De jeunes leaders et l'ONU unissent leurs forces pour prévenir l'extrémisme violent

25 Avril 2018

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© UNESCO / Christelle Alix

Un nouveau projet de deux ans intitulé « Prévention de l'extrémisme violent à travers l'autonomisation des jeunes en Jordanie, en Libye, au Maroc et en Tunisie » a été lancé par de jeunes leaders, l'UNESCO et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT), au Siège de l'UNESCO à Paris, le 24 avril 2018.

Ce nouveau projet apportera son soutien à des initiatives menées sur le terrain par des jeunes dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et des médias pour prévenir l’extrémisme violent. Des organisations de jeunesse, des acteurs du monde de l'éducation et des professionnels des médias seront mobilisés autour d’un ensemble d’activités telles que des dialogues interculturels à destination des jeunes, des formations sur la couverture médiatique des conflits ou encore des laboratoires destinés à développer la pensée critique.

L'événement de lancement, animé par Nada Al-Nashif, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour les sciences sociales et humaines, a permis la participation de plusieurs jeunes de la région touchés par l'extrémisme violent et initiateurs de projets concrets et porteurs d'espoir. C'était l'occasion d’écouter leurs histoires :

  • Loubna Bensalah (Maroc), particulièrement connue pour son projet « I Walk With Her » (Je marche avec elle), un voyage de 1000 km à pied au Maroc pour encourager le dialogue avec les femmes, qui a été reproduit en Tunisie ;
  • Nada Elfeituri (Libye), architecte, activiste et bloggeuse engagée dans la société civile libyenne depuis sept ans ;
  • Hayfa Mansouri (Tunisie) qui a été endoctrinée par des islamistes radicaux à l'âge de 14 ans et dont le travail actuel consiste à éveiller la conscience des jeunes ; et
  • Saddam Sayyaleh (Jordanie), un entrepreneur social qui emploie une approche communautaire pour autonomiser les jeunes et les enfants issus de communautés où ils sont privés de leurs droits.


© UNESCO / Christelle Alix

« C'est à travers les jeunes qu'on autonomise les jeunes. Aujourd’hui, on veut plutôt ressembler à nos paires qu'à nos pères, » a expliqué Loubna. Selon Hayfa, « toute stratégie de prévention de l'extrémisme violent doit privilégier les jeunes, non pas parce qu'ils sont les cibles principales de la radicalisation, mais parce que les jeunes sont les plus à même de faire circuler un message entre eux et de trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Les jeunes sont les plus ambitieux de la société, ce qui signifie que, pour eux, le processus de changement et de progrès n'a pas de limites ».

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, et le Secrétaire général adjoint du Bureau des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme, Vladimir Voronkov, ont également eu un dialogue public sur la réponse de l'UNESCO et de l’ONU à l'extrémisme violent avec deux jeunes acteurs du changement de la région arabe, Hajer Sharief (Libye) et Aslam Souli (Tunisie). « Aujourd'hui, 46 % de la population mondiale est âgée de 24 ans ou moins. L'Afrique et le Moyen-Orient, en particulier, ont les proportions de jeunes les plus élevées. Ils sont un atout positif et une source de leadership - ils représentent eux-mêmes l'espoir et la promesse, et ils sont des leaders aujourd'hui », a déclaré Vladimir Voronkov. Audrey Azoulay a ajouté : « A l'UNESCO, nous travaillons pour mais surtout avec les jeunes. Je crois que vous, les jeunes, vous êtes le vecteur et le message en soi. »

Maha Bouzerda, jeune gestionnaire de projets culturels marocaine, et Sami Hourani, jeune entrepreneur social jordanien, ont conclu l'événement. Selon ce dernier, « l'innovation à travers ce projet réside dans son approche, fondée sur des opportunités qui engagent et intègrent les jeunes en leur offrant une autonomisation complète et multidimensionnelle. Dès aujourd'hui, les jeunes de Jordanie, de Tunisie, du Maroc, de Libye et du monde, se préparent à briser le cercle vicieux de l'extrémisme, à se remettre en question, à s'impliquer, à s'équiper et à construire un monde sans violence, de paix et d'espoir ».

« Aujourd'hui, les jeunes sont capables de révolutionner le monde tant de manière négative que positive. Il est de la responsabilité des organisations internationales de soutenir les jeunes afin que cette révolution prenne une direction positive, » a conclu Maha.

L'événement d'une heure a réuni 150 participants, dont les délégations permanentes du Canada, de Jordanie, de Libye, du Maroc, de Tunisie et d'autres pays, des partenaires de la société civile, des chaires UNESCO, des experts, des instituts de recherche et des collègues de l’UNESCO. Au cours de l'événement, les participants ont également été invités à parcourir l'exposition de photos « Une nouvelle génération de jeunes artistes urbains » d'Emeric Fohlen, et à écouter le groupe de musique pop/soul Bénarès.