Un guide de l’UNESCO à l’intention des décideurs politiques pour promouvoir l’enseignement de l’Holocauste et des génocides dans les pays arabophones

24 Juillet 2018

L’enseignement et l’apprentissage relatifs à l’Holocauste et aux génocides sont pertinents dans le monde globalisé de nos jours : ils mettent en lumière la fragilité des sociétés et le pouvoir destructeur de l’antisémitisme, du racisme et des autres formes de discrimination, ainsi que les responsabilités des citoyens envers la société. Pour cette raison, l’UNESCO entend promouvoir l’enseignement et l’apprentissage relatifs à l’Holocauste à l’échelle mondiale.

Afin de promouvoir cet enseignement et cet apprentissage dans les pays arabophones, l’UNESCO a traduit en arabe son guide à l’intention des décideurs politiques sur l’enseignement de l’Holocauste et la prévention des génocides.

« Dans le monde arabophone, malheureusement, ce type d’enseignement n’existe pas », explique Mina Abdelmalak, spécialiste en communication arabe au Musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis (USHMM), l’un des partenaires de l’UNESCO. Pour combler cette lacune, l’USHMM collabore avec des groupes d’étudiants, des éducateurs et des ONG qui travaillent sur les questions relatives au pluralisme et aux droits de l’homme dans les pays arabophones. À travers son programme de sensibilisation, l’USHMM met l’accent sur les défis sociétaux qui sont reflétés dans l’histoire de l’Holocauste.

Ces défis se déclinent sous différents aspects dans le monde arabe actuel : « Nous mettons en évidence les défis tels que la propagande, la fragilité de la démocratie et l’existence d’idéologies extrémistes qui incitent à la haine contre des groupes d’individus. Aucune société n’est immunisée contre ces défis », explique Mina Abdelmalak. L’apprentissage des faits historiques qui ont conduit à l’Holocauste peut aider les élèves à reconnaître la dynamique susceptible d’alimenter le conflit et la violence de masse. Cela peut même les aider à identifier les signaux d’alerte correspondants et à mieux comprendre les dangers de la propagande, de l’antisémitisme, des préjugés et de la stigmatisation.

En Tunisie, l’UNESCO et l’USHMM ont collaboré avec des universitaires et des enseignants qui ont mis cette approche en pratique : après avoir participé à la deuxième Conférence internationale sur l’éducation et l’Holocauste (ICEH), ils ont mis en œuvre un projet qui est actuellement mené au niveau national. L’ICEH a été organisée conjointement par l’UNESCO et l’USHMM en décembre 2017, et les résultats obtenus à l’issue de la conférence sont remarquables : « [Les participants tunisiens à l’ICEH] ont trouvé certaines similitudes entre la propagande nazie et celle de l’ISIS », a expliqué Mina Abdelmalak au sujet de l’idée à la base du projet. « Ils utilisent l’exposition itinérante de l’ONU/USHMM sur le pouvoir de la propagande nazie, « L’État trompeur », qui se penche sur la façon dont les Nazis utilisaient la propagande pour acquérir une large base électorale en Allemagne, afin de mettre en œuvre leurs programmes radicaux et justifier la guerre et les crimes de masse ».

Dans le cadre du projet, l’exposition est présentée en anglais, en arabe et en français dans un certain nombre d’endroits, et s’accompagne d’ateliers et de manifestations culturelles. Les thèmes abordés vont de l’histoire de la propagande nazie, aidant les élèves à développer une réflexion critique et à évaluer la propagande, à l’histoire de la Tunisie durant la Seconde Guerre mondiale, notamment l’occupation allemande, et la longue histoire de la communauté juive tunisienne.

Afin d’appuyer cette initiative, ainsi que d’autres, l’UNESCO encourage la traduction des ressources pédagogiques pertinentes en arabe. Le Projet Aladin, lancé sous l’égide de l’UNESCO en 2009, a créé un site Web multilingue contenant des informations sur l’Holocauste et la vie des Juifs et a traduit des ouvrages reconnus sur l’Holocauste dans plusieurs langues, y compris l’arabe. La récente traduction du guide de l’UNESCO à l’intention des décideurs politiques sur l’enseignement de l’Holocauste et la prévention des génocides est un ajout important à ces ressources.

Première ressource de ce type en arabe, le guide a été salué par Mina Abdelmalak : « le guide sera, on l’espère, une porte ouverte pour enseigner davantage l’Holocauste dans le monde arabe. Il n’existe aucune ressource à l’intention des décideurs politiques ou des concepteurs de programmes scolaires qui présente la raison d’être de l’enseignement de l’Holocauste, afin de promouvoir la citoyenneté mondiale, ou la tolérance et les droits de l’homme, ou même les histoires nationales. » L’USHMM utilisera la traduction du guide pour informer les publics arabes de leurs échanges et ateliers.

Les activités de l’UNESCO en faveur de l’enseignement de l’Holocauste et des génocides contribuent directement aux objectifs de l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) visant à doter les élèves des connaissances, des aptitudes et des compétences qui leur permettront d’acquérir une réflexion critique et d’être des citoyens actifs et responsables contribuant à la création d’un monde plus pacifique, tolérant, inclusif et sûr.

L’ECM est l’un des domaines stratégiques du programme du Secteur de l’éducation de l’UNESCO pour la période 2014-2021, qui est guidé par l’agenda et le Cadre d’action Éducation 2030, notamment la cible 4.7 des Objectifs de développement durable (ODD 4 relatif à l’éducation).