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Le Fonds d'urgence pour le patrimoine de l'UNESCO aide à la reconstruction du patrimoine à Saint-Vincent-et-les-Grenadines

19/07/2021

Le 9 avril 2021, lorsque le volcan de la Soufrière, situé au nord de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, est entré en éruption, l'île a été recouverte d'un nuage de cendres et une crise humanitaire en a découlé. Plus de 20 000 personnes ont été évacuées et pratiquement tous les secteurs de la société ont été affectés. Le patrimoine culturel n’y a pas échappé : il a été endommagé par d'importantes chutes de cendres et des coulées pyroclastiques (une combinaison de morceaux de lave, de cendres volcaniques et de gaz chauds se déplaçant à une vitesse de 200 mètres par seconde et à des températures pouvant atteindre 1000 degrés centigrades). Comme la zone concernée reste inaccessible, on ignore l'état du patrimoine situé à proximité du volcan.

L'expérience de l'UNESCO démontre qu'après une catastrophe, bien souvent les individus trouvent dans le patrimoine un soutien matériel et psychologique fondamental. Le fait de pouvoir accéder au patrimoine constitue un point de repère indispensable et engendre un sentiment de continuité qui favorise la résilience. Très rapidement, l'UNESCO a mobilisé son Fonds de solidarité pour le patrimoine pour aider la population de Saint-Vincent à reconstruire. 

L'île est connue pour ses rares exemplaires d'art rupestre précolombien et ses nombreux sites de céramique autochtones (en anglais), témoins de la remarquable culture autochtone qui a précédé le colonialisme. La préservation du patrimoine immatériel des Kalinagos et des Garifuna, tout particulièrement, est source d'inquiétude. Ces populations d'origines diverses se sont approprié des éléments culturels de groupes autochtones des Caraïbes et de groupes africains sur lesquels il n'existe que peu d'informations. 

Notre culture et notre patrimoine révèlent qui nous sommes et d'où nous venons. À ce titre, nous devons faire de notre mieux pour préserver notre patrimoine, qu'il soit matériel ou immatériel, sans quoi nous serions une « Génération perdue » qui ne laisserait rien derrière elle...

Maxine Brown, coordonnatrice du patrimoine culturel immatériel

Le Fonds, en collaboration avec les autorités locales et nationales, telles que le CHEN (Caribbean Heritage Emergency Network) et la CDEMA (Caribbean Disaster Emergency Management Agency), veillera en priorité à documenter ainsi qu'à évaluer l'état du patrimoine mobilier, immobilier et immatériel de l'île. Il fournira également à la population une formation à la conservation du patrimoine, notamment sur la façon de nettoyer, préserver et protéger les différents types de patrimoines menacés par les retombées de cendres.

L'éruption a changé notre paysage marin comme terrestre. Il ne tient qu'à nous de saisir cette occasion pour préserver autant que faire se peut notre patrimoine matériel et immatériel.

Révérend O. Samuel Nichols, doyen & recteur du conseil d'administration, cathédrale Saint George

Ce projet a été financé par le Fonds d'urgence pour le patrimoine de l'UNESCO grâce au soutien généreux des partenaires suivants : le Fonds du Qatar pour le développement, le Royaume de Norvège, le gouvernement du Canada, l'ANA Holdings INC., la Principauté de Monaco, le Royaume des Pays-Bas, la République d'Estonie, le grand-duché du Luxembourg, la république de Slovaquie, la Principauté d'Andorre et la république de Serbie.

Contact :

Yuri Peshkov
Programme Specialist for Culture