News

Le Fonds d'urgence de l’UNESCO pour le patrimoine soutient l'évaluation post-inondation des sites archéologiques au Soudan

14/12/2020

À l'automne 2020, le Soudan a été frappé par ses pires inondations depuis des décennies. Des semaines d'averses torrentielles et l'élévation du niveau des eaux du Nil qui en a résulté ont causé des morts, des déplacements et des destructions massives d'infrastructures clés et de moyens de subsistance à travers le pays. Plus de 120 personnes ont perdu la vie et 860 000 autres ont été gravement touchées, selon la Commission d’aide humanitaire du Gouvernement soudanais.

De nombreux sites archéologiques à travers le pays ont été touchés par ces inondations désastreuses, en conséquence du fait que les anciennes civilisations soudanaises étaient pour la plupart situées près du Nil. Des infiltrations lourdes d’eau ont été enregistrées, entre autres, sur deux biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial : les « Sites archéologiques de l’île de Méroé », au cœur du royaume de Kush, une puissance majeure de la région du VIIIe siècle av. au IVe siècle après J.-C., et « Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne », des témoignages exceptionnels des cultures napatéenne (900 à 270 avant JC) et méroïtique (270 avant JC).

Suite à une demande de soutien des autorités soudanaises, l'UNESCO, à travers son Fonds d'urgence pour le patrimoine[1], a organisé une mission d'évaluation d'urgence des sites affectés du 2 au 17 novembre 2020. La mission, composée de quatre experts en géologie, hydrologie, archéologie et restauration, ainsi que d'un représentant du Bureau de l'UNESCO à Khartoum, a visité des sites et des musées dans l'État du Nil, dans l'État du Nord et dans l'État de Khartoum, où des réunions avec des parties prenantes nationales et locales ont également été organisées.

Parmi les principales constatations contenues dans le rapport publié le 8 décembre 2020, il a été remarqué que les infiltrations d'eau auprès de nombreux sites ont desserré leurs fondations en grès et pourraient à l'avenir entraîner un effondrement si elles ne sont pas traitées ; en outre, l'eau stagnante (jusqu'à une hauteur de 38 cm) a conduit à une perte de couleur des surfaces peintes des bâtiments et des statues. Des problèmes liés au cadre de gestion des sites ont également été identifiés.

« Au-delà des dommages que nous avons pu identifier, et des mesures d'urgence que nous avons proposées pour la sauvegarde de ces sites uniques, nous avons recommandé la mise en place d'une politique globale de gestion des risques de catastrophe, et sa déclinaison dans des plans et protocoles de préparation aux situations d'urgence pour chaque site » a déclaré le professeur George Okello Abungu, chef de la mission.

La mission a fourni un ensemble complet et chiffré de recommandations, allant de la mise en place de systèmes de drainage et de protection contre les inondations, à des interventions d'enlèvement de sable, de clôture, de nettoyage des surfaces, d'arpentage et de documentation. Le développement d'un plan directeur pour la Cité Royale de Méroé et la mise en place de mesures de protection pour faire face à l'élévation du niveau des eaux souterraines auprès des pyramides de Nuri ont été identifiées parmi les mesures prioritaires.

Immédiatement après la mission, une équipe de recherche centrée sur l'impact des inondations sur les sites archéologiques et une équipe opérationnelle pour la mise en œuvre des mesures de sauvegarde urgentes ont été mises en place par les autorités nationales.

[1] Les donateurs suivants ont généreusement contribué au Fonds d'urgence pour le patrimoine : le Fonds du Qatar pour le développement, le Royaume de Norvège, le gouvernement du Canada, ANA Holdings INC., la Principauté de Monaco, le Royaume des Pays-Bas, la République d'Estonie, le Grand-Duché du Luxembourg, la République slovaque, la Principauté d'Andorre et la République de Serbie.