En finir avec la discrimination dans l’éducation : un instrument clé pour protéger le droit à l’éducation

11/12/2020
04 - Quality Education

L’UNESCO célèbre le 60e anniversaire de la Convention contre la discrimination dans l’enseignement 

Les enfants et les jeunes les plus vulnérables dans le monde risquant d’être privés d'instruction en raison des retombées de la pandémie de COVID-19, l'UNESCO exhorte tous les pays à mieux protéger le droit fondamental à l'apprentissage en ratifiant la Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement, adoptée il y a 60 ans, le 14 décembre 1960.

Dans le cadre d'une nouvelle campagne de sensibilisation à cet instrument, l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture lance une conversation sur l'élargissement de notre compréhension du droit à l'éducation afin de refléter des besoins mondiaux de plus en plus essentiels, à savoir l'inclusion numérique, la confidentialité des données des apprenants et l'accès à l'apprentissage tout au long de la vie.

La Convention, premier instrument international juridiquement contraignant entièrement consacré au droit à l'éducation, a été ratifiée par 106 pays à ce jour : 28% des pays de la région Asie-Pacifique, 46,8% en Afrique subsaharienne, 60,6% en Amérique latine et dans les Caraïbes, 63,1% dans les États arabes pour atteindre respectivement 68% et 88% en Europe occidentale, en Amérique du Nord, et en Europe orientale.

Lorsqu'ils ratifient la Convention, les États établissent ou améliorent les cadres politiques et/ou juridiques afin de répondre aux normes internationales, de garantir le droit à l'éducation et de lutter contre la discrimination. En tant que telle, la Convention représente un outil puissant pour faire progresser le quatrième objectif de développement durable des Nations Unies visant  à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie ».

L'éducation est un droit humain fondamental que nous devons garantir et défendre chaque jour, compte tenu en particulier des nouvelles et graves formes d'exclusion, notamment dans la sphère numérique. La Convention de l'UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement est un instrument juridique mondial essentiel pour protéger le droit à l'éducation et promouvoir l'égalité des chances en matière d'apprentissage sans distinction de race, de sexe ou de toute autre distinction, économique ou sociale

Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO

La discrimination reste omniprésente dans l'éducation, qu'elle soit fondée sur le handicap, le sexe, la langue, le revenu, l'appartenance ethnique, la religion, le statut de migrant ou de déplacé. Environ 258 millions d'enfants et de jeunes dans le monde ne sont pas scolarisés, tandis que 773 millions d'adultes, dont deux tiers de femmes, sont analphabètes, selon les données de l'Institut de statistique de l'UNESCO.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé les inégalités préexistantes dans le monde, augmentant la probabilité que les étudiants vulnérables soient laissés pour compte. L'UNESCO estime que plus de 24 millions d'apprenants, du niveau pré-primaire au niveau universitaire, dont plus de 11 millions de filles, risquent d'abandonner leurs études. Selon le rapport mondial de suivi de l'UNESCO, environ 40% des pays à faible et moyen revenu n'ont pas été en mesure de soutenir les apprenants défavorisés lors des fermetures d'écoles, ce qui exacerbe les inégalités. Un tiers des élèves - près de 500 millions - n'ont pu accéder à des solutions d'apprentissage à distance, ce qui souligne l'urgence de faire de la connectivité un droit.

Pour mieux reconstruire, les systèmes éducatifs doivent intégrer des pratiques fondées sur les droits, inclusives et non discriminatoires, conformément aux obligations inscrites dans la Convention.

La campagne de l'UNESCO « Mettre fin à la discrimination dans l'éducation » vise à faire connaître la Convention, à renforcer sa mise en œuvre et son suivi, à élargir sa ratification et à stimuler la réflexion sur les nouveaux droits connexes nécessaires pour éviter une aggravation des inégalités à l'ère numérique.

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