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Une jeune Ghanéenne poursuit son rêve de devenir médecin

07 Février 2019

« Dès mon enfance, j’ai voulu être médecin mais j'avais peur des sciences parce que j'entendais beaucoup de gens dire que c’était difficile et que je finirais par abandonner. » Bernice Impraim, comme de nombreuses jeunes filles du Ghana et du monde entier, était rebutée par les normes, les partis pris et les attentes liées au genre, ce qui a influencé les matières qu’elle a étudiées et l’empêchait d’avoir assez confiance en elle pour poursuivre son rêve.

Les filles sont particulièrement sous-représentées dans l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Que ce phénomène soit dû aux systèmes éducatifs nationaux ou aux normes de genre qui influent sur leurs centres d’intérêt et sur leur confiance en elles, les jeunes filles comme Bernice estiment qu’elles n’ont pas les capacités nécessaires pour aborder ces domaines dits « masculins ». Malgré ces obstacles, Bernice étudie maintenant les sciences en première année au lycée Breman Asikuma au Ghana.

Pour attirer davantage de jeunes filles comme Bernice vers les cursus STEM du second cycle du secondaire et de l’enseignement supérieur, l'UNESCO, en partenariat avec l'Unité pour l’éducation des filles du Service de l’éducation du Ghana, a organisé des journées de sensibilisation (STEM clinics) trimestrielles dans les disciplines STEM. Ces journées, au cours desquelles les jeunes filles renforcent leurs compétences et interagissent avec des femmes scientifiques, ont eu lieu dans trois districts choisis pour leur faible taux de participation des filles aux cursus STEM.

En 2017, la première journée STEM a été organisée pour 200 filles venant de 10 écoles sélectionnées. Ces journées ont permis aux jeunes filles de faire des démonstrations pratiques et de s’informer sur les carrières STEM. Des femmes scientifiques présentées comme modèles et des enseignantes en sciences ont présenté les différents domaines scientifiques et les jeunes filles ont pu échanger sur leurs idées et leurs interrogations avec des femmes scientifiques de renom. Les jeunes filles ont aussi simulé des expériences pratiques en laboratoire dans des domaines comme la chimie, la physique et les mathématiques, après une démonstration réalisée par des enseignantes. 

Bernice s'est sentie inspirée après avoir assisté à la journée STEM. « Auparavant, il n’y avait personne pour m'encourager et m’expliquer toutes les perspectives possibles » a-t-elle dit. « Mais pendant la journée STEM, j'ai reçu le soutien des animatrices et j’ai décidé de faire des études scientifiques, sans tenir compte des avis négatifs que j’entendais. »

Même si elle est encore confrontée à des défis pour suivre ses cours, par exemple quand elle n’a pas toujours les moyens de se procurer les manuels scientifiques suggérés, et si elle a parfois des difficultés pour comprendre certaines formules mathématiques, Bernice est décidée à poursuivre ses études et elle demande de l’aide à ses enseignantes quand elle en a besoin.

Elle est aussi devenue l’avocate des sciences dans son école et sa communauté. Bernice partage régulièrement avec ses amies son expérience de la journée STEM et son vécu pratique d’étudiante en sciences, afin de les encourager à poursuivre leurs études dans les disciplines STEM. Elle projette aussi de réaliser des actions de sensibilisation auprès de sa communauté, pour mettre en avant l'importance des sciences et les possibilités qui existent pour celles qui s’y intéressent.

« J’ai maintenant la confiance nécessaire pour poursuivre mon rêve de devenir médecin. » Les journées STEM ont eu un impact positif sur de nombreuses jeunes filles comme Bernice, les encourageant à faire des études dans les disciplines STEM et à poursuivre leur rêve de devenir médecin, scientifique ou ingénieure.

Bernice participe à un projet actuellement mis en œuvre par le bureau de l’UNESCO à Accra, dans le cadre du Partenariat UNESCO-HNA pour l’éducation des filles et des femmes. Ce projet vise à accroître la participation des filles dans les matières scientifiques et à renforcer les interventions de l'Unité pour l’éducation des filles du Service de l’éducation du Ghana.

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