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Les jeunes, partenaires stratégiques pendant la crise du COVID-19

30/06/2020

La pandémie du COVID-19 a eu de profondes conséquences sociales et économiques à travers le monde. Qualifiée par le Secrétaire général des Nations unies comme étant la pire crise mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale, la pandémie du COVID-19 est non seulement une crise sanitaire qui touche tous les pays du monde, mais également une crise majeure de l'éducation, de la culture et de l'économie. La propagation de la maladie a eu un impact désastreux sur les communautés les plus vulnérables dans le monde entier, exacerbant les inégalités profondes et latentes ainsi que la méfiance sociale dans les sociétés. L'impact de la crise sanitaire chez les jeunes est loin d’être négligeable car beaucoup risquent d'être laissés pour compte à ce stade crucial de leur développement.

Selon le rapport des Nations Unies sur les perspectives de la population mondiale en 2019, on comptait 1,2 milliard de jeunes âgés de 15 à 24 ans dans le monde, soit 16 % de la population mondiale. Les estimations indiquent que la population mondiale de jeunes atteindra 850 millions de personnes en plus 2050, la population de jeunes en Afrique devant doubler et constituer la plus grande part des jeunes dans le monde.

Près d'un milliard d'étudiants et de jeunes à travers la planète, soit plus de 60 % des apprenants du monde, ont été touchés par les fermetures d'écoles et d'universités. L'UNESCO a récemment lancé la Coalition mondiale pour l'éducation afin de faciliter les possibilités d'apprentissage inclusives, et l’Organisation a suivi de près les fermetures d'écoles et d'universités. De nombreux enfants et de jeunes ont également été privés du seul repas gratuit de la journée. Les jeunes femmes et les jeunes filles sont également plus susceptibles d'être victimes de violence et d'exploitation, ce qui entraîne une augmentation des grossesses d'adolescentes, des mariages précoces et de l'exploitation sexuelle.

« Nous intensifions notre action au niveau mondial en créant une coalition pour garantir une réponse rapide et coordonnée. Au-delà de la satisfaction des besoins immédiats, cet effort est l'occasion de repenser l'éducation, de développer l'enseignement à distance et de rendre les systèmes éducatifs plus résistants, plus ouverts et plus innovants », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, lors de l'ouverture de la Coalition mondiale pour l'éducation.

Les jeunes ont également trois fois plus de risques d'être au chômage que les adultes, avec environ 126 millions de jeunes travailleurs exposés à un risque modéré à extrême de pauvreté et souvent trop dépendants de conditions contractuelles précaires. Les statistiques de l'Organisation internationale du travail (OIT) dressent un tableau sombre de la situation. Alors que 77 % des jeunes dans le monde ont un emploi informel, en Afrique subsaharienne, ce chiffre peut atteindre 96 %, les jeunes femmes occupant les emplois les plus vulnérables et les moins bien payés. La crise du COVID a également montré combien les jeunes sont souvent exclus de leur propre système de santé car les conditions de travail précaires empêchent l'accès aux soins de santé pour les jeunes.

Dans un tel contexte sanitaire, les jeunes migrants et réfugiés, les adolescentes et les jeunes femmes, les minorités ethniques et les populations autochtones, les jeunes handicapés, jeunes LGBT, les jeunes sans logement, les jeunes sans abri ou vivant dans des zones rurales font partie des groupes les plus vulnérables. Dans ces circonstances, toutes ces profondes inégalités, en plus du dividende démographique, de la dépendance excessive à l'égard du secteur informel et des taux de chômage élevés, peuvent avoir des conséquences dangereuses si elles ne s'accompagnent pas d'un accès à une éducation de qualité, d'un accès à l'emploi et d'un développement des compétences tout au long de la vie.

La jeunesse ouvre la voie

À la lumière du contexte du COVID-19, les jeunes sont devenus les principaux agents des réponses des communautés dans le monde entier. En effet, depuis le début de la crise, les jeunes n'ont pas agi comme de simples spectateurs et citoyens désarmés, au contraire, ils ont réagi comme des acteurs de première ligne, pour lutter contre la propagation du virus et en atténuer les nombreuses conséquences. Le COVID-19 a donc fonctionné comme un scénario "réel" pour l’ingéniosité, la créativité et la ferveur des jeunes.

Ce rôle joué par les jeunes femmes et les jeunes hommes dans l'atténuation des risques lors de catastrophes, de conflits ou d'autres situations d'urgence avait déjà été reconnu lors du Sommet humanitaire mondial de 2016, où un groupe d'ONG internationales et locales, de réseaux de jeunes et d'acteurs du secteur privé ont lancé le Pacte mondial pour les jeunes dans l'action humanitaire.

