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Facing the Facts: Une publication qui bouscule les croyances liées à l'éducation complète à la sexualité

12 Juin 2019

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© L. Ianiri

L’éducation à la sexualité est un élément essentiel d’une éducation de qualité qui améliore la santé reproductive et contribue à l’égalité des genres, affirme le nouveau document d’orientation « Facing the Facts » publié par le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) de l'UNESCO, qui vise à dissiper la résistance sociale et politique à l’égard de l'éducation à la sexualité dans de nombreux pays.

À l’échelle mondiale, chaque année, 15 millions de filles se marient avant 18 ans. Près de 16 millions de filles âgées de 15 à 19 ans et un million de filles de moins de 15 ans ont un enfant. Par ailleurs, les jeunes représentent un tiers des nouveaux cas d’infection liés au VIH chez les adultes. Or, dans 37 pays à revenu faible ou intermédiaire, environ un tiers seulement des 15-24 ans ont une connaissance approfondie de la prévention et de la transmission du VIH.

« Il est temps de faire face à cette réalité », a déclaré Manos Antoninis, directeur du Rapport GEM. « Plus d’une naissance sur dix est le fait de mères âgées entre 15 et 19 ans. Ces naissances ne marquent pas seulement la fin de leur scolarité, elles leur sont souvent fatales. La grossesse et l'accouchement constituent l’une des principales causes de mortalité dans ce groupe d'âge. »

Le nouveau document d'orientation présente des données sur les bénéfices d'une éducation complète à la sexualité adaptée à l'âge. Même les enfants de cinq ans doivent disposer d’informations de base sur leur corps, réfléchir aux relations familiales et sociales, reconnaître les comportements inappropriés et identifier les abus. Dans le cas contraire, beaucoup grandiront avec des croyances infondées. C’est le cas d’environ la moitié des filles de la République islamique d’Iran qui croient que la menstruation est une maladie. En Afghanistan et au Malawi, respectivement 51 % des filles et 82 % ne savent rien à la menstruation, avant de vivre leurs premières règles.

Les enfants et les jeunes devraient recevoir une éducation complète à la sexualité avant de devenir sexuellement actifs. Cela les aide à se protéger contre les grossesses non désirées, le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles et à promouvoir les valeurs de tolérance, de respect mutuel et de relations sans violence.

Néanmoins, on observe une augmentation de la résistance à une éducation complète à la sexualité de la part de certains groupes dans plusieurs pays. En Ouganda, une forte opposition de l’opinion publique a conduit le ministère de l'Éducation à retirer le programme national d'éducation en matière de sexualité, qui a par la suite été révisé. En Angleterre, la décision consistant à rendre obligatoire l’éducation à la sexualité et aux relations prise en 2018 a fortement été critiquée et une pétition en ligne a recueilli plus de 100 000 signatures.

 « Une éducation complète à la sexualité fait partie intégrante d'une éducation de bonne qualité, favorise les progrès en matière de santé et contribue à faire avancer l'égalité des genres. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, l’opposition à une éducation complète à la sexualité a non seulement mis un coup d’arrêt aux progrès en matière de santé et de protection des droits relatifs à la sexualité et la procréation mais elle les a fait reculer. »

L’introduction d’une éducation complète à la sexualité dans les programmes scolaires passe par une formation appropriée des enseignants qui puisse renforcer leur motivation et leur confiance à l’égard des sujets traités. La Namibie et le Chili ont résolu ce problème en créant des cours préétablis pour les enseignants, tandis que la Tanzanie et certains pays d'Amérique latine ont créé des ressources en ligne vers lesquelles les enseignants peuvent se tourner en cas de doute.

Le document d’orientation formule cinq recommandations clés pour les pays :

  1. Investir dans la formation et le soutien des enseignants ;
  2. Développer des programmes qui s’appuient sur des données factuelles ;
  3. Développer des mécanismes de suivi et d’évaluation et assurer leur mise en œuvre ;
  4. Travailler en collaboration avec d'autres secteurs pour instaurer un réel changement, notamment avec le secteur de la santé, afin de relier les écoles aux services de santé et de mobiliser des fonds ;
  5. S'engager auprès de la communauté et des organisations de parents d’élèves pour vaincre les résistances déconnectées des faits.

 

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Lire le document (en anglais uniquement)

 

Pour plus de renseignements, pour obtenir des photos ou pour planifier des entretiens, veuillez contacter Kate Redman, k.redman@unesco.org 0671786234

 

 

A Lire également:

Discours de la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, à l’occasion du Dialogue de haut niveau sur l’éducation complète à la sexualité et les services adaptés aux jeunes, Accra.