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Formation des formateurs pour la consolidation de la paix et la prévention de l’extrémisme violent (PEV) au Sahel et dans les pays environnants

03/03/2020
04 - Quality Education

L'extrémisme violent est un phénomène observé au Sahel depuis plusieurs années. Les enseignants jouent un rôle essentiel dans le processus de prévention de l’extrémisme violent (PEV) en créant des environnements d'apprentissage bénéfiques pour les élèves et qui favorisent une culture de paix et de résilience. 

L’Institut international de l’UNESCO pour le renforcement des capacités en Afrique (IIRCA) a organisé, en partenariat avec le gouvernement du Japon, un atelier pour le renforcement de la paix et de la résilience et pour la prévention de l'extrémisme violent en Afrique par la formation des formateurs d'enseignants, du 9 au 15 février 2020 à Dakar, au Sénégal. L’objectif principal de l’atelier est de former des enseignants et des professeurs d'université qui, à leur tour renforceront les capacités de leurs pairs de l’enseignement secondaire et universitaire en mettant l'accent sur le curriculum, la pédagogie, l'intégration et la pratique des évaluations.

La philosophie du projet est de constituer la paix dans l'esprit des femmes et des hommes.

Yumiko Yokozeki, Directrice de l'UNESCO IIRCA

Afin d'illustrer les divisions causées par certaines inégalités sociales, un professeur en République Centrafricaine, intègre dans son programme des personnages de célèbres ouvrages littéraires, créant ainsi un lien entre les structures sociales familières aux étudiants et des personnages fictifs de la littérature, transformant la perspective de ceux-ci et stimulant une compréhension critique, pour une approche différente à l'éducation transformatrice. Ici, l’éducation transformatrice est une clé pour apprendre à vivre ensemble et renforcer les capacités des apprenants.

© UNESCO

L'enseignement est la seule profession qui crée toutes les autres professions.

Saliou Sall, coordonnateur de projet, IIRCA

Durant les cinq jours d’atelier, les participants - des représentants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Cameroun, de la République Centrafricaine et du Tchad, ainsi que des représentants de l’Institut de la Francophonie pour l'Education et la Formation (IFEF), de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, du Timbuktu Institute, et des Bureaux de l’UNESCO à Dakar et au Mali - ont pris part à des sessions diverses ayant pour but de mieux comprendre le contexte dans lequel ils évoluent et la notion d’extrémisme violent, et d’élaborer ensemble des plans d'action pour chaque pays.

Les travaux de groupe ont mis en exergue l’importance de la pédagogie transformationnelle pour la construction de la paix et sa mise en pratique en salle de classe. Six actions concrètes ont été identifiées : soutenir l’action des apprenants, avoir un environnement d’apprentissage sécurisé, un apprentissage participatif et collaboratif, une approche scolaire systémique, une modélisation des rôles, et une approche contextuelle. Les facilitateurs ont classé les compétences pour la résilience (pour la paix, le vivre ensemble) : confiance en soi, empathie, « growth mindset » (perfectibilité), pensée critique, créativité, interdépendance, communication interculturelle, collaboration et SMART - résolution de problèmes.

Des leçons potentielles ont été présentées, conçues pour combattre l'extrémisme violent par l'éducation. Parmi les exemples donnés, on peut citer l'héritage de grandes figures Africaines, comme Nelson Mandela et Cheikh Anta Diop, pour la construction de la paix et l'histoire en faveur de la cohésion sociale.

L'éducation à la solidarité doit inclure les étudiants. C'est une étape cruciale dans la lutte contre l'extrémisme et contre la violence.

Adama Bogo, spécialiste en gestion de projets et programmes, Ministère de l'Education Nationale

La fin de l'atelier a été marquée par la présentation de plans de travail par pays. Les représentants de chaque pays participant à l'atelier ont défini les étapes de leurs plans d’actions : les activités, les opportunités, les risques et les problèmes potentiels, basés sur ce qui avait été discuté plus tôt dans la semaine. Ils se sont félicités du partenariat avec l’UNESCO, qui soutient les événements visant à former les enseignants et à promouvoir l'éducation transformationnelle comme méthode pour lutter contre la violence et l'extrémisme au Sahel.