Alors que les crises sanitaires continuent de s'étendre à l'échelle mondiale, certaines initiatives remarquables menées par des jeunes méritent d'être mentionnées dans la lutte contre le coronavirus. En Afrique, continent qui abrite le plus grand nombre de jeunes, de jeunes innovateurs lancent des initiatives pour soutenir leurs communautés de différentes manières.

Le lavage des mains,  qui demeure un privilège pour de nombreuses communautés à travers le monde, est devenu l'un des besoins fondamentaux et l'une des réponses majeures des jeunes contre le COVID. Par exemple, au Ghana, un jeune ingénieur Ricard Kwarteng a inventé un évier pour le lavage des mains alimenté par l'énergie solaire, en recyclant un baril, qui verse automatiquement du savon en détectant les mains humaines pour encouragerles gens à se laver les mains. Un autre exemple remarquable est celui d'un jeune scientifique en Côte d'Ivoire qui a contribué au développement d'un désinfectant pour mains associé à une campagne de sensibilisation traduite dans sept langues locales pour mettre fin aux rumeurs et fausses informations.

Les jeunes ont également été fortement mobilisés dans la production d'équipements tels que les ventilateurs et les respirateurs. Par exemple, l'École nationale de Sousse en Tunisie a fabriqué des respirateurs et des réanimateurs, imprimant des masques de protection en 3D pour le personnel médical et les patients hospitalisés atteints de coronavirus. De nombreux jeunes ont également apporté des innovations dans les réponses nationales au COVID, à travers la conception d’applications et de solutions technologiques. Au Nigeria, un centre d'innovation technologique dirigé par des jeunes, appelé "Co-creation Hub", s'est associé avec le CDC africain pour développer des applications de communication innovantes axées sur la diffusion d'informations vérifiées dans diverses langues africaines.

Les jeunes ont également joué un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation et la mauvaise information, et en faveur de la diffusion de mesures préventives. Un exemple emblématique vient d'Afrique du Sud, où une chorale de jeunes connue pour avoir atteint la finale de America's Got Talent en 2019, a composé, interprété et filmé une interprétation musicale des conseils de sécurité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le coronavirus.

L'UNESCO soutient les réponses des jeunes

Alors que la pandémie continue à se développer, l'UNESCO, en tant qu'agence des Nations Unies leader sur les questions de jeunesse, a organisé plusieurs webinaires sur la manière de libérer le pouvoir des jeunes, en créant une plateforme de partage d'expériences sur les solutions innovantes menées par les jeunes pour lutter contre la pandémie de COVID. Pour soutenir les jeunes innovateurs, l'UNESCO mobilise ses réseaux et établit des partenariats avec des entreprises de téléphonie mobile et de technologie pour mettre sur pied des projets avec des partenaires régionaux. La collaboration avec les organisations de la société civile permet d'autonomiser la jeunesse africaine.

« Le projet #SportsAgainstCOVID19 a d'abord été conçu comme une intervention très locale, mais notre partenariat avec l'UNESCO a changé notre champ d'action pour devenir continental et a ouvert des portes à d'autres partenaires qui ont pu se joindre à nous », a déclaré Ekene Johnpaul Ikwele, président du Réseau panafricain de la jeunesse pour une culture de la paix

« C'était tellement surréaliste, je me souviens m'être demandé comment quelque chose d'aussi petit au début, était devenu aussi grand et je suis super reconnaissant pour la composante de co-conception de l'intervention avec l'UNESCO », décrit-il. Lui et de nombreux autres représentants de diverses parties prenantes ont participé à un certain nombre de webinaires, également organisés par le secteur des sciences sociales et humaines de l'UNESCO, afin de trouver des moyens d'améliorer la vie des jeunes femmes et des jeunes hommes.

L'UNESCO s'engage également auprès des gouvernements pour soutenir la participation des jeunes dans leur réponse nationale et plaide en faveur de fonds dédiés pour aider les jeunes entrepreneurs à développer leurs inventions.

Enfin, l'UNESCO tire parti de son partenariat avec les réseaux de jeunes dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes, en soutenant leur travail par l'intermédiaire des bureaux de l'UNESCO dans les pays, en assurant la liaison avec d'autres partenaires essentiels tels que les autres agences des Nations Unies ou le secteur privé et en diffusant leurs idées et leurs projets novateurs.

 

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