Les États soulignent le besoin urgent de protéger les biens culturels dans les zones de conflit

09/12/2019

Plus de 100 États, observateurs, représentants d'organisations internationales non-gouvernementales et experts indépendants, ont participé à trois réunions statutaires liées à la Convention de La Haye de 1954 et à son Deuxième Protocole sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, au Siège de l'UNESCO, du 2 au 6 décembre 2019.

Ouvrant la 13e Réunion des Hautes Parties Contractantes à la Convention de La Haye de 1954, M. Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, a rappelé que « cette réunion marque le 65e anniversaire de l'adoption de la Convention de La Haye de 1954. Aujourd’hui, 133 États ont adhéré à cette Convention ce qui reflète l'engagement ferme et la solidarité de la communauté internationale en faveur de la protection du patrimoine culturel. Cela envoie un message fort selon lequel la culture ne peut pas être une cible en temps de conflit armé. »  

Parmi les décisions prises lors de ces réunions, le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé a convenu d’accorder une assistance financière internationale d’un montant d’environ 45 000 dollars au Burkina Faso. Ces fonds appuieront la formation des autorités nationales du Burkina Faso à la mise en œuvre de la Convention de La Haye de 1954 et de ses deux Protocoles, ainsi que le renforcement de la législation pénale nationale visant à réprimer les crimes contre les biens culturels.

Le Comité, qui a également examiné d'autres mesures d'urgence et de sauvegarde pour les pays impliqués dans des conflits, est composé de douze États parties. Plus tôt dans la semaine, la 8e Réunion des Parties au Deuxième Protocole a élu six nouveaux membres du Comité (l'Autriche, l'Estonie, la Grèce, le Maroc, le Nigéria et la République tchèque), pour un mandat de quatre ans qui prendra fin en 2023. 

Un certain nombre d'initiatives et de meilleures pratiques liées à la protection du patrimoine culturel en période de conflit armé a été débattu. Les sujets portaient notamment sur la formation spécialisée du personnel militaire et plus particulièrement des femmes militaires, la collaboration avec les acteurs de la société civile en matière de préparation aux situations d'urgence, la promotion de la ratification des instruments juridiques, en particulier dans les zones de conflit et sous-représentées et l'inscription des sites sur la Liste internationale des biens culturels sous protection renforcée.  L'importance de la coopération et des partenariats régionaux a également été soulignée, avec des représentants du Comité international de la Croix-Rouge et du Bouclier bleu international présents aux réunions.

Les participants ont souligné l'importance de travailler en collaboration et en synergie avec les parties prenantes de différents domaines et d'autres conventions en matière de protection culturelle, afin de répondre efficacement aux menaces auxquelles les biens culturels sont confrontés. En marge de ces réunions, un événement parallèle spécial a été organisé à l’intention des militaires afin de leur permettre d'échanger des informations et des bonnes pratiques sur les programmes de formation à la protection des biens culturels.