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Les gouvernements reconnaissent le rôle de l'éducation dans la lutte contre le mariage des enfants et les grossesses précoces

13 Novembre 2019

Le mariage des enfants et les grossesses précoces constituent une préoccupation mondiale, en particulier dans des régions comme l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, où les taux de grossesse varient de 15 % dans certains pays à plus de 25 %, soit un des plus élevés au monde. Ils ont un impact majeur sur la vie des adolescents, en particulier des adolescentes, en termes de résultats sanitaires, sociaux, économiques et éducatifs.

Les États membres de l'UNESCO se sont réunis pour la première fois pour se pencher sur ce problème, exprimant leur profonde préoccupation face à l'impact négatif continu du fait du mariage précoce et forcé et des grossesses précoces et non désirées sur la durée et la qualité de l'éducation des filles, soulignant que l'éducation est un droit humain de toutes les filles.

Le Gouvernement zambien a proposé en octobre 2019, à la 207e session du Conseil exécutif de l'UNESCO, un projet de résolution qui souligne la nécessité pour tous les États membres de faire davantage pour que toutes les filles, y compris celles touchées par le mariage des enfants et les grossesses précoces, puissent non seulement fréquenter l'école, mais recevoir aussi une éducation de qualité. Cette décision appelle les États membres à fournir des ressources budgétaires supplémentaires et invite la Directrice générale à renforcer les efforts de sensibilisation de l'UNESCO et à mettre en œuvre des mesures concrètes pour résoudre le problème.

Nyaradzayi Gumbonzvanda, ambassadrice de bonne volonté de l'Union africaine pour en finir avec le mariage des enfants en Afrique, s'est félicitée de cette décision qui, selon elle, reflète non seulement un engagement en faveur de l'éducation des filles, mais aussi en faveur de leurs droits et de leur bien-être tout au long de la vie. « Maintenir les filles à l'école est essentiel pour prévenir les mariages précoces et forcés. Dans le même temps, la possibilité de réintégration dans le système scolaire des survivantes de tels abus crée des opportunités leur permettant de reconstituer leur capital social et économique » a-t-elle déclaré.

Exemples d'initiatives de l'UNESCO

La résolution prend note de l'initiative de l'UNESCO « Son éducation, notre avenir » qui a pour but d’accélérer l'action en faveur de l'éducation des filles et des femmes, ainsi que du travail accompli par l'Organisation dans la réalisation du programme « Nos droits, nos vies, notre avenir (O3) », axé sur le renforcement des politiques et des pratiques visant à fournir une éducation de qualité aux filles et aux garçons dans toute l'Afrique subsaharienne.

L'une des plus importantes initiatives, destinée à réduire les nouvelles infections par le VIH, les grossesses précoces et non désirées, la violence sexuelle et le mariage des enfants, le programme 03 est censé toucher 20 millions d'apprenants dans 64 000 écoles primaires et secondaires, 47 000 enseignants en formation initiale et 367 000 enseignants en formation continue, dans toute l'Afrique subsaharienne.

Le programme soutenu par la nouvelle campagne Let’s Talk, a été lancé par l'UNESCO, le FNUAP, le service SAfAIDS et Save the Children, dans le but d’encourager un dialogue autour de la question des grossesses précoces et non désirées. La campagne, qui a recueilli un soutien de haut niveau dans la région, atteste la démonstration de l'engagement des responsables de l'éducation, de la santé et d'autres décideurs à faire en sorte que les adolescents, filles et garçons, disposent des connaissances, de la capacité d’action et du soutien nécessaires pour prévenir les grossesses précoces et non désirées et atteindre la plénitude de leurs potentialités.

La résolution adoptée par le Conseil exécutif s’appuie sur le rôle clé de l'UNESCO dans la contribution à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) ; en particulier l'ODD 5 sur l'égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles, et l'ODD 4 pour une éducation de qualité inclusive et équitable.