Les jeunes sont passés à l’éducation à la sexualité numérique, selon un nouveau document de l’UNESCO

18/02/2020

Intitulé « Switched on », un nouveau dossier technique de l’UNESCO publié aujourd’hui examine le potentiel – ainsi que les défis – que représente le nombre croissant de jeunes qui se tournent vers les espaces numériques pour leur éducation et leur information sur la sexualité.

Publié à l’occasion d’un forum de l’UNESCO sur l’éducation à la sexualité dans l’espace numérique organisé à Istanbul, en Turquie, le dossier technique traite du délicat équilibre auquel sont confrontés les éducateurs et les développeurs de contenus, entre l’exploitation du potentiel que représente le monde en ligne pour offrir une éducation à la sexualité, et la responsabilité de faire en sorte que les jeunes disposent des compétences nécessaires pour envisager d’une manière critique le contenu qu’ils y trouvent.

Vibeke Jensen, Directrice de l’éducation pour la paix et le développement durable de l’UNESCO, a déclaré : « Les jeunes sont plus nombreux que jamais à rechercher dans les espaces numériques des informations sur le corps, les relations et la sexualité, attirés par la préservation de leur vie privée et de l’anonymat que peut offrir le monde en ligne. Une récente enquête de l’UNESCO nous a montré qu’au cours des 12 derniers mois, 71 % des 15-24 ans ont recherché en ligne une éducation à la sexualité et des informations sur ce thème. Ceci représente une occasion unique de fournir une éducation à la sexualité aux jeunes, y compris aux groupes marginalisés. Mais cela soulève aussi la question de savoir comment nous assurer que le contenu soit accessible, exact et sûr ?

Le document révèle les résultats de deux examens commandés par l’UNESCO en 2019, constatant que les sujets les plus souvent consultés en ligne par les 15-24 ans sont : les infections sexuellement transmissibles (IST) ou le VIH ; la culture, la société et la sexualité ; le harcèlement, les abus et la violence liés au sexe ; et les relations personnelles. Les jeunes adolescents, ceux qui ont entre 10 et 14 ans, sont plus intéressés à s’informer sur les changements de leur corps que sur la sexualité et les relations. Les personnes qui ne s’identifient pas aux catégories genrées binaires, féminin ou masculin, recherchent plus fréquemment en ligne des contenus liés au corps, à la sexualité et aux relations, confirmant que pour les personnes LGBTQI l’espace numérique représente une source précieuse d’information.

Malgré l’expansion rapide de l’information et de l’éducation numériques, on sait peu de choses sur la façon dont les jeunes s’engagent dans l’éducation à la sexualité numérique en ligne et sur la façon dont celle-ci influe sur leurs connaissances ou leur comportement. Par ailleurs, on ne prête pas attention à la qualité de l’information et de l’éducation à la sexualité en ligne, les jeunes découvrant un large éventail de contenus, dont certains peuvent être incomplets, mal informés ou nuisibles.

Tout comme dans le monde hors ligne, il existe des risques pour les enfants et les jeunes en ligne, qui vont de l’exposition à des contenus inappropriés tels que des images violentes et des discours discriminatoires, à des formes genrées, racialisées, homophobes et à toutes autres formes de violence et de harcèlement.

Les parties prenantes réunies cette semaine pour le forum Switched On, fruit d’un partenariat entre l’UNESCO, le FNUAP, l’International Planned Parenthood Foundation (IPPF) et le Centre fédéral pour l’éducation à la santé (BZgA), discuteront des questions relatives à la fourniture d’une éducation à la sexualité numérique de qualité. Elles exploreront également les données factuelles existantes, examineront les plates-formes de bonnes pratiques, écouteront les jeunes et élaboreront un plan d’action pour les travaux futurs.

Vibeke Jensen a ajouté, au nom de l’UNESCO : « Il reste encore beaucoup à faire en matière de recherche et d’investissements pour comprendre l’efficacité et l’impact de l’éducation à la sexualité numérique, ainsi que la façon dont elle peut compléter les initiatives basées sur les programmes d’enseignement, telles qu’elles sont décrites dans les principes directeurs internationaux. La solution consiste en partie à permettre aux jeunes de prendre eux-mêmes l’initiative dans ce domaine, car ils ne sont plus des consommateurs passifs et ils ont une réflexion sophistiquée sur la technologie numérique.