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La formation professionnelle des ‘out of school’ comme modalité de développement de compétences professionnelles

31/12/2019
04 - Quality Education

L’Afrique Sub-saharienne fait face à des enjeux majeurs en matière d’éducation avec un taux d’analphabétisme, en hausse et supérieur à la norme dans le reste du monde. Selon la Banque mondiale 11 millions de jeunes rejoindront le marché du travail dans les dix prochaines années pour une population dont la moitié a moins de 25 ans. Se pose alors le problème des jeunes en marge du système formel d’éducation, des déscolarisés et des jamais scolarisés. C’est dans ce contexte que le Bureau de l’UNESCO à Dakar a organisé les 11 et 12 décembre 2019 un atelier de partage et de validation autour de l’étude sur « les bonnes pratiques et initiatives innovantes en matière de qualification/certification et insertion des jeunes déscolarisés et/ou analphabètes en Afrique de l’Ouest et du Centre ». Cette étude a été menée dans quatre pays : le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal

Lors de son allocution d’ouverture, Tidiane Sall, Chef de projet et représentant du Directeur du Bureau régional Multisectoriel de L'UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest-Sahel a rappelé qu’« en Afrique Sub-saharienne, le taux d’alphabétisation, estimé aujourd’hui à 65%, est nettement en deçà de la moyenne mondiale. »

Cet atelier s’inscrit dans le contexte des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD4 : Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. L’objectif global était de promouvoir les innovations et les bonnes pratiques permettant la prise en charge des jeunes hors du système d’éducation et de formation, et d’échanger sur des questions clés telles que la situation de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) dans les pays, les initiatives pour l’identification et la mise en place de pratiques innovantes pour la formation, la certification et l’insertion des jeunes déscolarisés ou analphabètes et dégager les perspectives.

Les expériences sont diverses selon les pays. Par exemple, au Burkina Faso, 28 structures qui prennent en compte les jeunes déscolarisés ont été identifiées, dont certaines spécifiquement pour des jeunes filles déscolarisées et analphabètes qui sont formées à des métiers non- traditionnels, d’habitude réservés aux hommes ; le Mali, quant à lui a mené des réformes institutionnelles pour aider à l’insertion et à l’emploi. Au Niger, des organismes comme le Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage capacités à s’insérer dans les pays hôtes. Enfin au Sénégal, l’exemple des jeunes qui apprennent des métiers avec des artisans, en langues locales, a été mis en exergue.

Les tendances générales ont tout de même souligné certaines problématiques, particulièrement, les profils parfois inadéquats des formateurs, le manque d’accompagnement (pour l’auto emploi), les ressources-documents et informations difficiles d’accès, et la complexité de formaliser les opportunités d’emploi pour les jeunes dans le secteur informel.

Après avoir fait une synthèse des travaux des parties prenantes, Mme Guiomar Alonso, représentant le Directeur du Bureau  régional de l’UNESCO à Dakar, a clôturé la cérémonie en mettant l’accent sur le fait «  qu’un pays amputé de sa force vive, la jeunesse, hypothèque son avenir et compromet ses chances de développement. »,  et en attirant l’attention sur la question spécifique du genre, et la nécessité de mettre en place des outils spécifiques pour la qualification, la certification et l’insertion des jeunes filles dans le marché du travail.