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Garantir la liberté d’expression en Afrique de l’Ouest : Les juges des Cours Suprêmes mieux outillés.

09/10/2019
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16 - Peace, Justice and Strong Institutions

La liberté d’expression, la liberté de presse et la sécurité des journalistes sont indissociables et interdépendantes. Chaque pays doit œuvrer pour un environnement qui garantit aux hommes et aux femmes des médias de travailler sans crainte de menace, d’intimidation, d’atteinte à leur intégrité physique ou d’assassinat.

Dimitri Sanga, Directeur régional de l'UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest-Sahel

atelierjugescoursupreme

 

De 2000 à 2019, selon l'Observatoire de l’UNESCO des journalistes assassinés,177 journalistes ont été assassinés en Afrique, dont 14 femmes, avec seulement 18 cas résolus. Pour la même période, l’UNESCO enregistre 22 cas en Afrique de l’Ouest parmi lesquels seuls trois ont été résolus. De manière générale, plus de 800 journalistes dans le monde ont été victimes d’abus ou mortellement agressés durant la dernière décennie dans le cadre de l’exercice de leur fonction : celle de rendre l’information publique. Une forme de censure violente contre des hommes et des femmes ainsi privés de leur liberté d’expression.

En partenariat avec la Cour Suprême du Sénégal, l'UNESCO a organisé un atelier régional à l’intention des Juges des Cours Suprêmes des pays de la CEDEAO (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sierra Leone, Sénégal et Togo). La rencontre qui a connu la participation d’un expert de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a servi à promouvoir et à encourager les échanges sur la jurisprudence internationale. Au sortir des présentations (exposé des lois et jurisprudences nationales et cas pratiques), les participants ont formulé douze recommandations ayant pour but d’équilibrer les procédures de jugements au niveau régional et de réduire l’impunité de ceux qui portent atteinte à la liberté d’expression des journalistes.

Cet atelier est la première étape d’une série d’actions visant, entre autres, à encourager les Etats à adopter des lois spécifiques pour l’accès à l’information.A travers la rencontre tenue à Dakar, les Juges des Cours Suprêmes ont bénéficié d’une mise à niveau, notamment d’informations actualisées sur la jurisprudence internationale et régionale en matière de liberté d’expression et de sécurité des journalistes et d’orientations sur la manière dont l'interprétation et l'application de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, du Protocole et de tout autre instrument pertinent relatif aux droits de l'homme ratifié par les Etats concernés, devraient être utilisés dans les juridictions nationales des pays de l’Afrique de l’Ouest.