News

Information et désinformation en temps de Covid-19 : L'UNESCO renforce les capacités des journalistes en Afrique de l’Ouest

07/05/2020
03 - Good Health & Well Being
04 - Quality Education

Dans le cadre de sa réponse à la covid-19, le Bureau régional de l'UNESCO à Dakar a organisé, à l’attention des journalistes de l’Afrique de l’Ouest, une série de webinaires de formation sur le traitement de l’information crédible et la démystification de la désinformation sur la covid-19.

Du 27 au 30 avril 2020, une centaine de journalistes (49% de femmes) basés dans 8 pays de l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Cabo Verde, Gambie, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) ont pris part à un atelier de formation en ligne organisé par l'UNESCO à Dakar pour encourager la diffusion d’une information crédible et fiable sur la pandémie, et mieux lutter contre ce que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié d' « infodémie », à savoir la propagation de la désinformation sur le Covid-19. Intervenant à l’ouverture d’une des sessions, le Directeur du Bureau régional de l’UNESCO à Dakar, M. Dimitri SANGA, a fait remarquer que « le partage d’informations fiables sur cette maladie sauve des vies et les médias peuvent y contribuer de manière décisive », d’autant plus que « la désinformation sur la pandémie est aussi nocive que la maladie elle-même ». Il n’a pas manqué de pointer l’autre défi majeur qu’est la sécurité des journalistes, qui selon lui est « cruciale pour permettre aux journalistes de produire une information crédible sur le covid-19 ».

© UNESCO

A ce propos, les participants à l’atelier ont entre autres partagé leur expérience de la couverture médiatique en cette période de crise sanitaire, le recours au fact-checking pour démystifier la désinformation, les contraintes dans l’organisation du travail dans les rédactions du fait de l’exigence de distanciation, etc. Ainsi, plusieurs journalistes ont relevé quelques difficultés en matière de reportage de terrain dont les restrictions d’accès à certains sites, l’opposition des forces de l’ordre, et bien souvent, le manque d’équipement de sécurité nécessaire pour les reportages en milieu hospitalier. Avec l’absence de reportage de terrain, la plupart des journalistes, déplorent que les médias n’aient pour principale source d’information sur la maladie que les Autorités.

Du témoignage d’un journaliste du Niger, l'on apprend par exemple qu’« une grande partie de la population ne croit toujours pas en l’existence de la maladie, dans la mesure où la population accorde généralement un faible crédit à l’information officielle et dans le contexte actuel les médias sont sujets à des restrictions […] certains médias ont été interpellés pour avoir invité sur des plateaux de télévision des experts jugés ‘non-qualifiés’ selon l’autorité sanitaire ». Pour un participant du Togo, « difficile de collecter sur le terrain, le journaliste est donc limité à l’information officielle », et une collègue du Burkina Faso de compléter que « les autorités communiquent, elles n’informent pas ». Ce constat est partagé par les journalistes du Sénégal qui déplorent que « les acteurs de médias se limitent à exploiter les communiqués de presse diffusés par les autorités ».

© UNESCO

En matière de fact-checking, levier important pour lutter contre la désinformation, il ressort qu’à l’exception des journalistes du Burkina Faso, Sénégal et Togo, la plupart des participants déclarent n’y ont que rarement recours et très souvent par méconnaissance ou absence de plateforme nationale de fact-checking. Ainsi, le module portant sur la démystification de l’information, basé sur un manuel produit par l’UNESCO, a suscité beaucoup d’intérêt chez les participants. L’autre module abordé durant le webinaire a été la sécurité des journalistes au sein des rédactions, lors des reportages de terrain, avec un focus sur la relation avec les forces de l’ordre dans le contexte de l’Etat d’urgence. Les participants ont aussi eu droit à une présentation du Bureau régional de l’OMS sur la situation de la pandémie en Afrique de l’Ouest.

A travers cette formation, les hommes et femmes journalistes qui y ont pris part ont acquis les connaissances et les compétences pour non seulement mieux informer sur la covid-19, mais aussi démystifier la désinformation et ainsi favoriser l’accès de la population à l’information crédible et fiable. En matière de sécurité, les participants ont appris entre autres des astuces pour les reportages de terrain qui tiennent compte des mesures barrières, assurant tant la sécurité aux journalistes que des autres personnes en présence.