparation aux situations d'urgence

22/03/2021

La pandémie de Covid-19 a constitué une catastrophe majeure pour l’ensemble des institutions de mémoire, révélant leur manque quasi-total de préparation aux perturbations découlant de cette situation d’urgence de santé publique mondiale.

C'est dans ce contexte qu'une enquête pilote (en anglais) a été menée par l'UNESCO, par l’intermédiaire de son programme Mémoire du monde. Cette enquête visait à évaluer l'ampleur des risques de catastrophe auxquels les institutions de mémoire ont été exposées et la manière dont elles y ont fait face dans le cadre de leur préparation aux situations d'urgence.

L'enquête tire notamment les conclusions suivantes :

  • 40 institutions ne disposaient pas de plan de gestion écrit en cas d'urgence ou de catastrophe, tandis que 23 institutions ont confirmé en posséder un.
  • Les principales catastrophes affectant les institutions de mémoire interrogées sont les suivantes : inondations, incendies, vols, tempêtes, séismes, ouragans et conflits armés. Le rapport d'enquête met en évidence le nombre élevé d’institutions exposées à l’une de ces catastrophes.
  • 27 institutions, soit environ 42,85 % de l’ensemble d’entre elles, ont identifié le manque de budget adéquat comme cause la plus indirecte, mais aussi la plus commune, des dommages affectant la préservation à long terme de leurs collections de patrimoine documentaire.

L'enquête recommande notamment que les institutions de mémoire renforcent leurs pratiques de prévention et de réduction des risques en partenariat avec les autorités locales et les institutions concernées au niveau national, régional et international.

Elle propose également les recommandations suivantes :

  • Adopter une solide culture de préparation aux situations d'urgence incluant le partage des connaissances et d'expérience avec d'autres spécialistes, archives, bibliothèques et musées.
  • Faire pression sur les décideurs politiques pour qu'ils renforcent les politiques publiques, réforment les cadres juridiques et encouragent la coopération nationale, régionale et internationale dans le but de réduire les risques et de renforcer les capacités à gérer les urgences. Ceci est d'autant plus important que les risques de crises de santé publique et de dangers naturels liés au changement climatique sont en augmentation.

Étayées par le Fonds-en-dépôt japonais (JFIT) dans le cadre d'un projet sur trois ans intitulé « Préservation du patrimoine documentaire grâce au développement de politiques et au renforcement des capacités », les conclusions de l'étude devraient alimenter la stratégie à long terme de l'UNESCO consistant à identifier le patrimoine documentaire en péril et à mobiliser le soutien international pour mettre en place des mesures correctives et préventives.

Le programme Mémoire du monde a été créé en 1992 dans le but de préserver le patrimoine documentaire de la destruction et d'en améliorer l'accès universel.