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Impact de la pandémie de la COVID-19 sur la pauvreté en Afrique centrale : la contribution des chercheurs en sciences sociales

23/08/2020
Libreville, Gabon
01 - No Poverty

Au lendemain de la réunion des Représentants des Nations Unies et des autres partenaires techniques et financiers des pays de la sous-région sur l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur la lutte contre la pauvreté, les chercheurs en sciences sociales ont tenu la leur, le 23 juillet dernier, pour contribuer aussi à la formulation et la mise en œuvre de politiques publiques susceptibles d’éradiquer la pauvreté aux horizons 2030 et 2063.

A l’instar des autres membres de la communauté internationale, les pays de l’Afrique centrale, en tant qu’Etats-parties de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, ont pour exigence l’élimination de la pauvreté en leur sein sous toutes ses formes, en mettant en œuvre des politiques publiques audacieuses et porteuses de transformations sociales.  

Malheureusement, la crise sanitaire actuelle risque vraisemblablement d’anéantir les efforts de développement social sur le continent. La réunion, du 23 juillet, organisée par le Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO pour l’Afrique centrale et présidée protocolairement par son directeur Monsieur Salah KHALED, ambitionnait alors de questionner l’état de la recherche en sciences sociales, dans les pays d’Afrique centrale, sur l’impact de la pandémie de la COVID 19 sur la pauvreté et sur la contribution de cette même recherche sur la formulation et la mise en œuvre de politiques publiques susceptibles d’éradiquer la pauvreté aux horizons 2030 et 2063 Le but étant de contribuer à l’élaboration de recommandations à soumettre, en septembre prochain, au Forum des Ministres en charge du développement social des pays de l’Afrique centrale, activité prévue dans le cadre du Programme intergouvernemental pour la Gestion des transformations sociales (MOST) de l’UNESCO.

La réunion s’est articulée autour de trois séquences : (i) la présentation de l’état des lieux de la recherche en sciences sociales sur la pauvreté et du dialogue entre chercheurs et décideurs politiques dans chacun des pays de l’Afrique centrale ; (ii) la présentation du Programme MOST et de l’appui de celui-ci à la mise en synergie, en Afrique centrale, entre recherche en sciences sociales et politiques publiques ; et (iii) la présentation d’une étude sous-régionale sur la pauvreté en Afrique centrale, avec l’impact de la COVID-19.

Sur le premier point, seuls huit pays se sont prêtés à l’exercice : le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Tchad. Il ressort que la recherche en sciences sociales a peu investi le champ de la pauvreté et que les rares études existantes sur le sujet sont le fait des commandes des partenaires et bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale ou le FMI. Par ailleurs, il n’y a véritablement pas une franche collaboration entre les chercheurs et les décideurs politiques, dans la plupart des pays, en matière d’élaboration et de mise en œuvre des politiques publiques.

Après avoir présenté le Programme MOST, dans la deuxième partie, Monsieur Juste-Joris Tindy-Poaty, Consultant en charge du Programme Sciences humaines et sociales au Bureau de l’UNESCO à Libreville, a décliné les enjeux pour les Etats d’adhérer audit Programme. Ainsi, le Programme MOST renforcerait avec l’accord des Etats, les capacités des chercheurs en sciences sociales et des décideurs dans le domaine de la synergie entre recherche et élaboration des politiques publiques. Ainsi, le Programme MOST aiderait à l’instauration d’une culture de la décision politique et de l’action publique fondées sur les données probantes et conséquemment, au renforcement du dialogue entre chercheurs, experts scientifiques et acteurs gouvernementaux, décideurs politiques.

Le dernier point de la réunion a été l’occasion pour les Docteurs Jean Christophe BOUNGOU BAZIKA (Directeur du Centre d’Etudes et de Recherche sur les Analyses et Politiques Economiques/Congo) et Bertrand Dimitri NDOMBI BOUNDZANGA (Enseignant de sociologie à l’Université Omar Bongo et membre du Comité national MOST/Gabon) de présenter une étude sous-régionale sur la pauvreté en Afrique centrale, avec l’impact de la COVID-19. Cette étude qui devra être approfondie fera partie d’un Programme proposé par l’UNESCO de production de données, incluant des activités de formation et de recherche, et de vision prospective.

Au titre de recommandations, il a été décidé ce qui suit :

  1. La contribution des chercheurs en sciences sociales à la réalisation d’une étude sous-régionale approfondie sur la pauvreté en Afrique centrale ;
  2. la création des comités nationaux MOST, comme étape préalable à la constitution d’un écosystème sous-régional de formation, de recherche et de prospective en matière de lutte contre la pauvreté et de développement social.

Pour le lancement de l’étude sous-régionale, il a été convenu la constitution préalable d’un comité scientifique et d’un comité de rédaction. Ces comités seront constitués sur la base soit d’une représentation par pays, soit par groupe linguistique existant dans la sous-région.

En prélude à la création des comités nationaux MOST, l’UNESCO organisera, à l’attention des Commissions nationales pour l’UNESCO, un atelier portant information et communication des directives de création desdits comités.

Dans son discours de clôture, Monsieur Salah KHALED s’est félicité, au-delà de la qualité des échanges, « de l’engagement pris par tous à contribuer à penser le défi de la pauvreté, en Afrique centrale, avec l’impact de la COVID-19 et à y apporter des solutions propres aux sciences sociales. Par cet engagement [les chercheurs acceptent] de donner ainsi à [leur] savoir scientifique un rôle politique consistant à éclairer la décision et l’action publiques en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre de politiques publiques porteuses de transformations sociales progressistes. » Il a ajouté que l’UNESCO accompagnera la réalisation de cet engagement, en veillant notamment que le dialogue que le Programme intergouvernemental pour la Gestion des transformations sociales (MOST) de l’UNESCO encourage, entre le décideur politique et le savant, s’enracine, dans la sous-région, au-delà de la collaboration circonstancielle pour faire face au défi de la pauvreté, accru par la pandémie de la COVID-19. Il a terminé qu’il importe toute de même que la contribution soit soutenue par les Commissions nationales pour l’UNESCO, représentées d’ailleurs à cette réunion par leurs Secrétaires Généraux.