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Les Groupes d'amis sur la sécurité des journalistes publient une déclaration commune sur la liberté de la presse

10/05/2021

Le 3 mai 2021, les présidents et membres des cinq Groupes d'amis sur la sécurité des journalistes de l'UNESCO à Paris, de l'ONU à New York et à Genève, de l'OSCE à Vienne et du Conseil de l'Europe à Strasbourg se sont mobilisés pour publier une Déclaration commune à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. 45 États membres ont également co-signé la Déclaration.

Cette déclaration commune illustre l'importance accordée par un nombre croissant d'États membres au soutien d'un paysage médiatique libre, indépendant et pluraliste, et à la défense de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en tant que droits de l'homme fondamentaux. La déclaration rend notamment hommage aux journalistes de la presse africaine qui se sont réunis à Windhoek, en Namibie en 1991 et qui ont produit une déclaration des principes de la liberté de la presse, connue sous le nom de Déclaration de Windhoek. À l'occasion du 30e anniversaire de cette déclaration, cette déclaration commune reconnaît l'importance de ce document historique, qui témoigne de l'engagement de la communauté internationale en faveur de la liberté de la presse et de la création d'un environnement favorable aux journalistes et aux travailleurs des médias dans le monde entier.

La Déclaration commune des Groupes d'amis sur la sécurité des journalistes reconnaît notamment l'héritage de la Déclaration de Windhoek, qui a donné naissance à la Journée mondiale de la liberté de la presse en 1993, célébrée depuis le 3 mai de chaque année, au prix Guillermo Cano en 1997, et qui a inspiré d'autres déclarations régionales, telles que la Déclaration d'Alma-Ata (Kazakhstan) en 1992, la Déclaration de Santiago du Chili en 1994, la Déclaration de Sanaa (Yémen) en 1996 et enfin, la Déclaration de Sofia en 1997. Les principes consacrés dans ces déclarations sont toujours d'actualité et constituent un fondement de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes, tant en ligne que hors ligne.

À cet égard, la Déclaration commune a notamment souligné le rôle essentiel joué par les journalistes et les travailleurs des médias pour garantir l'accès à des informations fiables et vérifiables en tant que bien public, d’autant plus crucial dans le contexte de la pandémie de COVD-19, et a appelé à mettre fin à l'impunité des crimes commis à leur encontre. Les menaces spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes journalistes ont également été soulignées dans la Déclaration commune des Groupes d'amis, qui a insisté sur l'importance de lutter contre les violences sexistes. Mentionnons à cet égard le rapport The Chilling: Global trends in online violence against women journalists (The Chilling : Tendances mondiales de la violence en ligne contre les femmes journalistes), récemment publié par l’UNESCO, qui souligne une nette augmentation des violences en ligne contre les femmes journalistes ces dernières années. En conséquence, la Déclaration commune appelle à davantage d’efforts pour garantir la sécurité des journalistes, notamment par le biais d'une procédure judiciaire efficace et de l'obligation de rendre des comptes, afin de s'assurer que les attaques commises à leur encontre ne restent pas impunies.

En outre, en appelant à une plus grande transparence et à une plus grande responsabilité des plateformes Internet, la Déclaration reconnaît également les difficultés croissantes liées à la désinformation à l'ère du numérique, et souligne la nécessité d'améliorer l'éducation aux médias et à l'information dans le monde entier, afin que tous les individus puissent bénéficier de leur droit à chercher, recevoir et transmettre des informations.

Dans le cadre de ses activités multipartites visant à promouvoir et à protéger les droits de l'homme dans l'écosystème numérique, l'UNESCO a également présenté le document intitulé Letting the sun shine in: transparency and accountability in the digital age (Laissons entrer le soleil : transparence et responsabilisation à l’ère du numérique) dans le cadre des Tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias.