#JournalistsToo: 73 % des femmes journalistes ayant participé à une enquête de l’UNESCO et de l’ICFJ ont subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail

25/11/2020

À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, l'UNESCO publie les résultats préliminaires de son enquête mondiale sur les violences en ligne envers les femmes journalistes.

Cette enquête mondiale, commissionnée par l'UNESCO et mise en œuvre par l’ICJF (International Center for Journalists), a recueilli des données auprès de plus de 1200 journalistes du monde entier.

Les premiers résultats de l'enquête montrent que :

  • 73% des femmes journalistes ayant participé à l'enquête déclarent avoir subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail, y compris des menaces de violence physique et sexuelle, ainsi que des atteintes à la sécurité numérique. 
  • 20 % des femmes journalistes ayant répondu à l'enquête déclarent avoir été attaquées et agressées hors ligne en rapport avec la violence en ligne qui les visait.

Cette enquête fait partie d'une étude mondiale en cours sur la violence en ligne contre les femmes journalistes. L'étude vise à cartographier l'ampleur et les impacts du problème à l’échelle internationale, en particulier dans les pays du Sud souvent peu étudiés, et à formuler des recommandations à l'intention des différentes parties prenantes, notamment les gouvernements, le secteur des médias, les organisations de la société civile et les entreprises technologiques, afin de trouver des moyens plus efficaces de lutter contre ce phénomène.

Partout dans le monde, les femmes journalistes semblent être confrontées à des niveaux croissants d'attaques et de violences en ligne, allant du harcèlement, aux propos sexistes et injurieux, en passant par le ‘doxing’, et allant jusqu’aux menaces de violences sexuelles ou physiques.  Dans une autre enquête internationale, menée plus tôt cette année par l'ICFJ et le Tow Center for Digital Journalism de l'Université de Columbia dans le cadre du projet ‘Journalisme et pandémie’, 16 % des femmes interrogées ont déclaré que les violences et le harcèlement en ligne étaient "bien pires que la normale" durant la crise du COVID-19.

Ces menaces peuvent amener certaines femmes journalistes à s'autocensurer, à se retirer de reportages de première ligne et de débats publiques, ou, dans les cas les plus extrêmes, à quitter la profession.  De nombreuses femmes journalistes ont riposté, refusant d'être réduites au silence, même si cela les expose à des risques supplémentaires.

Des résultats plus approfondis de l’enquête seront présentés lors de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse 2020, dans le cadre d'une session intitulée ‘Online violence: The New Front Line for Women Journalists - #JournalistsToo’, le jeudi 10 décembre à 10h45. Carole Cadwalladr, Ranna Ayyub et Ferial Haffajee, trois journalistes ayant vécu et combattu la haine en ligne, participeront à l’évènement. Pour assister à la session, inscrivez-vous ici

Ce projet a reçu le soutien financier du programme multidonateurs de l'UNESCO sur la liberté d'expression et la sécurité des journalistes et de la Swedish Postcode Foundation.

Un éditorial sur l'enquête UNESCO/CIJF, rédigé par Dr Julie Posetti, professeure Jackie Harrison et Silvio Waisbord, a été publié dans de nombreux médias (en anglais): Deutsche Welle, Al Jazeera, The Conversation, Rappler, The Quint