Les Etats membres de l’UNESCO évoquent les mécanismes nationaux qui fonctionnent pour protéger les journalistes

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La Directrice générale de l’UNESCO et les ambassadeurs joignent leurs efforts pour soutenir la sécurité
des journalistes.
© UNESCO/Christelle ALIX
13 Décembre 2017

Environ 150 participants issus des Etats membres, de la société civile et des médias se sont rassemblés au siège de l’UNESCO, à Paris, mardi 12 décembre, pour discuter des initiatives nationales sur la sécurité des journalistes.

Cet événement interactif a été organisé par le Groupe d’amis de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes. Ce groupe est composé de 31 Etats membres engagés dans la protection des journalistes.

L’atelier a marqué le début des commémorations visant à célébrer le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui entérine la liberté de chercher, recevoir et répandre des informations.

En ouverture de son discours la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a rappelé aux participants que « des médias libres ne sont pas un luxe. Ils ne sont pas optionnels en matière de développement –ils sont le pilier de la démocratie- ils sont le moteur permettant l’émancipation et la dignité humaine- ils sont la condition sine qua non d’une bonne gouvernance et d’un Etat de droit ».

Zohour Alaoui, Présidente de la 39ème Conférence générale de l’UNESCO, a alerté les participants sur le nombre croissant de femmes journalistes faisant face à des menaces liées spécifiquement à leur genre, autant en ligne qu’hors ligne. Elle a insisté sur l’importance d’intégrer efficacement cet aspect dans les initiatives nationales. S’inspirant de la Déclaration finale de la Consultation multipartite sur le renforcement de la mise en œuvre du Plan d’Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, elle a suggéré plusieurs pistes d’action.

Un panel d’experts a présenté les enseignements tirés d’expériences passées en Afghanistan, en Colombie, en Serbie, en Suède et dans le continent africain en matière de protection, prévention et poursuites judiciaires dans les cas d’attaques contre les journalistes.

Les ambassadeurs de nombreux Etats membres de l’UNESCO sont intervenus pour partager les initiatives mises en place dans leurs pays afin de créer un environnement plus sûr pour les journalistes et les personnes travaillant dans les médias.

Les intervenants ont insisté sur l’importance d’adopter une approche impliquant une diversité d’acteurs tels que le gouvernement, la société civile, les organes de presse, le monde universitaire, la justice et les acteurs de sécurité. La coopération et la mise en place d’une relation de confiance ont été identifiés comme des éléments clés à la réussite de ce type d’initiatives. Comme l’a noté Leticia Casati, Chargée d’affaires du Paraguay, les composants essentiels sont : le renforcement des capacités, l’engagement et l’adoption de mesures favorisant la confiance.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’être particulièrement attentif à la prévention. Ainsi, Diego Fernando Mora Arango, Directeur de l’Unité nationale de protection de Colombie, a déclaré que malgré l’importance de la protection, « la majorité des ressources que l’Etat peut affecter à la sécurité des journalistes devrait être attribuée à la prévention des attaques ».

La discussion a aussi fait émerger le fait qu’il est crucial d’adapter les mécanismes au contexte local. Najib Sharifi, directeur du Comité afghan pour la sécurité des journalistes, a expliqué que « les connaissances locales sont primordiales » et d’autant plus en situation de conflit où « il n’y a pas de remède miracle, vous devez impliquer tout le monde, et surtout, vous devez impliquer les journalistes ».

Esben Harboe de l’ONG International Media Support (IMS) a parlé de cinq principes nécessaires pour développer les mécanismes nationaux. Ceux-ci ont été identifiés lors de l’étude intitulée « Défendre le journalisme » qui a été menée récemment par IMS dans sept pays. Ces principes comprennent : la stratégie, la présence (de leadership local), la collaboration (via des points focaux), l’influence (positions de pouvoir) et la pérennité.

L’Ambassadrice suédoise, Annika Markovic, a exposé l’adoption récente par la Suède d’un plan pour protéger les journalistes et les artistes contre les formules haineuses.

Gabriel Baglo, de la Fédération des journalistes africains, souligne que la formation aux médias était essentielle pour prévenir les attaques visant les journalistes. En effet, cela permet à la société et au gouvernement de comprendre et de défendre la sécurité des journalistes. Il a incité les délégations africaines à se joindre en plus grand nombre au Groupe d’amis.

Veran Matić, directeur de la Commission serbe sur la fin de l’impunité, a expliqué comment la collaboration entre gouvernement, police et médias fonctionnait dans la résolution de cas d’assassinats de journalistes, même ceux datant d’une quinzaine d’années. Il a ajouté que « nous ne devrions pas omettre ce qui nous attend sous la forme de nouvelles menaces ».

Cette rencontre faisait suite à l’adoption, en novembre, de la Résolution 61 par la 39ème Conférence générale de l’UNESCO. Celle-ci encourage les Etats membres à renforcer la mise en place, au niveau national et de manière bénévole, du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

L’atelier a été organisé grâce au soutien de l’Autriche, du Canada, de la Suède, des Pays-Bas et des Etats-Unis d’Amérique.

Pour plus d’information, merci de contacter Saorla McCabe.

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