Le Forum sur la gouvernance de l'Internet de 2018 appelle à redoubler d’efforts pour prévenir la radicalisation en ligne des jeunes

20 Novembre 2018

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Panelists to the Workshop on Preventing Youth from Online Radicalization leading to Violent Extremism
© UNESCO

L'UNESCO a organisé le 13 novembre 2018 à Paris (France) un atelier sur la prévention de la radicalisation en ligne des jeunes. Au cours de cet événement, des experts ont souligné le rôle important joué par les jeunes, la société civile et les institutions gouvernementales dans la résolution de ce problème.

M. Marc Hecker, de l'Institut français des relations internationales (IFRI), a souligné que des études de cas sur l'utilisation de l’Internet par des terroristes montrent que l'Internet est utilisé en tant qu'outil de radicalisation de quatre manières: en tant que bibliothèque radicale, en tant que plateforme de recrutement, en tant que moyen de communication et outil de planification opérationnelle des attaques. Afin de lutter efficacement contre l'utilisation d'Internet à des fins de radicalisation, des stratégies ou des politiques doivent être élaborées, mises en œuvre et suivies pour faire face à ces phénomènes.

Plusieurs pays travaillent main dans la main avec les parties prenantes pour développer des approches visant à lutter contre l'extrémisme violent en ligne et ces meilleures pratiques peuvent être dupliquées à l'échelle régionale ou dans d'autres pays, a fait remarquer M. Saddem Jebali, de l'organisation de jeunesse cofondatrice de l’Intric8. Cependant, en abordant la question de l'extrémisme violent en ligne, il est important de ne pas empiéter sur la vie privée des citoyens, tout en garantissant un environnement en ligne sûr. Comme l’a fait remarquer Lillian Nalwoga, de l’Internet Society Ouganda, Internet peut être une arme à double tranchant.

Les initiatives de jeunesse conçues par des jeunes pour des jeunes doivent être promues de manière multipartite. Le bureau du Programme Information pour tous (PIPT), représenté par son ancienne présidente, Mme Chafica Haddad, a répété qu'il était important de donner aux jeunes les outils leur permettant de résister à ceux qui tentent de les manipuler en utilisant des techniques nocives liées aux réseaux sociaux et autres moyens numériques. Il est impossible de trop insister sur la nécessité pour toutes les nations de promouvoir activement la maîtrise des médias et de l'information et l'éthique du discours en ligne.

De plus, Mme Divina Frau-Meigs, titulaire de la Chaire UNESCO Savoir Devenir de l'Université Sorbonne-Nouvelle, a encouragé les responsables politiques à s'engager dans une série d'initiatives qui promeuvent la maîtrise des médias et de l'information en tant qu'approche durable pour lutter contre l'extrémisme violent en ligne. Parmi les autres stratégies que les pays peuvent poursuivre, figurent la collecte de preuves concernant le problème, la contre-messagerie et le blocage ou la suppression de contenu.

M. Boyan Radoykov, de la Division des sociétés du savoir de l'UNESCO, qui a animé cet atelier, a souligné que le Programme Information pour tous (PIPT) avait joué un rôle crucial en initiant et en facilitant le dialogue politique sur la question de la radicalisation en ligne menant à l'extrémisme violent. Il y est parvenu en organisant une série de conférences internationales et de réunions régionales de haut niveau, en sensibilisant aux questions d’infoéthique et en incitant les jeunes à lutter contre la radicalisation en ligne par le biais d’activités spécifiques de renforcement des capacités. Il a conclu qu'une mobilisation accrue était toujours nécessaire pour faire face avec succès aux menaces d'extrémisme violent et de radicalisation de la jeunesse grâce au renforcement des partenariats multi-acteurs existants et au développement de politiques et de compétences adaptées pour répondre à ces nouveaux défis, afin d’établir un cyberespace sécurisé pour les jeunes.