Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

Ici, les jeunes se tuent comme ailleurs on respire

11 Janvier 2019

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Atelier d’initiation à la prise de vue organisé en 2017 pour de jeunes autochtones de Lac-Simon (Canada).

« Je ne sais plus trop comment vivre, grand-père » dit Wacte, un jeune Atikamekw dont le nom signifie « lumière ». Il parle à son aîné dans sa langue maternelle. « Je voudrais faire quelque chose pour la communauté, mais je sais pas quoi construire ni où. C'est trop petit ici, mais ici, je suis le fils de tout le monde. Ailleurs, c'est trop grand et je ne suis le fils de personne... Je parle une langue que j'aime, mais que personne ne comprend. Ici, les jeunes de mon âge se tuent comme ailleurs on respire... Et quand ils sont ailleurs, ils ne savent pas comment vivre... Je ne sais plus vivre comme avant, grand-père. Mais je ne sais pas non plus comment vivre autrement. Je ne sais plus comment être Indien aujourd'hui, grand-père, dans un monde qui ne pense pas comme moi, qui ne veut pas de moi, qui n'a pas les mêmes valeurs que moi... Je veux vivre, grand-père, mais je ne sais plus comment... Je suis perdu, grand-père. »

Ce à quoi le grand-père répond : « Le passé crée des racines aux arbres, aux hommes et aux peuples. On ne peut vivre sans lui. L'arbre qui renie ses racines renie ce qui le nourrit et ce qui fait sa force. Il faut conserver les forces de l'Indien. Mais il faut aussi acquérir les forces de l'homme blanc et avoir ainsi la force de deux hommes. Pour moi, il est trop tard, Wacte, mais pour toi et ceux de ta génération, tout commence. Le monde des Blancs a besoin de vous. Écoute ton cœur. Le cœur est comme le temps : il n'a jamais trompé personne. »

Extrait du scénario La fin du mépris

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