En Jordanie, un projet de l’UNESCO dispense aux femmes des compétences en entreprenariat

06 Février 2018

« Avant, j'étais toute seule à la maison » dit Rasha, qui était déjà mariée à 15 ans et n’a pas eu la possibilité de faire des études. « Maintenant j'ai de nouveaux amis, je me sens soutenue par les autres filles et nous nous traitons comme des sœurs. »

Rasha a rencontré ses nouvelles amies grâce à un projet innovant de l’UNESCO qui dispense des compétences pratiques en entreprenariat et en innovation à de jeunes femmes syriennes et jordaniennes, dans le cadre d’une formation technique à l’artisanat, génératrice de revenus.

Ses deux enfants étant scolarisés, Rasha a saisi cette occasion de rejoindre le projet et d’acquérir de nouvelles compétences. En y participant, dit-elle, elle a appris une foule des compétences comme la broderie, le crochet, la couture et le tissage. La compétence artisanale qu’elle préfère ? la broderie.

Les 500 participantes au projet acquièrent aussi des compétences utiles dans la vie courante et une formation les préparant au travail, pour tenter d'améliorer leurs chances d’une forte participation au marché du travail.

Le bureau de l’UNESCO à Amman appuie des programmes qui encouragent et aident les filles et les femmes à participer et à contribuer à leurs familles, à leurs communautés et, plus largement, à leur économie.

Dans le contexte de la crise en Syrie, l'UNESCO met l’accent sur des domaines critiques comme l’enseignement et la formation techniques et professionnels, les connaissances utiles dans la vie courante, l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur.

Les projets de ce type rejoignent des aspects essentiels du Programme de développement durable à l’horizon 2030 en concentrant leur action sur les ODD 4 et 5, partant de l’idée que l'éducation — sous toutes ses différentes formes — est un droit humain fondamental.

Ce projet ambitieux qui a démarré en novembre 2016 a été conçu dans le but d'aider les jeunes femmes à acquérir des compétences commerciales et professionnelles.

Il a été mis en œuvre avec le soutien de la JRF, en s’appuyant sur huit organisations basées dans la communauté et sept communautés, qui incluent Ajloun, Jerash, Madaba, Mafraq, Irbid, Ramtha et Amman.

La nature inclusive du projet encourage un dialogue ouvert entre les femmes syriennes et jordaniennes en Jordanie, à partir de leurs expériences et de leur engagement partagés.

Rasha a apprécié le volet « compétences utiles pour la vie courante » du projet et l'esprit d'équipe qui découle du sentiment d’autonomisation qu’il fait naître et que les filles ont ressenti. « Maintenant, je sais comment me préparer pour un entretien d'embauche » a-t-elle dit.

Grâce à ses nouvelles connaissances, Rasha aimerait bien travailler en dehors de chez elle et elle espère qu’on va offrir davantage de cours comme celui-ci afin qu’elle puisse perfectionner encore ses talents.

Une autre jeune participante, Wesal, a suivi le programme d'artisanat tout en étudiant pour obtenir une licence d’art dans une université jordanienne. « Quand je n’étudie pas, je n'ai rien à faire. J'ai besoin de concentrer mon esprit sur quelque chose de constructif comme une création artisanale qui me procure de l'énergie positive » a-t-elle dit.

Wesal génère déjà quelques revenus grâce à la vente de ses créations à des membres de sa communauté locale et l'argent lui sert à payer ses études.

« Les formateurs m’ont appris que c’est la force de caractère qui importe et que nous devons travailler pour ne dépendre que de nous-mêmes. »

Des mots forts émanant d'une jeune femme qui a du tempérament.

Financé par Proctor & Gamble, le projet est réalisé par la Jordan River Foundation (JRF), une organisation non gouvernementale à but non lucratif créée en 1995 et présidée par Sa Majesté la Reine Rania de Jordanie.

Cet article a été initialement publié par le bureau de l’UNESCO à Amman.